Montréal s’oppose au port du casque obligatoire

La Ville de Montréal est défavorable à l’obligation de porter un casque, une mesure qui pourrait réduire la pratique du vélo et nuire aux vélos en libre-service Bixi.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La Ville de Montréal est défavorable à l’obligation de porter un casque, une mesure qui pourrait réduire la pratique du vélo et nuire aux vélos en libre-service Bixi.

Dans le cadre des discussions engagées avec Québec pour la modernisation du Code de la sécurité routière, la Ville de Montréal se dit opposée au port du casque obligatoire. Mais elle se montre favorable à des mesures qui faciliteraient la pratique du vélo, comme la circulation des cyclistes sur les voies réservées pour autobus et les « Idaho stop » face aux panneaux d’arrêt.

Le ministre québécois des Transports, Robert Poëti, devrait déposer un projet de loi pour revoir le Code de la sécurité routière au cours des prochaines semaines. En attendant, l’administration de Denis Coderre a présenté les mesures qu’elle souhaite voir se concrétiser.

De façon générale, Montréal est favorable à l’introduction d’un principe de prudence afin de protéger les plus vulnérables, soit les cyclistes et les piétons. « C’est un changement de culture. Il faut responsabiliser tout le monde », a dit le maire Coderre.

 

Points d’inaptitude

La Ville de Montréal est défavorable à l’obligation de porter un casque, une mesure qui pourrait réduire la pratique du vélo et nuire aux vélos en libre-service Bixi, estime-t-elle. Des statistiques albertaines ont démontré que, dans cette province, l’obligation de porter un casque aurait entraîné une réduction de 41 % de l’utilisation du vélo chez les adolescents et de 59 % chez les enfants de 12 ans et moins.

Les sanctions contre les cyclistes, qui sont de 40 $ à l’heure actuelle, devraient être augmentées, avance la Ville qui s’oppose toutefois à ce que des points d’inaptitude soient imposés aux cyclistes qui détiennent un permis de conduire, comme c’est le cas actuellement. Elle croit aussi qu’il faudrait interdire aux cyclistes d’enfourcher leur vélo si leurs facultés sont affaiblies.

L’emportiérage devrait être plus sévèrement puni, et les amendes remises aux automobilistes qui ouvrent leur portière sans égards aux vélos — qui sont de 30 $ — devraient être plus élevées, avance la Ville.

« Stop américain »

Certaines mesures que la Ville appuie pourraient faciliter la circulation à vélo, comme les Idaho stop, ou « stop américains », qui permettent aux cyclistes de ralentir aux panneaux d’arrêt, mais ne les obligent pas à s’immobiliser complètement si le passage est libre. « Ça ne ferait que rendre légal un comportement qui est déjà largement adopté chez les cyclistes à Montréal », a indiqué le maire Coderre. L’administration s’oppose toutefois à ce que le même principe s’applique aux feux rouges.

Selon la Ville, les cyclistes devaient pouvoir circuler dans les voies réservées pour autobus, une mesure qui a déjà été testée rue Viau. Et à moins de cas particuliers, la Ville juge que la circulation à vélo sur les trottoirs ne devrait être autorisée que pour les enfants. Finalement, elle estime que le port d’écouteurs et l’utilisation de téléphones cellulaires devraient être bannis.

L’opposition à l’hôtel de ville a salué les propositions del’administration Coderre. « Mais il faudra voir comment, au-delà des lois et des réglementations, la Ville va reconfigurer géométriquement ses rues pour que ce soit possible que cette harmonie fonctionne. »

23 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 21 septembre 2015 13 h 14

    Trottoir

    Et si un adulte accompagne des enfants, pourra-t-il rouler avec eux sur le trottoir?

  • Yves Côté - Abonné 21 septembre 2015 13 h 29

    Avec l'équipe Coderre...

    Pas étonnant.
    Avec l'équipe Coderre, ne marche-t-on pas sur la tête ?
    Alors, allons-y maintenat la tête la première...

  • Yvon Hachey - Inscrit 21 septembre 2015 13 h 46

    Non! Pas sur les voies réservées aux autobus!

    C'est non seulement dangereux pour les cyclistes eux-mêmes, mais également pour l'ensemble des usagers de la route, car les autobus doivent sortir de leur voie pour ne pas heurter les cyclistes, causant un effet stress sur les autres voies de la circulation, pouvant provoquer un accrochage. Le simple bon sens interdit une telle pratique, il faut être téméraire pour utiliser de telles voies réservées aux autobus. Au contraire, il faut donner une contravention aux cyclistes qui mettent en danger leur propre vie, sans compter le risque d'accident qui y est relié. Il me semble qu'il y a déjà des voies réservées aux cyclistes Est-Ouest et Nord-Sud à Montréal, peut-être ne sont-elles pas suffisantes?

    Le niveau de stress relié à la densité automobile aux heures de pointe est très élevé à Montréal, aggravé par les nombreux chantiers et réparations de voiries de toutes sortes, maintenant ajoutez à cela les cyclistes se faufilant dans la circulation urbaine ainsi que le risque d'emportiérage, et vous aurez une certaine idée du facteur de risque associé à l'utilisation de la bicyclette aux heures de pointe; il faut en effet protéger les plus vulnérables, même et surtout contre la témérité de certains.

    • Sylvain Auclair - Abonné 22 septembre 2015 08 h 23

      Le problème, c'est qu'en interdisant aux vélos d'y circuler, on bloque des voies importantes. Imaginez si on interdisait le chemin de la Côte-des-Neiges et l'avenue du Parc aux automobilistes six heures pas jour.

    • David Huggins Daines - Abonné 22 septembre 2015 11 h 24

      Pourtant, la ville de Vancouver permet les vélos de circuler dans toutes les voies réservées aux autobus, précisement parce que c'est l'endroit le plus sécuritaire. Ayant vu la circulation sur les artères de cette ville je suis pas mal d'accord.

      À Paris, c'est pareil, à l'exception de quelques boulevards très achalandés par les autobus, dont Magenta.

      C'est pas si pire comme des modèles à suivre...

    • Yvon Hachey - Inscrit 22 septembre 2015 22 h 09

      J'ai lu vos commentaires et à mon avis vous n'apportez aucun argument susceptile de me faire changer d'avis sur ce que j'ai écrit. Je suis un automobiliste chevronné, un motocycliste expérimenté, un cycliste avec encore plus d'expérience et il ne viendrait pas à l'idée de me promener sur l'Av du Parc ou Côte-Des-Neiges sur les heures de pointe. J'estime que c'est trop dangereux, et le risque de se faire heurter trop grand. J'utiiserai des voies secondaires, plus larges, avec moins de trafic et pas d'autobus, ou encore une piste cyclable nord-sud, tel que celle de la rue Boyer, ou encore, passer à travers les Parcs, tel celui du Mont-Royal, et me rendre au centre-ville en passant près et au travers du campus de l'U Mc Gill, pour ne nommer que quelques exemples.

      Je ferai également remarquer que ce n'est pas le plus pertinent que ce soit l'automobiliste qui soit dans l'erreur ou en faute... C'est comme l'argument de dire que je passe sur une voie piétonnière alors que la lumière me le permet mais une auto s'en vient et manifestement ne s'arrêtera pas, vous conviendrez avec moi qu'il faut s'en aller de là, non? Pour protéger sa santé et sa sécurité.
      Le même principe de prudence doit s'appliquer envers le cycliste, il n'a strictement rien à faire sur les voies réservées aux autobus. Combien y a t-il eu de blessés, et de décès sur ces voies réservées, et combien d'autres en faut-il? Il faut aménager d'autres voies cyclables, mais ces voies réservées (aux autobus, je répète) ne sont pas une solution.

  • Jérémie Vachon - Abonné 21 septembre 2015 14 h 20

    De bonnes nouvelles

    Il est important qu'il y ait une refonte majeure du Code de la sécurité routière en ce qui concerne les droits et obligations des cyclistes. Il y a des comportement négligents de la part de tous les usagers de la route, ce qui, bien qu'indésirable, perdurera. C'est pourquoi il est important d'instaurer le principe de précaution envers les usagers plus vulnérables.

    Les cyclistes savent pertinnement que ce n'est pas souhaitable qu'on les oblige à arrêter complètement aux arrêts. Ça rendrait la pratique très désagréable pour quiconque utilise les rues résidentielles. Ceci dit, il faut qu'il devienne clair pour l'ensemble des usagers que le plus vulnérable a priorité, ce qui implique que les cyclistes cèdent le passage aux piétons qui sont engagés dans une intersection, de la même manière que les automobilistes doivent donner la priorité à un cycliste qui arrive à un arrêt en même temps que lui ou tout juste après lui.

    La réflexion collective autour du partage de la route doit avoir lieu. Au Québec, nous sommes loin, loin, loin derrière d'autres sociétés à ce chapitre et il est temps de rétablir un équilibre qui penche vraiment trop du côté des automobiles. Si vous allez faire du cyclotourisme en Nouvelle-Angleterre, vous vous en rendrez compte rapidement. Là-bas, pas de poing levé, pas de doigts d'honneur, pas de klaxons : les cyclistes sont respectés au même titre que les automobilistes et les piétons. Ça fait changement de Montréal, où on m'envoie souvent promener en dépit du fait que je me comporte de manière sécuritaire en tout temps.

  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 21 septembre 2015 19 h 47

    Mais c'est de la discrimination

    envers les citoyens payeurs de taxes qui en majorité ne pratiquent pas le vélo et doivent payer pour les frais d'hospitalisation et autres frais lorsqu'un cycliste se blesse ou décède et celà, par omission du port du casque protecteur qui aurait pu lui sauver la vie.

    Votre propos m. Coderre et celui de vos conseilliers municipaux relèguent la vie d'un citoyen à une questions de "gros sous" et ce pour protéger le marché des Bixis...

    Honte à vous et à votre conseil municipal...Vous faites dans le mercantilisme de bas étage.

    Je suis fort surprise que dans les commnetaires d'aujourd'hui, du moins à l'heure où je fais le mien, que personne n'ait soulevé la question du casque protecteur....

    Dans quel monde vivons-nous...

    • Sylvain Auclair - Abonné 22 septembre 2015 08 h 25

      Vous savez qu'on épargnerait davantage si on obligeait les _automobilistes_ à porter des casques? De toute manière, quand un cycliste se rend à l'hôpital, c'est habituellement un automobiliste qui en est la cause. (Les camionneurs, eux, les envoient plutôt directement à la morgue.)

    • Maryse Veilleux - Abonnée 22 septembre 2015 21 h 47

      Cela n'a rien à voir avec de la discrimination, vous mélangez les choses... mais vous seriez drôlement taxée si on commençait à vous facturer la pollution de l'air, les routes brisées, les frais d'exploration et d'exploitation pétrolière... les frais d'hospitalisation des gens malade dûs à la pollution causée par les automobiles, la construction des routes vu l'utilisation dont vous bénéficiez... il y a peut-être autre chose mais je vais cesser ici ma réflexion des frais facturables aux automobilistes.