Béatification du premier martyr sud-africain

Thohoyandou — L’Église catholique a béatifié dimanche pour la première fois un Sud-Africain, Benedict Daswa, un enseignant mort en martyr en 1990 pour s’être opposé à la superstition de villageois.

Daswa a été proclamé « bienheureux » dans une lettre apostolique lue au nom du pape François par le cardinal italien Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour la cause des saints. La lecture a eu lieu devant quelque 30 000 personnes lors de la célébration de la messe dans le village sud-africain de Tshitanini, près de la maison de Daswa dans la province du Limpopo (nord-est).

« Le vénérable serviteur de Dieu, Samuel Tshimangadzo Bendict Daswa, laïque et père de famille,… catéchiste zélé, éducateur complet et témoin héroïque de l’Évangile, jusqu’à l’effusion de sang, sera appelé " Bienheureux " à partir de maintenant », a déclaré le cardinal Amato sous les applaudissements et les klaxons traditionnels.

En janvier, le pape François avait annoncé la prochaine béatification de cet instituteur catholique, directeur d’école et leader communautaire dans la province du Limpopo.

La béatification permet d’autoriser le culte d’une personne localement. Elle peut précéder l’étape de la canonisation où le bienheureux est recommandé au culte de toute l’Église. À la suite de sa béatification, Benedict Daswa sera célébré tous les ans le 1er février.

Daswa avait été assassiné par des villageois qui lui reprochaient de ne pas vouloir payer les services d’un sorcier pour mettre fin aux terribles orages qui frappaient la région.

Il s’était opposé à cette demande au nom de ses convictions religieuses, puis était tombé dans une embuscade alors qu’il rentrait chez lui.

D’abord lapidé par ses assaillants, il avait réussi à s’enfuir avant d’être retrouvé et frappé à mort avec un bâton. Les meurtriers lui avaient ensuite versé de l’eau bouillante dans les oreilles et les narines pour s’assurer qu’il était bien mort.

« Pendant que ses bourreaux le tuaient, Benedict priait à genoux. Il a prié jusqu’à la dernière minute de sa vie », d’après la biographie de Dawa lue pendant la cérémonie.

Benedict Daswa meurt dans l’anonymat le 2 février 1990, jour où le régime annonce la libération du héros de la lutte contre l’apartheid, Nelson Mandela.

Mais depuis, sa renommée a grandi dans la communauté catholique d’Afrique du Sud, les villageois commençant à commémorer l’anniversaire de sa mort.

Au Vatican, le pape François a lui rendu hommage lors de l’Angelus dominical sur la place Saint-Pierre.

« Aujourd’hui, en Afrique du Sud, Samuel Benedict Daswa, un père tué en 1990 pour sa foi dans l’Évangile, a été béatifié », a déclaré le pontife argentin.

« Dans sa vie, il a toujours fait preuve d’une grande cohérence, défendant courageusement les positions chrétiennes et rejetant les coutumes terrestres et païennes », a-t-il dit.

Le vice-président sud-africain Cyril Ramaphosa a assisté à la cérémonie qui avait été précédée par une veillée de prière. Avant la messe, des artistes vêtus de tenues multicolores traditionnelles ont dansé et chanté.

La béatification de Benedict Daswa intervient moins de trois mois avant la première visite du pape en Afrique, qui a pour but de renforcer les liens la communauté catholique, en plein essor sur le continent. François doit se rendre fin novembre au Kenya, en Ouganda et en Centrafrique.