Un investissement de 25 millions - L'échangeur des Pins fera place à un carrefour en surface

L'échangeur des Pins, vestige de «l'urbanisme fonctionnel» cher aux années 60, sera démoli pour permettre l'aménagement d'une intersection en surface à l'angle des avenues des Pins et du Parc. Le comité exécutif a entériné hier matin un concept de carrefour qui sera plus convivial pour les piétons et les cyclistes.

Les voies étagées quasi infranchissables pour les piétons seront bientôt chose du passé. Dès le mois de septembre, la Ville de Montréal entamera les travaux préparatoires visant à démanteler le vétuste échangeur des Pins que les résidants du secteur rêvent de voir disparaître depuis des années.

La Ville a élaboré près de 25 scénarios avant de choisir le concept d'aménagement qui a été présenté à la presse hier pour remplacer la structure bétonnée. La nouvelle intersection sera dotée d'un carrefour principal et de deux carrefours secondaires permettant aux automobilistes d'emprunter une bretelle reliant l'avenue du Parc à l'avenue des Pins à la hauteur de la rue Hutchison. En plus de mieux s'intégrer dans l'environnement urbain, le concept entériné hier matin par le comité exécutif sera plus sûr pour les piétons désireux de traverser l'avenue des Pins afin de se rendre au parc du Mont-Royal.

L'avenue du Parc sera dotée de quatre voies de circulation alors que l'avenue des Pins en comptera jusqu'à trois à l'approche des carrefours. Le scénario élaboré par la Ville permettra l'implantation éventuelle du système léger sur rail (SLR) afin de relier la gare Jean-Talon au centre-ville. Pour l'instant, les plans ne prévoient pas la mise en place de pistes cyclables, mais si de telles pistes devaient voir le jour dans ce secteur, elles devraient être aménagées dans les espaces verts adjacents à l'avenue du Parc, a indiqué hier Paul Laberge, chef de division du Service environnement, voirie, réseaux, ponts et tunnels à la Ville de Montréal.

L'idée de démolir l'échangeur des Pins était dans l'air depuis des années et l'ex-maire Pierre Bourque faisait partie de ceux qui avaient promis de le faire disparaître. «Il aurait été gênant d'aller en élection une cinquième fois en promettant de démolir l'échangeur», a d'ailleurs reconnu hier Michel Prescott, vice-président du comité exécutif et conseiller du district de Jeanne-Mance.

La vétusté de la structure n'était plus un secret et l'été dernier, huit tonnes de fragments de béton avaient dû être enlevées afin d'assurer la sécurité des piétons. Il aurait fallu investir jusqu'à neuf millions pour remettre l'échangeur en état, mais sachant qu'il serait éventuellement démoli, la Ville a préféré ne pas se lancer dans de tels travaux de rénovation.

Depuis deux ans, la Ville a dépensé quelque 300 000 $ en études de toutes sortes pour mener à bien son projet. La démolition de l'échangeur et l'aménagement de la nouvelle intersection nécessiteront des investissements de 25 millions de dollars qui seront en partie financés par Québec et Ottawa dans le cadre du programme Travaux d'infrastructures Canada-Québec. La Ville lancera sous peu l'appel d'offres pour la réalisation des plans et devis. Les travaux débuteront cet automne et devraient être terminés au plus tard au mois d'août 2006.

Compte tenu du nombre élevé d'automobilistes qui l'empruntent tous les jours, l'intersection ne sera pas fermée à la circulation pendant les travaux. Paul Laberge reconnaît toutefois que cette décision rendra l'opération de planification plus complexe et ralentira le rythme des travaux: «Il faudra procéder par phases et considérer plusieurs possibilités, dont celle d'utiliser certaines bretelles à sens inverse ou peut-être installer des structures temporaires», a-t-il expliqué.