Des bâtiments pourraient disparaître

La Ville de Montréal pourrait profiter des travaux de réaménagement qu'elle effectuera à l'échangeur des Pins pour procéder à la démolition de plusieurs bâtiments en bordure du nouveau carrefour. Mais elle assure aux résidants inquiets qu'ils seront relogés dans le même secteur si de tels travaux étaient entrepris.

Les résidants de la communauté Milton Parc ne regretteront pas la disparition de l'échangeur des Pins que la Ville s'apprête à raser. «Il y a plus d'effets bénéfiques que de nuages noirs», résume Cécile Grenier, porte-parole de la communauté Milton Parc, en commentant le projet d'aménagement d'une nouvelle intersection en surface présenté hier par l'administration municipale.

Mais ils ne sont pas rassurés pour autant puisque la Ville a évoqué l'idée de démolir plusieurs bâtiments situés le long de l'avenue du Parc, au sud de l'avenue des Pins, avec l'intention de construire sur le site des édifices d'une taille plus imposante. L'un des bâtiments visés abrite la coopérative d'habitation la Tour des alentours et cinq des 23 unités que compte cette coopérative pourraient ainsi disparaître. Ysabel Rodriguez, présidente de la coopérative, reconnaît que plusieurs occupants sont inquiets.

Au rez-de-chaussée de cet immeuble loge le Comité Chômage de Montréal. Le coordonnateur de cet organisme sans but lucratif, Pierre Céré, s'interroge lui aussi sur le sort qui attend les occupants de cet édifice. Il est d'autant plus préoccupé que le Comité a fait l'acquisition du rez-de-chaussée en décembre dernier en plus de dépenser 60 000 $ en travaux de rénovation au cours des derniers mois. «On ne partira pas d'ici, promet-il. Il va y avoir des batailles avant qu'on décide de partir.»

En conférence de presse hier, Michel Prescott, vice-président du comité exécutif et conseiller du district de Jeanne-Mance, a voulu se montrer rassurant en précisant que la décision de la Ville à ce sujet n'était pas encore arrêtée. L'administration mènera des consultations avant de procéder à des démolitions dans le secteur, a-t-il promis. «Ce sont les gens du Service de l'urbanisme qui ont conçu cette hypothèse en vue d'optimiser l'environnement urbain de la nouvelle intersection, a-t-il expliqué. Mais rien ne se fera sans l'approbation des résidants concernés. On aura l'occasion d'y réfléchir. Mais une chose est sûre, c'est que personne ne sera exproprié de force.» Et si la Ville optait pour la démolition de certains immeubles, les occupants pourraient être relogés dans les nouveaux édifices, a-t-il ajouté.