Tension à bord

Plus de mille marins du monde entier se retrouvent chaque année à Saint-Barthélemy, dans les Antilles, pour quatre jours de régates.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Plus de mille marins du monde entier se retrouvent chaque année à Saint-Barthélemy, dans les Antilles, pour quatre jours de régates.

« Quatre minutes. » Le rappel provient du haut-parleur du bateau comité, là où se retrouvent les officiels qui donnent le signal du départ et que nous devrons dépasser dès que ledit signal sera donné. La dizaine de voiliers rivaux exécute des va-et-vient perpendiculairement à cette ligne de départ imaginaire, délimitée d’un côté par une bouée, et de l’autre par le bateau comité qui a jeté l’ancre.

La tension est à son comble. Paradoxalement, tout semble si calme au large, dans ce coin paradisiaque que sont les Caraïbes. Pas de bruits de moteur assourdissants, pas de cris d’une foule de spectateurs en délire ; que les ordres du skipper, le capitaine, aux membres de son équipage, qui s’exécutent efficacement et à l’unisson.

« Dix secondes ! »nous informe le tacticien à bord. Nous amorçons le dernier virage et filons droit devant pour traverser la ligne de départ. Le coup de klaxon retentit et, ça y est, nous nous élançons, à pleine voile. La course est commencée.

La maîtrise de soi

Une régate est une course de vitesse entre plusieurs bateaux, sur un parcours fermé. Le matin de la course, le parcours est affiché, ainsi que la liste des voiliers qui seront de la flotte (embarcations de même classe prenant le même départ). Des systèmes de handicap permettent à des bateaux de tailles différentes de courir ensemble sur une base quasi équitable.

Pendant que l’équipage s’affaire aux derniers préparatifs, le tacticien analyse le trajet, vérifie les obstacles géographiques, la météo, les vents, les courants, etc., afin de déterminer la stratégie de course, qu’il communique ensuite à l’équipe.

Ruse et présence d’esprit sont au coeur des compétitions de voile en raison des décisions cruciales qu’elles nécessitent de prendre en une fraction de seconde. L’esprit d’équipe est essentiel, au même titre qu’une préparation rigoureuse.

L’imprévu est un acteur principal dans cette bataille nautique : grande voile colorée — le spinnaker — qui se déchire, orages et pluie aveuglante, collision avec une autre embarcation à éviter, le bateau qui bascule au point de voir le mât submergé… Toutes ces situations critiques survenant en pleine course mettent à l’épreuve la vivacité d’esprit et la maîtrise de soi de chacun.

La splendeur du spectacle

Malgré un niveau de concentration maximal, chaque participant ne peut que s’émerveiller devant la splendeur du spectacle. Lors de la BVI Spring Regatta, aux îles Vierges britanniques, les voiliers effectuent leur course contre la montre à travers la multitude de petites îles. Aux Voiles de Saint-Barth, on tombe sous le charme de cette île très jet-set qui attire tant les plus beaux voiliers du monde que les mégayachts des stars hollywoodiennes.

Une fois le fil d’arrivée passé, la satisfaction d’un devoir accompli nous habite. Et reste une multitude d’images d’une grande beauté.

Ruse et présence d'esprit sont au coeur des compétitions de voile, en raison des décisions cruciales qu'elles nécessitent de prendre en une fraction de seconde.