Toronto veut réglementer le service Uber

Toronto — Le maire de Toronto a jugé nécessaire lundi de modifier la législation sur les taxis après une décision de justice favorable à Uber et face à la colère des taxis de la métropole canadienne.

John Tory a promis avant l’automne une revue complète de la pratique du transport de passagers par des véhicules avec chauffeur afin d’avoir « un service sûr, pratique, équitable et juste ».

Le maire a rencontré des représentants d’Uber et de l’industrie du taxi de la métropole, lundi matin, à la suite du jugement de la Cour supérieure de l’Ontario qui donnait raison, vendredi dernier, à l’entreprise d’autopartage.

Un juge de la province de l’Ontario avait rejeté une demande d’interdiction du service Uber déposée par les compagnies de taxi de Toronto. Selon le juge, rien ne permettait d’affirmer que la société Uber assurait un service de taxi.

« Nous sommes profondément déçus avec cette décision » de justice, avait déclaré l’association iTaxis sur son compte Twitter.

Ce groupement de chauffeurs de taxis avait demandé au conseil municipal de Toronto de prendre immédiatement « des mesures pour assurer l’équité pour les quelque 10 000 chauffeurs de taxis » détenteurs d’une licence pour la métropole.

Un règlement unique

 

À l’hôtel de ville, lundi, le maire Tory a reconnu que toutes les personnes voulant participer à l’industrie du service de transport avec chauffeur devaient « le faire dans la loi ».

«Il faut adopter un règlement unique qui s’appliquera à tous, sans aucune équivoque», a indiqué M. Tory, qui s’est dit encouragé par l’ouverture des représentants d’Uber à ce chapitre.

«On ne peut pas tolérer le “far west”, mais on ne peut pas ignorer non plus la modernité. Des technologies comme celle d’Uber sont là pour rester — on doit simplement les encadrer.»

Dans le contexte actuel et après la décision de justice, « la loi doit être changée et va être changée » afin d’avoir « une concurrence loyale, qui servira le secteur » et en toute « sécurité pour les gens qui sont impliqués en tout temps ».

Il est également nécessaire de proposer un service « commode pour le public qui est maintenant habitué à de nouveaux modes [de transport] permis par les progrès de la technologie », a-t-il ajouté.

Menaces de protestation

 

Les chauffeurs de taxis brandissent la menace de mouvements de protestation à quelques jours de l’ouverture des Jeux panaméricains, qui doivent réunir des milliers d’athlètes et de spectateurs du 10 au 26 juillet dans la quatrième ville nord-américaine.

Avant la décision favorable à Uber, l’Alliance des taxis de Toronto avait déjà demandé au maire John Tory de mettre en conformité « la loi sur le transport routier avec les exigences au principe des assurances ».

Plutôt favorable au service Uber, le maire a dû assouplir sa position pour éviter que le conflit s’envenime avant le début des Jeux vendredi.

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