Le SPVM veut travailler plus étroitement avec les autochtones

Le chef du SPVM, Marc Parent, écoute une prestation.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le chef du SPVM, Marc Parent, écoute une prestation.

Le Réseau pour la stratégie urbaine de la communauté urbaine de Montréal a signé jeudi après-midi un accord qualifié « d’historique » avec le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). En conférence de presse, le directeur du SPVM, Marc Parent, a affirmé vouloir « développer la confiance et optimiser les compétences du personnel du SPVM [en matière d’enjeux autochtones] ».

Il s’agira donc d’abord de « formation culturelle » des policiers, comme l’appelle Nakuset, cofondatrice du Réseau, des sessions étant déjà en cours. Le SPVM a officiellement désigné un agent de liaison dédié à entretenir un dialogue avec la communauté. Un comité de vigie spécial, réunissant des citoyens et des policiers, est également créé.

Mieux enquêter sur les disparitions

La collaboration doit aussi mener au développement de meilleures procédures d’enquête en ce qui concerne les femmes autochtones disparues ou assassinées. « Il faut au moins pouvoir garder le contact avec les familles dans le Nord », explique Alana Boileau, coordonnatrice justice de Femmes autochtones du Québec. Un défi, notamment en ce qui concerne les langues, avoue Marc Parent. « On souhaiterait aussi installer des kiosques dans les lieux de transit des autochtones, les gares d’autobus ou à l’aéroport par exemple, puisque ce sont des lieux de traite des femmes », ajoute Mme Boileau.

Une population en forte croissance

Les forces policières s’y intéressent d’autant plus que cette population est en forte croissance à Montréal. En 2011, on comptait 26 285 personnes ayant une identité autochtone dans la grande région métropolitaine, selon les plus récentes données de Statistique Canada, soit près de 8400 personnes de plus que cinq ans auparavant. Qui plus est, ce groupe pourrait être sous-estimé, indique Carole Lévesque, spécialiste des peuples et savoirs autochtones et professeure à l’INRS.


« Il faut y ajouter la “ population flottante ”, c’est-à-dire celle qui est à Montréal pour des études ou des soins de santé par exemple, mais qui est encore enregistrée ailleurs. On pense donc qu’ils seraient plutôt au moins 30 000 », a-t-elle précisé en entrevue au Devoir.

Marc Parent, du SPVM, a dit s’inquiéter plus spécifiquement du phénomène, aussi grandissant, de l’itinérance autochtone. Avec la signature de cette entente, les policiers doivent davantage en mesure de diriger les membres des Premières Nations vers l’un des 32 organismes qui leur sont dédiés à Montréal.

1 commentaire
  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 26 juin 2015 08 h 03

    Donc le Montréalais

    étant les autochtones de Montréal...verront le SPVM...être plus attentif à leurs
    demandes et récriminations...si j'ai bien compris !

    ou....Chacun a les autochtones qu'il veut bien voir et/ou avoir?