Écrasement d'un appareil de Flash Airlines - La boîte noire reste inaccessible

Charm el-Cheikh, Égypte — Les équipes recherchant l'épave du Boeing 737 de Flash Airlines au large de Charm el-Cheikh ont réussi hier à localiser l'une des «boîtes noires» de l'appareil, mais celle-ci se trouve à une trop grande profondeur pour pouvoir être récupérée dans l'immédiat.

L'avion s'est abîmé samedi en mer Rouge avec à son bord 148 personnes, dont 133 touristes français.

Selon le contre-amiral français Jacques Mazars, la boîte noire est à une telle profondeur qu'il n'est pas possible d'intervenir «avec les moyens actuellement sur zone, déployés par toutes les parties». Elle se trouverait en effet entre 600 et 800 mètres sous le niveau de la mer. «Des contrats sont en train d'être recherchés et passés en métropole française pour pouvoir disposer d'équipements plus performants, a-t-il indiqué. Ce qui est important pour nous, c'est de récupérer l'une des boîtes.»

Achille, le robot sous-marin dépêché sur place, ne peut pas descendre plus bas que 400 mètres. «Si c'est plus profond, le robot ne servira à rien», notait auparavant le lieutenant de vaisseau Valérie Fourrier, porte-parole du Sirpa.

C'est donc bien le cas de figure redouté par les équipes de recherche, qui craignaient que le fuselage de l'appareil, qui n'a pas encore été localisé exactement, ne soit tombé dans une faille sous-marine plus profonde. Le fond de la mer Rouge descend jusqu'à mille mètres dans cette zone.

Si la thèse de l'accident est toujours privilégiée, les autorités égyptiennes ont reconnu ne pas avoir pu déterminer jusqu'à présent la nature du problème mécanique qui a causé la catastrophe, peu après le décollage de l'appareil à destination de Paris.

Le président égyptien, Hosni Moubarak, s'est refusé à «spéculer» sur ce qui s'était passé, appelant lui aussi à attendre les boîtes noires. Reste qu'il a tenu à ajouter: «Je ne crois pas qu'il s'agisse d'un acte terroriste parce que ce n'est pas possible à Charm el-Cheikh, ou ailleurs en Égypte.»

De son côté, le directeur général de l'aviation civile française, Michel Wachenheim, s'était refusé lundi soir à exclure toute hypothèse, notamment criminelle ou terroriste, sur les causes de l'écrasement, jugeant «irresponsable» et «prématuré» de se prononcer en un sens quelconque, en l'absence des enregistreurs de vol. «On ne peut ni exclure l'accident, ni exclure la cause criminelle. Je n'ai aucune information concernant les origines de cet accident.»

Les États-Unis ont annoncé à leur tour l'envoi d'une équipe d'enquêteurs, dont des experts de chez Boeing, constructeur de l'avion.

Les familles des victimes partiront aujourd'hui par un vol spécial pour Charm el-Cheikh, à quelque 800 km au sud-est du Caire, où se dérouleront demain deux cérémonies oecuméniques à la mémoire des disparus sur les lieux du drame, en mer et sur terre. Le ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, y représentera la France auprès des familles et des autorités égyptiennes, afin de marquer le «profond soutien» du gouvernement aux proches, précisait le Quai d'Orsay.

Celui-ci souligne que «ce voyage se déroulera de manière à ce que la douleur des familles soit respectée et que ces différentes cérémonies puissent se dérouler dans la dignité et le recueillement».

L'Assemblée nationale française a observé pour sa part hier une minute de silence à la mémoire des victimes. «Nous partageons l'émotion, la tristesse et la peine des proches», a déclaré son président Jean-Louis Debré.

Quant au ministre français des Transports, Gilles de Robien, il s'est engagé à soumettre deux réformes afin d'améliorer les contrôles de sécurité pour les vols charters et l'information des voyageurs, qui devraient notamment savoir sur quelle compagnie aérienne ils vont voyager. «Cela me paraît particulièrement souhaitable en cas d'affrètement de compagnies non européennes», a précisé M. de Robien.

Enfin, la centaine de touristes polonais qui auraient dû prendre un vol Flash Airlines samedi et avaient refusé un charter égyptien de remplacement ont obtenu gain de cause: leur compagnie nationale, LOT, envoie un avion les chercher, l'assureur de leur voyagiste ayant accepté de financer ce vol.