Menace de grève le 16 janvier dans 350 garderies

Quelque 6500 syndiquées à la CSN qui travaillent dans 350 centres de la petite enfance donnent dix jours au gouvernement Charest pour faire progresser les dossiers de l'équité salariale et des conditions de travail dans les CPE, à défaut de quoi elles tiendront une journée de grève le 16 janvier, privant ainsi de services près de 25 000 enfants.

Dans 30 % des CPE touchés, cet arrêt de travail serait illégal.

«Nous sommes tenaces. Nous vivons peut-être d'espoir, mais nous pensons qu'un nouveau signal en début d'année va peut-être faire en sorte que le premier ministre se réveille et comprenne qu'il ne va nulle part avec l'affrontement, autant dans le secteur public que dans le secteur privé», a soutenu hier, en conférence de presse, le président de la Fédération de la santé et des services sociaux (CSN), Pierre Lamy.

M. Lamy reproche au gouvernement de s'être réfugié dans le mutisme relativement à l'équité salariale et aux conditions salariales des travailleuses en garderie.

Dans le premier cas, la CSN cherche à ce que le gouvernement détermine maintenant à quelle date commencera l'application de l'équité salariale, une fois qu'une décision sera arrêtée sur le pourcentage du rattrapage à faire.

Pour ce qui est des conditions salariales des travailleuses en garderie, M. Lamy a signalé qu'aucune négociation n'a eu lieu depuis 1999, bien qu'il y ait eu une augmentation générale des salaires, de 2 %, avant les dernières élections.

À défaut d'obtenir des engagements clairs et concrets d'ici le 16 janvier, les syndiquées déserteront leurs lieux de travail et se rendront à Québec pour se prononcer sur les autres moyens de pression à déployer. La grève générale n'est pas exclue, a dit M. Lamy.

Pour les mêmes raisons, ces travailleuses ont tenu une manifestation dans les rues de Montréal en décembre, alors qu'une journée de grève avait paralysé les services à la grandeur du Québec, en septembre.

La CSN évalue à environ 30 % le rattrapage à faire au chapitre de l'équité salariale, ce qui signifierait un débours additionnel annuel d'environ 35 millions de dollars pour l'État. Le salaire horaire moyen d'une éducatrice en garderie est actuellement de 15,50 $.