Écrasement d'un appareil de Flash Airlines - Les recherches continuent en mer Rouge

Charm el-Cheikh (Égypte) — Les recherches continuaient hier en mer Rouge pour retrouver l'épave de l'avion charter égyptien qui s'est abîmé au large de Charm el-Cheikh où, dans la soirée, une équipe française a «capté quelque chose» qui pourrait être le signal d'une boîte noire de l'appareil.

La perche sous-marine déployée par les plongeurs français a «capté quelque chose» qui pourrait être le signal d'une boîte noire, a annoncé un responsable français sous le couvert de l'anonymat. «C'est une excellente base de départ pour la suite des opérations.»

En fin d'après-midi, après que des informations contradictoires eurent circulé sur une possible localisation du fuselage de l'avion, les plongeurs français ont déployé une perche équipée de capteurs dans l'espoir de localiser précisément le point d'échouement de l'appareil.

Les recherches sont rendues particulièrement difficiles par la présence de forts courants, de failles sous-marines pouvant aller jusqu'à 1000 m, et de requins.

Un robot français, Achille, était prêt à plonger pour une mission de reconnaissance des restes de l'avion, dans le cas où celui-ci serait repéré à moins de 400 mètres de profondeur.

Au total, 500 militaires français ont été envoyés pour participer aux recherches au côté des Égyptiens. L'ensemble du dispositif français devrait être opérationnel aujourd'hui en fin de journée.

Le Boeing 737 de la compagnie charter égyptienne Flash Airlines qui assurait le vol FSH 604 reliant Charm el-Cheikh à Paris via le Caire, s'est abîmé samedi à l'aube, quelques minutes après avoir décollé de la station balnéaire égyptienne. La catastrophe a coûté la vie à 148 personnes, dont 133 touristes français.

Hier soir, seuls quelque débris de l'avion et soixante morceaux de corps humains difficilement identifiables avaient été retrouvés. La récupération des boîtes noires de l'appareil permettrait d'obtenir les paramètres du vol et de remonter éventuellement aux causes de la catastrophe, qui a suscité une polémique relative à la fiabilité des vols de la société égyptienne.

Ainsi, les autorités suisses ont affirmé hier qu'en 2002, date de leur interdiction en Suisse, les avions de Flash Airlines présentaient des graves défauts, révélés lors d'inspections inopinées de ses appareils.

Le ministre de l'Aviation civile égyptien, Ahmed Chafik, a rejeté comme «totalement inexactes les accusations suisses», formulées dès dimanche.

Pour le PDG de Flash Airlines, Mohamed Nour, l'avion accidenté était «sûr à 100 %», et l'interdiction qui a frappé les appareils de la compagnie en Suisse était due uniquement à un problème administratif, et non «à des questions de sécurité».

À Paris, une porte-parole du groupe français Snecma Moteurs a indiqué qu'un des deux moteurs de l'avion accidenté avait été «révisé et réparé» entre fin 2002 et début 2003 par une filiale du groupe au Maroc.

Selon elle, ce moteur n'a pas été changé, ainsi que l'avait indiqué dimanche le directeur technique de Flash Airlines, Medhat Nassar.

Les autorités françaises comme égyptiennes privilégiaient toujours hier soir la thèse de l'accident plutôt que celle de l'attentat.

Hier, un interlocuteur anonyme se réclamant d'un groupe islamiste inconnu basé au Yémen, Ansar el-Haq (Les partisans de la justice), a affirmé dans un appel téléphonique à l'AFP au Caire que l'avion avait été visé par un «attentat» perpétré par son mouvement, mais le ministre de la Justice français Dominique Perben a estimé que cette revendication était «peu crédible».

L'ambassadeur de France en Égypte, Jean-Claude Cousseran, a indiqué hier soir que les familles des victimes françaises étaient attendues demain à Charm el-Cheikh pour participer à deux cérémonies, une en mer et l'autre sur le rivage, à la mémoire de leurs proches.