Jeux gais en 2006 - Les athlètes de New York ne viendront pas à Montréal

Il y aura bel et bien des Jeux gais aux États-Unis en 2006, soit en même temps que ceux de Montréal. Les villes de Chicago et de Los Angeles ont envoyé leur lettre d'intention en ce sens vendredi dernier à la Federation of Gay Games (FGG). En plus de cette concurrence, la métropole devra redoubler d'ardeur pour convaincre les différentes équipes sportives de venir à Montréal, puisque Équipe New York, la plus importante délégation sportive gaie au monde, a envoyé une lettre d'appui sans équivoque à la candidature de Chicago.

En lieu et place des pays, les Jeux gais rassemblent des délégations qu'on nomme «équipes». Ces dernières proviennent de différentes villes dans le monde et amènent avec elles leurs athlètes. Inutile de dire que leur appui est essentiel à un comité organisateur qui veut attirer le maximum de participants.

Or, la plus importante équipe sportive gaie de la planète, Équipe New York et son millier d'athlètes, vient de donner son appui à la candidature de Chicago pour les Jeux de 2006, prévus le même été que l'événement de Montréal.

La lettre, dont Le Devoir a obtenu copie, est adressée au président du comité organisateur des Jeux gais de Chicago, Dennis Sneyers. «Au nom de la direction de Team New York, j'ai le plaisir de vous informer que nous soutenons avec enthousiasme vos efforts dans la préparation de votre candidature pour obtenir les Jeux gais 2006», peut-on lire sous la plume de Christian West, président de Team New York.

La lettre fait également allusion à la dramatique rupture des négociations entre le comité organisateur de Montréal et la FGG lors de l'assemblée annuelle du 9 novembre dernier. Incapable de s'entendre sur le nombre de participants et le contrôle financier avec la FGG, qui contrôle le nom Gay Games et balise les épreuves, le comité organisateur de Montréal a décidé de faire cavalier seul et de mettre en place l'événement sans la sanction de la FGG.

Montréal a aussi entrepris un exercice de réflexion avec des équipes sportives gaies dans le monde entier pour trouver une solution de rechange viable à la FGG. Cette dernière a aussitôt relancé le processus d'attribution des Jeux pour 2006. Deux des trois villes finalistes en compagnie de Montréal ont annoncé leur candidature dans une lettre d'intention vendredi, soit Chicago et Los Angeles. Atlanta, pourtant favorite en vertu de sa deuxième place au scrutin après Montréal, a décliné l'invitation de se présenter une autre fois. La nouvelle ville hôtesse qui fera concurrence à Montréal sera connue le 14 mars prochain.

Dans sa lettre, Équipe New York encourage la candidature de Chicago sans ménagement. «Après les événements dramatiques de l'assemblée annuelle de la Fédération en novembre, nous encourageons fortement votre organisation [...] à tout faire pour préparer des jeux viables.» Leur soutien va également à la FGG, qu'ils continueront à appuyer même si un autre mouvement, comme Montréal veut mettre en place, voit le jour. Et New York «compte respecter cette position dans le futur», est-il écrit.

Montréal garde confiance malgré tout

Du côté du comité organisateur de Montréal, on ne se formalise pas trop des candidatures de Chicago et Los Angeles. «On s'y attendait, la FGG veut absolument faire une compétition avec une ville américaine en même temps que nous, et si possible, une ville près de Montréal. Chicago est donc favorite», pense Jean Heon, directeur des communications de Rendez-Vous Montréal 2006.

Quant à l'appui de New York à la ville de Chicago, l'organisation montréalaise n'a pas voulu s'étendre sur le sujet, affirmant que Équipe New York «a toujours été avec nous et nous continuons à leur parler régulièrement». Montréal ne craint pas un effet d'entraînement sur d'autres équipes importantes, même si 46 % des athlètes au dernier Jeux Gais provenaient des États-Unis. «Au début du mois de décembre, nous sommes allés en Europe et nous avons constaté que notre appui là-bas était très fort, soutient Jean Heon. Clairement, les 40 000 athlètes potentiels en Europe préfèrent Montréal. Si la FGG persiste à faire des Jeux en même temps que nous, ce sera international ici et surtout américain à Chicago.»

Les organisateurs montréalais prévoient toujours la venue de 16 000 athlètes malgré la concurrence, avec des retombées économiques de 180 millions pour la métropole.