Le FBI a vérifié les listes des clients des hôtels de Las Vegas

Washington — Le FBI a réclamé avant les fêtes de fin d'année l'ensemble des listes des clients des hôtels de Las Vegas pour les comparer avec la liste américaine des terroristes présumés, a-t-on appris hier de source proche des services de sécurité.

Selon un autre responsable gouvernemental américain, tous les hôtels ont accédé à la requête du FBI, hormis un seul qui a refusé de présenter sa liste des réservations.

D'après Newsweek, qui a rapporté le premier l'initiative du FBI, cet établissement s'est finalement soumis après avoir reçu une assignation officielle de la part des autorités judiciaires américaines.

Las Vegas figurait parmi les six ou sept villes mentionnées dans les rapports des services de renseignement comme cibles possibles d'attentats lors des festivités du nouvel an, selon le gouverneur du Nevada, Kenny Guinn.

Par mesure de précaution, l'Administration fédérale de l'aviation avait interdit le survol de Las Vegas et de New York, où se déroulent traditionnellement les plus importantes festivités du Nouvel an aux États-Unis.

Violation de la vie privée

Interrogé sur les listes des hôtels de Las Vegas, Mark Corallo, porte-parole du département de la Justice, dont dépend le FBI, a déclaré: «Sans faire de commentaire sur quelque cas ou exemple particulier, nous utiliserons tous les moyens légaux à notre disposition pour protéger le peuple américain des attaques terroristes.»

Un représentant d'une organisation de défense des libertés individuelles a cependant estimé que l'initiative du FBI, menée sans aucun soupçon particulier, constituait une violation de la vie privée de quelque 300 000 personnes «dont les loisirs ne regardent personne à part elles-mêmes».

Cette action montre également que les pouvoirs élargis dont a été doté le FBI à la suite des attentats du 11 septembre 2001 pour obtenir des informations personnelles sans surveillance judiciaire «pourraient bien être utilisés pour surveiller les Américains ordinaires», a ajouté Timothy Edgar, de l'American Civil Liberties Union.