Cas de vache folle aux États-Unis - Les pressions s'accroissent pour renforcer les mesures de sécurité alimentaire

Washington — La Food and Drug Administration (FDA), qui n'a pas mis en oeuvre de nouvelles mesures de sécurité alimentaire depuis la découverte du premier cas de vache folle aux États-Unis, subit des pressions grandissantes pour renforcer son interdiction d'utiliser des restes de bovins dans la nourriture pour animaux.

La découverte dans l'État de Washington d'une vache laitière contaminée par l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), communément appelée maladie de la vache folle, a attiré l'attention aux États-Unis sur l'élevage et l'abattage des bovins.

Bien que le département américain de l'Agriculture (USDA) se soit empressé d'imposer une série de nouvelles règles de sécurité alimentaire après la découverte du cas d'ESB, la FDA préfère attendre avant de s'engager dans la même voie.

L'USDA a interdit la semaine dernière l'utilisation de cervelles et de moelle épinière de bovins âgés dans la production alimentaire. Mais la FDA continue de permettre ces parties «à hauts risques» dans la nourriture des porcs et des poulets.

Depuis août 1997, la FDA a banni l'utilisation des restes de bovins dans la nourriture de bovins, chèvres et moutons — une pratique autrefois répandue qui aurait été responsable de la propagation de la maladie de la vache folle en Grande-Bretagne au cours des années 1990.

«Les règlements de la FDA sur la nourriture animale constituent la première et la meilleure ligne de défense contre l'ESB», a dit Lee Terry, un républicain du Nebraska membre de la Chambre des représentants.

Les autorités croient que la vache de l'État de Washington a contracté l'ESB après avoir ingéré de la cervelle, de la moelle épinière ainsi que d'autres restes d'un bovin lui-même contaminé.

Selon les experts, la meilleure façon de prévenir la maladie de la vache folle est d'interdire ces parties «à haut risque» de la nourriture humaine et animale.

«Le retrait de la cervelle et de la moelle épinière est la mesure la plus importante, la plus efficace et la plus facile à appliquer pour protéger la santé humaine», a dit Will Hueston, vétérinaire à l'Université du Minnesota et membre d'un comité international devant étudier le cas américain de vache folle.

Selon le vétérinaire, 80 % des risques de contamination proviennent de la cervelle et de la moelle épinière de la vache malade.



Interdictions plus sévères

Certains législateurs et groupes de protection des consommateurs demandent à la FDA d'imposer des mesures plus sévères, comme l'interdiction des restes d'animaux dans toute nourriture animale.

Mais au dire de certains responsables de l'industrie, ces actions sont inutiles car la vache de l'État de Washington a probablement été infectée au Canada.

Les résultats des tests d'ADN sur la vache attendus cette semaine détermineront si l'animal est bel et bien né au Canada. Les responsables américains croient que la vache âgée de six ans et demi a été importée aux États-Unis de l'Alberta, en 2001.

Les pays qui ont interdit l'importation de boeuf américain devraient lever leur embargo s'ils obtiennent la confirmation que la vache contaminée provient du Canada, estiment l'USDA et des groupes de l'industrie. La question est cruciale puisque les exportations de boeuf représentent un marché annuel de 4,1 milliards de dollars aux États-Unis.