Le moteur du Boeing avait été changé en 2003

Le Caire — Le Boeing de Flash Airlines qui s'est abîmé samedi dans la mer Rouge s'était fait installer un nouveau moteur en mars 2003, a déclaré hier soir le directeur technique de cette société charter égyptienne, y voyant le signe que l'appareil était correctement entretenu.

Flash Airlines a «fait correctement le travail d'entretien», faisant appel à une compagnie pour vérifier les moteurs au Maroc, et à une autre en Norvège pour le reste des opérations de maintenance, a indiqué Medhat Nassar, joint par téléphone du Caire au bureau de sa société à Charm el-Cheikh.

Au Maroc, le groupe français de construction de moteurs Snecma a remplacé en mars 2003 un des moteurs de l'appareil qui s'est abîmé samedi, a-t-il indiqué. «Lors du dernier contrôle en mars, ils ont mis un moteur flambant neuf, a-t-il dit, cela prouve que l'avion était bien entretenu.»

M. Nassar n'a pas donné d'explication à ce changement de réacteur. Il n'a pas non plus indiqué le type de moteur qui avait été alors installé.

Au lendemain du drame, une controverse a surgi à propos de la fiabilité des avions de Flash Airlines.

Ainsi, des responsables des aéroports d'Athènes et de Genève ont déclaré hier que la compagnie égyptienne leur avait demandé, respectivement fin 2002 et début 2003, l'autorisation de se poser en urgence. Dans les deux cas, un problème technique avait été invoqué.

Démenti

Le chef du bureau de Flash Airlines à Charm el-Cheikh, Amro Chaouki, a démenti les propos tenus par une responsable de l'aviation civile suisse, selon qui «d'importants manquements» aux normes de certification avaient été constatés sur l'un des deux avions de la société lors d'un contrôle en Suisse.

C'est «faux, a dit M. Chaouki, peut-être les normes suisses sont elles exagérées.»

M. Chaouki a également indiqué que l'avion qui s'est abîmé était resté au sol pendant une heure à Charm el-Cheikh entre son arrivée avec un groupe d'Italiens et son départ pour la France. Il a jugé que ce temps était «suffisant» pour les contrôles techniques usuels.

Une porte-parole de l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC) suisse, Célestine Perissinotto a indiqué hier que Flash Airlines était frappée d'une interdiction de pénétrer dans l'espace aérien suisse depuis octobre 2002.

Selon elle, «d'importants manquements» aux normes de certification avaient été constatés lors d'un contrôle inopiné. La compagnie privée égyptienne continuait en revanche de desservir plusieurs pays européens comme l'Italie ou la France.

Hier soir, un inspecteur suisse de l'OFAC a estimé «probable» que le Boeing qui s'est abîmé samedi en mer Rouge, soit celui contrôlé par la Suisse en octobre 2002.