Fin de la livraison du courrier à domicile: les maires aussi devant le tribunal

Ce sont des boîtes postales communautaires qui doivent remplacer la livraison du courrier à domicile.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Ce sont des boîtes postales communautaires qui doivent remplacer la livraison du courrier à domicile.

Ils en avaient parlé; ils passent maintenant de la parole aux actes. Les maires de Montréal, Laval et Longueuil ont annoncé jeudi qu’ils contesteraient aussi devant le tribunal la fin de la livraison du courrier à domicile. Ils demanderont donc le statut d’intervenant dans la cause déjà lancée par le Syndicat des travailleurs des postes.

Du même souffle, les maires Denis Coderre, Marc Demers et Caroline St-Hilaire ont demandé un moratoire sur l’implantation des boîtes postales communautaires qui doivent remplacer la livraison du courrier à domicile. Ils invitent le gouvernement Harper à intervenir en ce sens auprès de Postes Canada.

Cette cause du Syndicat des travailleurs des postes — directement concerné par les réductions d’effectifs qui s’ensuivent — est également menée par des groupes représentant des personnes âgées et à mobilité réduite. Elle doit être entendue par la Cour fédérale à Toronto.

Les maires pensent qu’ils ont d’autres angles à faire valoir au tribunal.

« La livraison du courrier à domicile, c’est un service essentiel, particulièrement en milieu urbain », a plaidé le maire de Montréal, au cours d’une rencontre avec la presse.

« On pense que cette décision [de Postes Canada] est inconstitutionnelle et inopérante. On pense que cette décision contrevient à la Charte canadienne des droits et libertés, ainsi qu’à la Loi canadienne sur les droits de la personne, plus précisément eu égard aux droits à l’égalité, à la non-discrimination et à l’obligation d’accommodement raisonnable », a ajouté le maire Coderre.

À cause de la densité de population, les maires Coderre, St-Hilaire et Demers prévoient que plusieurs problèmes se présenteront avec l’installation de boîtes postales communes : des problèmes de circulation et de stationnement aux abords des emplacements désignés, des problèmes d’entretien de ces boîtes et des problèmes de sécurité.

« En termes de tourisme, on n’a pas besoin d’avoir un mur de Chine de boîtes postales », a tonné le maire Coderre.

Et comme les groupes représentant les personnes âgées et handicapées qui sont déjà signataires de la requête initiale, les maires soulèvent les problèmes d’accessibilité à ces boîtes pour les personnes à mobilité réduite, particulièrement l’hiver.

Selon les maires, Postes Canada outrepasse aussi sa compétence en mettant carrément fin à la livraison du courrier à domicile. Le maire Coderre a suggéré de livrer le courrier deux jours par semaine si le volume de courrier ne justifie plus la livraison cinq jours par semaine.

Bien que la haute direction de Postes Canada ait toujours affirmé avoir consulté les instances locales, les maires présents au cours de la rencontre avec la presse ont assuré que ce n’était pas le cas et que Postes Canada agissait unilatéralement. Le maire Coderre a même parlé d’arrogance de la part de la haute direction de Postes Canada.

1 commentaire
  • Richard Génois Chalifoux - Inscrit 14 mai 2015 19 h 02

    L'inclinaison

    Bienvenue sur terre monsieur Coderre,

    Avez-vous déjà oublié toutes ces belles années que vous avez passé à Ottawa à nous dire que quand le fédéral décline, le Québec s’incline.

    Aujourd’hui, avec monsieur Couillard, le Québec n’a plus à s’incliner, il est déjà à plat ventre depuis un an.

    Si vous arrivez à faire tomber ce mur de Chine de boites postales fédérales, vous mériterez de devenir premier mnistre du Québec et d'en promouvoir la Souveraineté.