À qui profite le bébé royal?

L’arrivée de la princesse, deuxième enfant du couple royal Kate et William, a relégué en pages intérieures une campagne électorale jugée terne et négative.
Photo: Niklas Hallen’N Agence France-Presse L’arrivée de la princesse, deuxième enfant du couple royal Kate et William, a relégué en pages intérieures une campagne électorale jugée terne et négative.

En cette période électorale, les candidats ont rivalisé de rapidité pour féliciter les nouveaux parents, espérant que cette vague de bienveillance ferait pencher la balance des votes.

Le premier ministre sortant, David Cameron et son principal adversaire Ed Miliband ont en effet un problème. Comment faire entendre leur voix au cours des derniers jours de la campagne électorale quand tant de nouvelles autrement importantes sont attendues ? Quel sera le prénom de la princesse nouvelle née ? Quand le couple royal retournera-t-il dans son manoir du Norfolk ? Emploieront-ils une nanny à domicile ? Comment le grand frère, le prince George, réagit-il à l’arrivée d’une petite soeur ? Bref, les ondes risquent d’être encombrées.

À qui donc profite le bébé ? Oubliées les promesses ou les menaces électorales, envolés les sondages, les Britanniques n’ont d’yeux que pour une petite crevette enveloppée dans un châle blanc immaculé. À quatre jours des élections générales, le 7 mai, l’arrivée samedi en fanfare de la petite princesse, deuxième enfant des très glamour Kate et William, a relégué en pages intérieures une campagne électorale jugée terne et négative. Quoi de mieux qu’un joli bébé dans les bras de sa maman ravissante pour remonter le moral du public au milieu d’un week-end de trois jours — lundi est férié —, déjà plombé par une pluie persistante ?

Dégainer en premier

Les candidats ont bien rivalisé de rapidité pour féliciter les nouveaux parents. C’est David Cameron qui a tweeté le plus vite. Parce que la question les taraude : le feel good factor (facteur de satisfaction), engendré par la naissance royale, profitera-t-il à l’un d’entre eux ? Cette vague de bienveillance, ces sourires attendris par la vision de la reine Élisabeth II tout de rose vêtue — un hommage à coup sûr à son arrière-petite-fille — feront-ils pencher la balance des votes d’un côté ou de l’autre ?

Parce que tant le conservateur David Cameron que le travailliste Ed Miliband, les deux seuls potentiels futurs premiers ministres, auraient bien besoin d’un petit coup de pouce, afin de creuser un écart qui refuse d’exister. Les derniers résultats des sondages donnent toujours les deux partis à égalité avec 35 % pour les conservateurs et 34 % pour les travaillistes, ce qui n’apporte à aucun une majorité absolue.

Apparition surnaturelle

La naissance profitera à l’économie britannique, quel que soit le prochain gouvernement. Les retombées commerciales autour de la petite princesse pourraient atteindre les 150 millions de livres (276 millions de dollars) par an. Le premier élément sera l’explosion prochaine des ventes de châles blancs du modèle dans lequel était enveloppée la princesse à sa sortie de la maternité.

Un profond débat est déjà engagé sur l’apparition surnaturelle de la princesse Kate, dix heures à peine après avoir donné naissance. Brushing impeccable, maquillage sans faute, tenue immaculée et talons aiguilles, la jeune femme a placé la barre très haut pour toutes les futures mamans, estime la presse. La solution est peut-être là. En promettant manucure et coiffeur à la sortie de la salle d’accouchement, Cameron et Miliband pourront peut-être grappiller quelques votes .

Tradition oblige

Londres — Kate et William ont passé dimanche leur première journée à quatre au palais de Kensington alors que le monde attend de connaître le prénom du dernier poupon royal.

Les bookmakers piaffaient d’impatience dans l’attente de l’annonce officielle et ont bouleversé leurs préférences dans la nuit, sous l’afflux des paris. Charlotte est ainsi passée devant Alice, la favorite jusqu’alors.

Olivia a fait une belle remontée devant Victoria et Elizabeth, également très populaires.

Mais, si le pays espérait une annonce dimanche, il sera contraint de patienter au moins jusqu’à lundi. Kate, 33 ans, et William, 32 ans, avaient, eux, mis deux jours après la naissance, le 22 juillet 2013, de leur premier enfant pour révéler qu’il s’appelait George, Alexander, Louis.

Selon la BBC, la tradition veut que le prénom soit rendu public après la première rencontre du nouveau-né avec la reine. Or, Elizabeth II, « ravie » d’être pour la cinquième fois arrière-grand-mère, a été vue dimanche matin à l’église de Sandringham dans le Norfolk, ont rapporté plusieurs médias, avançant qu’elle pourrait ne pas rentrer à Londres avant mardi.
Agence France-Presse
3 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 4 mai 2015 00 h 00

    À qui donc profite le bébé ?

    Qu'est-ce qu'on en a à cirer de ce bébé?

    • Sylvain Auclair - Abonné 4 mai 2015 11 h 04

      Nous, rien, mais faire une campagne électorale au Royaume-Uni cette semaine, c'est comme faire une campagne électorale ici pendant que le Canadien fait les séries... Plein de gens pensent à autre chose qu'à la politique et à la démocratie.

  • François Dugal - Inscrit 4 mai 2015 08 h 01

    Le royal bébé

    Admirons la douce folie du peuple anglais, qui a stoïquement résisté à l'envahisseur, ne l'oublions jamais.