L’Université du Havre met l’odeur humaine en flacon

Ce type de parfum pourrait servir à maintenir la présence de proches disparus.

Capturer l’odeur humaine dans un flacon : l’idée aussi folle qu’étrange de Jean-Baptiste Grenouille, le héros du roman Le parfum de Patrick Süskind, semble avoir été réalisée par l’Université du Havre, en Seine-Maritime. Il est maintenant possible de prélever la senteur d’une personne à partir d’un vêtement, puis de la reproduire en parfum.

À l’origine de ce projet, il y a Katia Apalategui, 52 ans, agente d’assurances dans l’Eure. Inconsolable depuis le décès de son père, elle raconte à l’Agence France-Presse que les photos et les souvenirs de ce dernier ne suffisent pas à atténuer sa peine. Naît alors l’idée de capturer l’odeur de la personne perdue, comme pour garder une dernière présence. Après plusieurs années à chercher des scientifiques capables de réaliser un tel projet, elle est dirigée vers l’unité de chimie organique et macromoléculaire (URCOM) de l’Université du Havre.

Dans son ouvrage, Patrick Süskind parle du « royaume évanescent des odeurs ». Les scientifiques de Seine-Maritime, cartésiens, préfèrent parler d’« extraction » et de « reconstitution ». À partir du vêtement d’une personne, les chimistes de l’URCOM sont capables d’extraire l’odeur, puis de la reconstituer sous forme de parfum, grâce à une manipulation dans de l’alcool, rapporte France Bleu. S’ils restent évasifs sur les techniques développées pour extraire la fragrance humaine des tissus, c’est que le parfum est en cours de commercialisation.

Florian Rabeau, fils de Katia Apalategui, est à l’initiative de l’exploitation des recherches avec sa société, Kalain. Toujours étudiant en école de commerce, l’apprenti homme d’affaires a pour ambition de vendre ses parfums personnalisables dès septembre 2015. Son coeur de cible : les pompes funèbres. Avec toujours cette idée récurrente, celle que le parfum puisse combler une absence.

Avec l’Agence France-Presse