Les enseignants seront punis, dit le ministre

Des enseignants membres de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) ont marché dans les rues du centre-ville de Montréal en direction du quartier des affaires.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Des enseignants membres de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) ont marché dans les rues du centre-ville de Montréal en direction du quartier des affaires.

Les enseignants de cégep qui ont défié l’interdiction de grève décrétée par la Commission des relations de travail (CRT) s’exposent à des sanctions, prévient le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, François Blais.

Au moins neuf cégeps ont été paralysés par des grèves d’enseignants toute la journée de vendredi, malgré la décision de la CRT. Le ministre Blais s’en remet aux directions des établissements afin d’assurer que les enseignants qui ont débrayé vendredi subissent les « conséquences » légales de leurs actes.

« Il y a des conséquences à ne pas respecter les ordonnances de la CRT », a souligné son attachée de presse, Julie White, dans une entrevue téléphonique avec Le Devoir vendredi après-midi. Elle appelle les « employeurs » des enseignants à l’action. « Évidemment, nous souhaitons que les étudiants aient accès à leurs salles de cours et que les cégeps soient en mesure de donner les enseignements auxquels les étudiants ont droit. On a demandé aux syndicats de respecter les ordonnances. »

La Fédération des cégeps donnera suite aux grèves illégales pour que les enseignants et les syndicats en cause soient sanctionnés, a indiqué Judith Laurier, porte-parole de la Fédération.

De leur côté, des étudiants ont déclenché des grèves dans une douzaine d’établissements. « On est solidaires avec nos enseignants. Ils n’ont pas le droit de faire la grève, mais ils n’ont pas eu besoin de la faire », a dit une étudiante rencontrée sur le terrain du cégep du Vieux-Montréal, transformé en terrain de camping. « Il ne fait pas chaud la nuit, mais avec de bonnes couvertures, ça va », a-t-elle dit.

Des enseignantes rencontrées sur place ont dit appuyer le mouvement de grève. « Le gouvernement coupe partout, sans vision. C’est dramatique. J’estime qu’un étudiant sur trois a des difficultés de toutes sortes. Ils ont besoin d’aide. On va leur dire quoi ? Qu’on les abandonne ? On ne peut pas faire ça », dit Patricia Lamontagne, qui enseigne le français.

« On a un gouvernement de médecins qui se croient intouchables. Les médecins au pouvoir et le ministre Coiteux, que j’appelle Séraphin, sont convaincus de détenir la vérité, mais ils agissent trop vite et sans réfléchir », ajoute Lise Tremblay, auteure et enseignante en littérature.

2 commentaires
  • Patrick Daganaud - Abonné 2 mai 2015 04 h 05

    Un gouvernement d'une ignorance abyssale

    C'est le mystère politique québécois de la Sainte-Trinité : comment « la vie » a-t-elle fait pour réunir à la tête du gouvernement du Québec trois despotes-médecins aussi ignares et leur adjoindre un valet pressé de plonger la province dans la pire mouise, qui de jouissance le comble?

    Quel Dumas pervers, lassé de ces héros, nous offre en guise de mousquetaires ce quatuor d'un petit Laurel pour trois ventripotents Hardy : les triplés du burlesque à la gouvernance?


    Le gouvernement de clowns tristes et austères de Couillard ignore tout du monde de l'Éducation et des méfaits qu'il va y produire.

    Le gouvernement Couillard ignore tout du monde.


    Ce gouvernement souillard ignore le monde.

    C'est, au nom de notre jeunesse et avec elle, une obligation morale de le répudier.

  • Jacques Morissette - Inscrit 2 mai 2015 09 h 57

    Les bourreaux néolibéraux.

    Qui des étudiants et des professeurs qui contestent l'agenda politique des Libéraux ou ceux qui ont décidé de s'inféoder à cet agenda le regretteront le plus? Il reste que les premiers ont une vision de l'avenir plus clairvoyante, les seconds n'ont aucune vision. Pour cette question, donc, les bourreaux néolibéraux veulent que l'argent circule et la concentrer dans le moins de poche possible, avec plus d'inégalités.