Les policiers interviennent à grands coups de gaz lacrymogènes

Cinquante-sept personnes ont été interpellées en vertu du règlement P-6.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Cinquante-sept personnes ont été interpellées en vertu du règlement P-6.

À l’occasion de la Journée internationale des travailleurs et travailleuses, une série d’actions de perturbation se sont succédées partout au Québec pour contester les mesures d’austérité du gouvernement Couillard.

Quelques centaines de personnes se sont rassemblées au square Phillips en soirée au centre-ville de Montréal à l’occasion du volet nocturne des manifestations du 1er mai, à l’invitation de la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC), qui disait vouloir protéger les « classes opprimées » et rappeler le caractère « anticapitaliste » de la Journée internationale des travailleurs.

L’événement a rapidement pris un tournant critique, alors que des irritants chimiques ont été utilisés par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) dès le début de la manifestation.

De nombreux citoyens et visiteurs du centre-ville ont été indisposés par les gaz irritants et la situation chaotique au centre-ville, en soirée.

Des gaz lacrymogènes ont notamment perturbé les activités de la terrasse du Benelux, un bar populaire de la rue Sherbrooke.

« Avec le vent, les clients ont dû rentrer à la hâte à l’intérieur alors que le gaz les entourait. On avait beaucoup de monde dehors, la terrasse s’est vidée. Plusieurs ont été incommodés, notamment des serveurs », a soutenu Gabrielle Prévost, gérante de cette succursale de la chaîne.

À 21 h 30, Urgences Santé a indiqué que trois citoyens avaient été transportés par ses ambulances.

« Deux citoyens ont été incommodés par les gaz lacrymogènes, un autre a été traité pour un choc nerveux. Pour deux de ces personnes, il est possible qu’il ait pris part à la manifestation, alors que pour l’autre, c’est un citoyen pris par surprise par la manifestation », a soutenu Bob Lamle, porte-parole du service ambulancier.

Le porte-parole de la police de Montréal, Laurent Gingras, ne pouvait dire en début de soirée la raison pour laquelle les policiers ont décidé d’intervenir.

Vers 19 heures, le SPVM a déclaré la manifestation illégale.

Des policiers anti-émeutes de la Sûreté du Québec ont été vus en train d’intervenir de pair avec leurs collègues montréalais.

Sur le compte Twitter du SPVM, il a été indiqué que le rassemblement ne respectait pas le règlement P-6. La CLAC n’a pas communiqué son itinéraire au SPVM.

Malgré les tentatives de dispersion des autorités policières, les manifestants ont poursuivi leurs actions et se sont rassemblés à nouveau à l’est de la rue Sainte-Catherine.

Deux agents du SPVM ont reçu des soins par des ambulanciers pour des « blessures au visage ». Une policière a dû être transportée à l’hôpital pour être soignée pour des lacérations subies après avoir reçu un projectile, selon Urgences Santé.

Vers 23 heures, le SPVM a fait un bilan de cette nouvelle soirée de manifestations. Cinquante-sept personnes ont été interpellées en vertu du règlement P-6, dont deux d’âge mineur.

Vingt-sept arrestations criminelles ont aussi été faites par la police. « Dix-sept personnes ont été arrêtées pour attroupement illégal. Pour les autres, c’est en lien avec des méfaits commis, des agressions armées sur policier ou pour avoir tenté de désarmer un policier », a indiqué Laurent Gingras.