Esseghaier et Jaser sont reconnus coupables

Mohammed Jaser (au centre), le père de Raed Jaser, alors qu’il quittait le palais de justice vendredi.
Photo: Nathan Denette La Presse canadienne Mohammed Jaser (au centre), le père de Raed Jaser, alors qu’il quittait le palais de justice vendredi.

Les deux hommes accusés d’avoir comploté pour faire dérailler un train de passagers entre New York et Toronto ont été reconnus coupables par un jury, vendredi à Toronto, de huit des neuf chefs d’accusation liés au terrorisme qui pesaient contre eux.

Chiheb Esseghaier, 32 ans, et Raed Jaser, 37 ans, étaient accusés de complot, au profit d’un groupe terroriste, « afin de commettre le meurtre de personnes inconnues » et « afin de nuire aux moyens de transport dans le but de compromettre la sécurité ». Ils étaient aussi accusés de deux chefs de « participation ou contribution » à une activité d’un groupe terroriste. Esseghaier était enfin accusé d’un cinquième chef — « avoir chargé une personne de se livrer à une activité au profit d’un groupe terroriste ».

Les jurés ont livré des verdicts de culpabilité pour toutes ces accusations sauf sur l’un des deux chefs de complot terroriste retenus contre Jaser : celui de « nuire aux moyens de transport dans le but de compromettre la sécurité ». C’est donc sur ce chef d’accusation que les jurés n’auront pas pu s’entendre.

Les deux hommes connaîtront leur peine le 10 avril ; la peine maximale pour ces crimes est la prison à perpétuité.

Plus tôt vendredi, au dixième jour de leurs délibérations, les 12 membres du jury avaient annoncé au juge Michael Code qu’ils s’étaient entendus sur l’un des deux verdicts qui ne faisaient toujours pas l’unanimité jusqu’ici. Ils ont alors demandé au magistrat s’ils pouvaient prononcer leurs huit verdicts unanimes, et être libérés de leurs obligations pour le neuvième. Le juge Code a précisé que si les jurés ne parvenaient vraiment pas à s’entendre à l’issue de délibérations supplémentaires, le tribunal aurait en effet le pouvoir d’accepter leurs huit verdicts unanimes, et de déclarer une impasse pour le dernier chef.

Plus tard en après-midi, les jurés sont revenus avec leurs huit verdicts unanimes de culpabilité, et le juge a accepté de mettre fin à leurs délibérations. Après l’annonce des verdicts, il les a remerciés pour leur « travail déterminé, diligent et consciencieux ».

Le jury avait déjà indiqué mercredi qu’il était parvenu à un verdict unanime sur tous les chefs retenus contre l’un des deux accusés, mais qu’il ne réussissait pas à s’entendre sur certains chefs retenus contre l’autre. Le juge Code avait alors renvoyé les jurés à leur isolement, en les pressant de parvenir à un verdict unanime sur tous les chefs d’accusation.

Au procès, amorcé le 2 février, la Couronne avait plaidé que la preuve d’écoute électronique était « accablante » contre les deux hommes. L’avocat de Jaser a décrit en plaidoiries finales son client comme un escroc voulant soutirer de l’argent à ses deux présumés complices, et non comme un djihadiste aux sombres desseins. Esseghaier, lui, rejetait la tenue même de ce procès, qui ne se déroulait pas sous le sceau du Coran — il a d’ailleurs refusé d’être représenté par un avocat.

Au moment de son arrestation, en avril 2013, Esseghaier, d’origine tunisienne, était étudiant au doctorat à l’UQAM. Il travaillait et étudiait à l’Institut national de la recherche scientifique, à Varennes, en Montérégie. Jaser, résident permanent canadien d’origine palestinienne, vivait en banlieue de Toronto.

Les deux hommes connaîtront leur peine le 10 avril. Ils risquent la prison à perpétuité.