Un plombier est accusé d’avoir volé 200 000$ de pièces

Plus de deux ans après sa création, l’Escouade de protection de l’intégrité municipale (EPIM) a fait une première prise importante : l’escouade policière intégrée à l’Unité permanente anticorruption (UPAC) a déposé mardi des accusations contre un plombier de la Ville de Montréal qui aurait volé plus de 200 000 $ de pièces et d’équipement dans le but d’en faire la revente.

Jacques Lépine fait face à des accusations d’abus de confiance, de vol et de recel. On lui reproche d’avoir subtilisé des pièces en laiton associées à des compteurs d’eau pour ensuite empocher les fruits de la revente à une entreprise de recyclage. Grâce à ce stratagème, il aurait mis la main sur plus de 5000 $. Les faits reprochés auraient été commis entre octobre 2009 et février 2015.

L’accusé a comparu mardi matin au palais de justice de Montréal. « Il a trahi la confiance du public en empochant des fonds destinés aux contribuables. Il a maintenant la responsabilité d’assumer les conséquences de ses actions, a indiqué le commissaire à la lutte contre la corruption, Robert Lafrenière. Nous ne pouvons tolérer que des fraudes, de petite ou de grande envergure, soient commises aux frais des citoyens. »

Peu de résultats

Il s’agit de la deuxième série d’accusations déposées à ce jour par l’EPIM. En novembre 2014, l’escouade policière a accusé Abd Dergane — un autre employé de la Ville de Montréal — de vol, de fraude et de recel pour un montant inférieur à 5000 $. L’homme aurait revendu des billets non remis à des clients du Jardin botanique de Montréal pour mettre la main sur les profits. Il sera de retour en cour le 10 mars.

L’EPIM a été créée en janvier 2013 par l’ancien maire de Montréal, Michael Applebaum, pour lutter contre la corruption dans la métropole. Celui-ci a démissionné en juin 2013, après son arrestation par l’UPAC.

La nouvelle escouade policière gérée par le Service de police de la Ville de Montréal a été intégrée à l’UPAC en décembre 2013. Elle a le mandat d’enquêter sur les allégations de corruption, de fraude, d’abus de confiance ou d’intimidation qui touchent les 16 villes de l’agglomération de Montréal.

L’EPIM a déposé des accusations dans seulement deux dossiers jusqu’à maintenant, mais la porte-parole de l’UPAC, Anne-Frédérick Laurence, souligne que près de 40 enquêtes sont en cours. « On pourrait voir d’autres dossiers concernant des employés ou des responsables de charges publiques à la Ville de Montréal aboutir bientôt », souligne-t-elle.