Les évêques canadiens s'insurgent devant le jugement de la CS

Dans un jugement unanime rendu vendredi, le plus haut tribunal du pays a invalidé les articles du Code criminel qui interdisent à un médecin d’aider l’un de ses patients gravement malades à mettre un terme à ses jours.
Photo: Archives Le Devoir Dans un jugement unanime rendu vendredi, le plus haut tribunal du pays a invalidé les articles du Code criminel qui interdisent à un médecin d’aider l’un de ses patients gravement malades à mettre un terme à ses jours.
Sans grande surprise, la décision de la Cour suprême à propos de l’aide médicale à mourir fait sourciller le président de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), Paul-André Durocher.

Dans un jugement unanime rendu vendredi, le plus haut tribunal du pays a invalidé les articles du Code criminel qui interdisent à un médecin d’aider l’un de ses patients gravement malades à mettre un terme à ses jours.

Selon Mgr Durocher, cette position est «décevante» car le fait «de faciliter la mort n’est pas une solution éthique juste».

Il a, cependant, ajouté qu’elle ne modifie en rien l’enseignement religieux voulant que la vie ait «une valeur inaliénable», et ce, de la conception jusqu’au dernier souffle.

Citant le «catéchisme de l’Église catholique», il a soutenu qu’une action qui «donne la mort afin de supprimer la douleur constitue un meurtre» et que ce geste est «gravement contraire à la dignité de la personne et au respect du Dieu vivant, son créateur».

Il a insisté sur la nécessité de réconforter les gens en phase terminale et de les «accompagner dans l’amour et la solidarité» plutôt que de leur fournir de l’aide pour s’enlever la vie.

Du même souffle, le président de la CECC, qui est également archevêque de Gatineau, a encouragé les Canadiens à offrir du soutien aux mourants afin d’éviter que «pour des raisons de solitude, de vulnérabilité, de perte d’autonomie ou par peur de souffrir», ils ne sentent que la solution s’imposant à eux est le suicide.

Soins palliatifs

Paul-André Durocher a mentionné que son organisation a la ferme intention de continuer de «promouvoir les soins palliatifs» et «la liberté de conscience des médecins et de tous les travailleurs engagés dans le domaine de la santé».

Il a également indiqué qu’avec ses collègues, il entend exercer de la pression à la fois sur les élus et sur les magistrats pour qu’ils s’abstiennent «d’aller plus loin en approuvant de prétendus actes “d’homicide par compassion” et d’euthanasie».

Il a ensuite dit que ces gestes entrent en contradiction avec l’opinion de la «grande majorité des catholiques».

Il a souligné qu’à l’instar des évêques, la plupart des fidèles «trouvent qu’il y a des alternatives à donner la mort» comme d’assurer une «présence humaine chaleureuse et d’offrir des soins palliatifs».
1 commentaire
  • Yvon Bureau - Abonné 9 février 2015 20 h 52

    Position décevante, mais prévisible, CECC

    Plus les évêques se disent près du divin, plus ils devraitent monter en humanité, en compassion, en respect de la conscience de chacun, en solidarité, en recherche de positions d'ouverture et d'inclusion, en chaleureux accompagnement des finissants de la vie, en humilité d'être près et proches de coeur de tous les humains.

    Ils disent que le fait «de faciliter la mort n’est pas une solution éthique juste». Triste affirmation, et désolante. Ce qui est une solution éthique juste, c'est que chaque personne en fin de vie soit accompagnée selon ses valeurs et ses croyances et sa conscience, et ainsi respectée jusqu'à SA fin.

    Un jour, possiblement que l'on vous accusera de promouvoir indirectement le suicide chez les finissants de la vie.

    Ce qui honore l'éthique, c'est l'Aide médicale à mourir, sous conditions, vécue avec «une présence humaine chaleureuse» et un accompagnement sans jugement, et avec une compassion et une solidarité intenses.

    Votre position, membres du CECC, compréhensible, déçoit et vous désohore. Votre position commet péché par manque de Hauteur et par manque d'Humanité.