Trois autres accusés de Boisbriand devant le juge

L’ex-maire Robert Poirier, photographié en 2005
Photo: Jacques Grenier Le Devoir L’ex-maire Robert Poirier, photographié en 2005

La justice poursuit sa lente marche dans le dossier de Boisbriand. Près de cinq ans après leur arrestation, trois accusés (France Michaud, Rosaire Fontaine et Robert Poirier) subissent enfin leur procès à Saint-Jérôme.

La Couronne a l’intention de faire entendre une vingtaine de témoins lors de ce procès qui devrait durer environ cinq semaines, devant le juge Normand Bonin.

L’ancienne vice-présidente de Roche, France Michaud, l’ancien employé de Triax, Rosaire Fontaine, et l’ex-maire de Boisbriand, Robert Poirier, sont accusés notamment de fraude, de complot et d’abus de confiance.

Gilles Cloutier, organisateur d’élections clés en main, qui collabore avec la police, devrait témoigner dès mardi. M. Cloutier est un témoin à risque. Il s’est parjuré devant la commission Charbonneau, en affirmant faussement qu’il était le propriétaire d’une résidence d’été dans Charlevoix qu’il mettait à la disposition des élus de la couronne nord (il en était en fait le locataire).

Lundi, la greffière de la Ville de Boisbriand, Lucie Mongeau, a expliqué en détail les règles d’attribution des contrats dans cette municipalité montrée du doigt pour de nombreuses irrégularités.

Une des coaccusés, l’ex-mairesse Sylvie Saint-Jean, a plaidé coupable en mars dernier, en échange d’une peine de deux ans moins un jour à purger dans la collectivité. Mme Saint-Jean avait admis sa participation à un « système frauduleux » dans l’octroi des contrats publics, au bénéfice des firmes de génie-conseil Roche, Triax (avalé par BPR) et Séguin (rebaptisé Génius).

Partage de contrats

 

Les faits admis par Mme Saint-Jean ne constituent pas une preuve contre les coaccusés, mais ils donnent un aperçu de la théorie de la poursuite dans ce dossier. Dès les années 2000, Robert Poirier aurait mis en place un système de partage de contrats entre Roche, Triax et Séguin.

M. Poirier a été maire de Boisbriand de novembre 1998 jusqu’à sa démission, en juillet 2005. Sylvie Saint-Jean l’a remplacé jusqu’en 2009. Elle aurait perpétué le système mis en place par ses prédécesseurs.

En début de procès, la procureure Nicole Martineau a passé en revue des contrats de 25 000 $ à 100 000 $ accordés sur invitation en 2004, principalement à Roche. À tous les coups, le comité de sélection était formé de feu Jean-Guy Gagnon (un organisateur politique de Robert Poirier), Michel Théroux (un proche de Gagnon) et Marc-André Lemire (procureur à la Cour municipale).

Trois autres coaccusés (les entrepreneurs Lino et Giuseppe Zambito et l’ex-conseiller municipal Claude Brière) doivent subir un procès séparé à une date ultérieure dans cette histoire.

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