Le Québec sous l’emprise du verglas

 Les déplacements routiers ont été compliqués par les conditions météorologiques.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir  Les déplacements routiers ont été compliqués par les conditions météorologiques.

Une couche de verglas est venue recouvrir une partie du sud du Québec, dimanche, provoquant bon nombre d’accidents sur les routes, des pannes d’électricité ayant frappé des centaines de milliers de personnes dans plusieurs secteurs de la province et des maux de tête dans les aéroports.

L’est du Canada est frappé de plein fouet par un cocktail météo mêlant neige et pluie verglaçante, ce qui complique passablement les déplacements.

Le système météorologique est qualifié de « costaud », alors que l’est du pays est affecté par une « bonne dépression hivernale », a expliqué le météorologue Bruno Marquis.

Selon ce dernier, le verglas de dimanche fera place dès lundi à du temps froid. L’air froid va pénétrer dans le territoire québécois sous l’impulsion de vents vigoureux et s’installera « confortablement » pour une dizaine de jours, faisant chuter le mercure jusqu’à -30 degrés Celsius dans certaines régions.

Nombreux foyers touchés

 

Au moment de mettre sous presse, environ 93 000 foyers étaient encore plongés dans le noir. Le verglas a aussi causé bon nombre de pannes d’électricité. En début de soirée, 150 000 foyers étaient affectés par les pannes. Selon le porte-parole d’Hydro-Québec, Serge Abegel, la majorité des clients privés de courant se situaient dans les Laurentides, la grande région de Montréal, en Montérégie, en Outaouais, ainsi qu’en Chaudière-Appalaches et au Centre-du-Québec.

« Le réseau est robuste, mais les conditions météorologiques sont très sévères et de nombreuses branches se sont brisées sur les fils électriques », a indiqué M. Abegel. Des dizaines d’équipes sont déployées pour analyser les causes de chacune des interruptions et les réparer. Questionné sur le temps nécessaire pour rétablir le courant dans tous les foyers touchés, M. Abegel a répondu qu’« il est encore trop tôt pour se prononcer », mais que « plus de 50 équipes d’Hydro-Québec sont mobilisées sur le terrain et qu’elles y resteront tant que tout ne sera pas réglé ».

Des routes dangereuses

 

La pluie verglaçante et les précipitations de neige ont causé plusieurs problèmes sur les routes québécoises.

Les patrouilleurs de la Sûreté du Québec (SQ) étaient grandement sollicités dimanche, en raison de nombreux accidents et sorties de route. Audrey-Anne Bilodeau, porte-parole du corps policier provincial, a indiqué que la SQ en dénombrait au moins une centaine sur son territoire. On ne rapportait toutefois aucun blessé grave.

 

Transport Québec a rapporté en après-midi que plusieurs routes étaient enneigées et partiellement couvertes. La visibilité était réduite en plusieurs endroits dans le centre de la province, notamment sur les autoroutes 20 et 40.

Pour beaucoup de Québécois, c’était le retour à la maison en cette fin de la période des Fêtes, et les déplacements ont été nombreux dimanche.

À Montréal, l’administration de la Ville a signalé que les opérations de déneigement et d’épandage d’abrasifs sur les quelque 10 000 km de rues et de trottoirs étaient en cours et se poursuivront toute la journée de lundi, ainsi que durant la nuit.

Conséquences pour les aéroports

 

Des dizaines de vols ont été retardés ou tout simplement annulés dimanche, dans les grands aéroports de l’est du pays.

À l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal, le porte-parole a confié en début d’après-midi qu’une cinquantaine de vols ont eu du retard au décollage et que 65 autres ont été retardés à l’arrivée. « Avant de partir, il faut aussi compter plus de temps pour le dégivrage de l’appareil, en raison de la quantité de glace sur les avions. Ça prend au moins une vingtaine de minutes. Les pistes sont cependant dégagées et l’avion peut ensuite décoller sans problème », a expliqué François Asselin, porte-parole d’Aéroports de Montréal.

À l’aéroport de Québec, mais aussi à celui de Moncton, les conditions météorologiques avaient également un impact sur les activités aéroportuaires.

Dans les Prairies, le mercure a chuté de manière radicale. Avec le refroidissement éolien, les températures ressenties frôlaient les -45 degrés Celsius dimanche après-midi.

 

« L’air de l’Arctique canadien descend sur les Prairies. C’est la nuit polaire actuellement, donc aucun ensoleillement, et, sous l’action des vents, le froid a fait son entrée dans les Prairies. Il y a de la circulation en altitude, donc une partie de cet air froid va vers le Québec », a expliqué le météorologue Bruno Marquis.

Une vague d’air arctique a aussi frappé le sud de l’Ontario dimanche soir, provoquant les températures les plus froides depuis le début de l'hiver dans la région.

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