Émouvantes retrouvailles à l'aéroport

Après 13 ans d'attente, Eunnick Josué Kakudji a accueilli son petit frère et sa petite soeur jeudi midi à l'aéroport de Québec.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Après 13 ans d'attente, Eunnick Josué Kakudji a accueilli son petit frère et sa petite soeur jeudi midi à l'aéroport de Québec.

Après 13 ans d'attente, Eunnick Josué Kakudji (surnommé Kalala) a pu accueillir son petit frère et sa petite soeur jeudi midi à l'aéroport de Québec. Les orphelins avaient été séparés par la guerre en République Démocratique du Congo (RDC).

Quand elle l'a vu, sa petite soeur de 16 ans a grimpé sur son dos, les yeux remplis de larmes. Le petit frère, un peu désorienté, suivait avec les bagages. Ézéchiel et Tanisha sont arrivés à Québec après un voyage de plusieurs jours en partance de Kinshasa.

«Merci beaucoup, merci», a répété Kalala en larmes, devant les journalistes qui étaient présents pour l'arrivée. Son frère et sa soeur qui ne parlent ni français, ni anglais, se collaient sur lui sans rien dire.

Les deux jeunes vivaient «dans une précarité assez avancée», selon Tity Dinkota, un ami de la famille qui les avait visités en 2012. «La petite était malade souvent, ils habitaient dans une sorte de cubicule avec de l'eau qui n'était pas nécessairement décontaminée. Ce n’était pas évident.»

Après avoir serré ses proches, Kalala a sauté dans les bras d'Andrée Juneau du Service d'accueil des réfugiés de Québec (SARQ) qui l'assiste depuis plus d'une décennie dans ses efforts pour réunir sa famille.

Les bénévoles de l'organisme étaient en pleurs tout comme l'équipe de la députée fédéral Annick Papillon qui les assistés dans leurs démarches.

Mme Juneau et son équipe avaient apporté des manteaux d'hiver pour les deux adolescents. On a aussi offert un ourson en peluche à la jeune fille.

Lors des conflits qui ravageaient son pays à la fin des années 1990, Kalala avait réussi à fuir vers les camps de réfugiés de la Tanzanie et immigré au Québec comme réfugié. Il croyait toute sa famille morte quand on lui a appris en 2005 que sa soeur et ses trois frères erraient seuls dans la brousse depuis la mort des parents, brûlés vifs.

Depuis, l'un des ses frères, David a été tué par balle et l'autre Jean-Patrice, n'a pas pu être parrainé en même temps que les plus jeunes parce qu'il était trop vieux pour les critères du gouvernement.

«Il en manque un», a rappelé Kalala à l'aéroport. «J'aimerais ça aussi qu'il soit là.»

À la suite d'un appel lancé dans Le Devoir par Mme Juneau lundi, le ministère de l'Immigration a annoncé cette semaine qu'il avait trouvé un recours possible pour le faire venir au Québec lui aussi en invoquant des motifs humanitaires. Kalala a officiellement envoyé une nouvelle demande au gouvernement cette semaine pour le faire venir.