Un 6 décembre tourné vers le ciel

Les activités de commémoration du 6 décembre 1989, qui rallieront des personnalités de tous les horizons politiques, culmineront dans une cérémonie à forte charge symbolique tournée vers le ciel de Montréal.

En effet, le point culminant de cette journée de commémoration sera la minute de silence observée lors de la vigile en mémoire des 14 victimes de la tragédie en fin d’après-midi, un moment de recueillement que soulignera avec force dans le ciel de Montréal la firme de conception visuelle Moment Factory.

Les organisateurs de l’événement s’abstiennent pour l’instant de donner des détails sur ce moment symbolique, mais l’allégorie aura un fort impact dans le ciel de Montréal et rendra visible à des kilomètres à la ronde ce moment clé des commémorations.

Mardi, le comité organisateur de la commémoration des 25 ans du drame de l’École polytechnique a de nouveau invité la population à se joindre à la marche aux flambeaux qui partira à 15 h du cimetière Côte-des-Neiges, tout juste après la cérémonie tenue à la place du 6-Décembre-1989.

Invités de marque

À 16 h 30, lors de la vigile « Se souvenir pour elles », retransmise en direct du chalet du Mont-Royal, plusieurs personnalités politiques seront présentes, dont Kim Campbell, première femme première ministre du Canada, Pauline Marois, présidente d’honneur du spectacle Pour elles, John Parisella, directeur de cabinet du premier ministre du Québec de l’époque (Robert Bourassa).

L’ex-maire de Montréal de l’époque, Jean Doré, atteint d’un cancer incurable et collègue de la feue ex-conseillère Thérèse Daviau — qui a perdu l’une de ses filles dans la tuerie —, aurait confirmé sa présence malgré sa maladie. Stéphanie Vallée, ministre de la Justice du Québec, Françoise David, de Québec solidaire, Véronique Hivon, du Parti québécois, et Nathalie Roy, de la Coalition avenir Québec, seront aussi de la cérémonie.

Jacques Duchesneau, officier du Service de police de la Ville de Montréal à l’époque, Martin Cauchon, ex-ministre libéral, et Dawn Black, députée néodémocrate à l’origine de la « Journée de commémoration contre la violence dirigée contre les femmes », joindront leurs voix à celles d’autres témoins de l’événement, dont Francine Pelletier, chroniqueuse au Devoir, et Monique Simard, cette dernière ciblée par la lettre de Marc Lépine, la journaliste Josée Boileau, rédactrice en chef du Devoir, et le chroniqueur Jack Todd, de la Gazette.

Après Blaney, MacKay

Pour la seconde fois en l’espace de quelques heures, un ministre conservateur a fait bondir l’opposition à Ottawa en raison de propos jugés inappropriés sur la tuerie de l’École polytechnique. Le ministre de la Justice, Peter MacKay, a déclaré mardi en Chambre qu’on ne saurait possiblement jamais pourquoi Marc Lépine a abattu 14 femmes. « Nous pourrions ne jamais comprendre ce qui s’est passé, pourquoi cela s’est passé, pourquoi ces femmes ont été ciblées dans cet horrible acte de violence », a-t-il soutenu. Abasourdi, Thomas Mulcair est revenu à la charge vers la fin de la période des questions. « Nous savons pourquoi ces femmes ont été ciblées. C’est parce que c’étaient des femmes. C’est ce que Marc Lépine a écrit dans son manifeste », a-t-il martelé, avant de réclamer au ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney, le retrait du projet de loi C-42 qui facilite l’accès aux armes à feu.