Une source d’inspiration pour Montréal

Marie Lambert-Chan Collaboration spéciale
Les cinq personnalités intronisées verront leur nom s’ajouter à la Constellation des Grands Montréalais, créée en 2012 à l’occasion des célébrations du 190e anniversaire de la CCMM. Installée dans le hall ouest du Palais des congrès, du côté du parc Riopelle, la grande murale interactive est ornée de 127 points lumineux en l’honneur des Grands Montréalais nommés depuis maintenant 36 ans. Ils seront bientôt 132.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les cinq personnalités intronisées verront leur nom s’ajouter à la Constellation des Grands Montréalais, créée en 2012 à l’occasion des célébrations du 190e anniversaire de la CCMM. Installée dans le hall ouest du Palais des congrès, du côté du parc Riopelle, la grande murale interactive est ornée de 127 points lumineux en l’honneur des Grands Montréalais nommés depuis maintenant 36 ans. Ils seront bientôt 132.

Ce texte fait partie du cahier spécial Grands montréalais 2014

Comme chaque année, l’Académie des Grands Montréalais s’apprête à accueillir dans ses rangs quatre nouveaux membres ayant contribué de façon remarquable à la vie économique, culturelle, sociale et scientifique de la métropole : l’icône du jazz Oliver Jones, l’entrepreneur Alvin Cramer Segal, le fondateur de la clinique médicale l’Actuel le Dr Réjean Thomas et la professeure spécialisée en droit médical et en éthique biomédicale Bartha Maria Knoppers. Exceptionnellement, un cinquième nom s’ajoute à la prestigieuse liste, celui de l’économiste et homme d’affaires Marcel Côté, mort le 25 mai dernier à l’âge de 71 ans.

« À la suite de son décès, j’ai reçu énormément de messages me disant qu’on venait de perdre un grand Montréalais, dit Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), l’organisme responsable de l’hommage aux Grands Montréalais. Habituellement, nous souhaitons célébrer les gens de leur vivant, mais parfois, les circonstances de la vie en décident autrement. Nous avons donc soumis aux membres de l’Académie l’idée d’honorer Marcel Côté à titre posthume. La réponse a été positive à l’unanimité ! » Il pouvait difficilement en être autrement, puisque Marcel Côté était reconnu pour son amour sans bornes pour la métropole et ses efforts inlassables pour en améliorer toutes les facettes.

La seule et dernière fois qu’une personnalité a été décorée après son décès, c’était en 1978, lors de la création de l’Académie des Grands Montréalais. Il s’agissait d’Iole Appugliese, une enseignante d’origine grecque qui a travaillé dans un quartier extrêmement pauvre de Montréal toute sa carrière et qui, malgré tout, a su tirer des résultats extraordinaires de ses élèves.

Des gens connus… et moins connus

Les Grands Montréalais sont élus au terme d’un processus de sélection éclairé et rigoureux, puis d’un vote secret tenu entre les académiciens. Les individus choisis sont souvent connus du grand public. C’est le cas d’Oliver Jones et du Dr Réjean Thomas. Malgré la gloire, le premier n’a jamais oublié Montréal. « On le voit quand il est en spectacle ici. On sent qu’il est chez lui », déclare M. Leblanc. Quant au second, « il n’a pas été aussi honoré qu’il aurait dû l’être », selon le président de la CCMM. « Le Dr Thomas a été celui qui nous a mobilisés pour lutter contre le sida à une époque où cette maladie n’était pas à l’avant-plan, fait-il remarquer. Sa nomination comme Grand Montréalais souligne son rôle déterminant, mais rappelle aussi que cette bataille est loin d’être gagnée, comme le démontre la réémergence de certains comportements sexuels à risque chez les jeunes. »

Parmi les Grands Montréalais, il y a aussi des travailleurs de l’ombre ou des personnalités plus réservées dont le travail est non moins important. « C’est aussi à cela que sert l’Académie : attirer l’attention sur des individus qui sont moins célébrés sur la place publique, signale Michel Leblanc. Je pense entre autres aux scientifiques. C’est notre façon de reconnaître la ville de savoir qu’est Montréal et l’excellence de ses chercheurs. » Bartha Maria Knoppers en est un parfait exemple, selon M. Leblanc, qui la qualifie de « championne planétaire de l’éthique ». Cette juriste de renommée internationale et professeure à l’Université McGill a entre autres mis sur pied la biobanque québécoise CARTaGENE.

Moins connu que les précédents Grands Montréalais dans la catégorie économique — on pense notamment à Lise Watier et à Lino Saputo — Alvin Cramer Segal reste un homme très admiré dans le milieu des affaires. Il est président et chef de la direction des Vêtements Peerless Inc., le plus grand manufacturier de vêtements pour hommes en Amérique du Nord. Il est aussi le président du conseil d’administration du Centre Segal des arts de la scène. « Ce qu’il a accompli au cours de sa carrière est absolument remarquable, mais il a toujours oeuvré dans la discrétion », dit Michel Leblanc.

La récompense de la persévérance

Les cinq personnalités intronisées verront leur nom s’ajouter à la Constellation des Grands Montréalais, créée en 2012 à l’occasion des célébrations du 190e anniversaire de la CCMM. Installée dans le hall ouest du Palais des congrès, du côté du parc Riopelle, la grande murale interactive est ornée de 127 points lumineux en l’honneur des Grands Montréalais nommés depuis maintenant 36 ans. Ils seront bientôt 132.

« Avec le temps, on espère que les Montréalais et les visiteurs s’inspireront de ces grands noms qui ont contribué à faire de notre métropole ce qu’elle est aujourd’hui et ce qu’elle sera demain, déclare Michel Leblanc. On veut leur montrer ce que peuvent apporter l’audace et la patience. La réussite de nos académiciens est rarement instantanée. C’est souvent l’oeuvre d’une vie. À une époque où les gens rêvent d’être célèbres du jour au lendemain, je pense qu’il est nécessaire d’insister sur l’importance de la persévérance. Au bout du compte, c’est ce qui permet de véritablement changer les choses. »

 

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