50 % des travailleurs qualifiés ont été refusés en 2014

La plupart des travailleurs qualifiés candidats à l’immigration sont issus de la classe moyenne de pays émergents.
Photo: Hongqi Zhang - Hemera La plupart des travailleurs qualifiés candidats à l’immigration sont issus de la classe moyenne de pays émergents.

D’ici 2021, on estime que le Québec devra trouver environ 1 million de travailleurs qualifiés pour combler les emplois et les départs à la retraite. Or, selon un document obtenu par Le Devoir, 52 % des demandes d’immigration des travailleurs qualifiés ont été rejetées ou refusées entre le début de l’année et le 30 septembre 2014. En 2013, seulement 35 % des demandes avaient plutôt subi le même sort.

L’Association québécoise des avocats et des avocates en droit de l’immigration (AQAADI) estime que cette hausse de refus est « très troublante. » La plupart des demandes d’immigration des travailleurs qualifiés sont souvent rejetées pour des motifs jugés « injustifiés et futiles. » « On demande des documents qui n’existent pas, on refuse pour un oui et un non, pour une virgule mal placée, pour un sceau mal traduit et au lieu de donner une chance au candidat, on rejette son dossier », déplore le président de l’AQAADI, Jean-Sébastien Boudreault.

En fait, selon les documents obtenus, le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion a rejeté 37 % des 19 300 dossiers examinés et refusé 15 % des dossiers en date du 30 septembre 2014. En 2013, 18 % des 24 500 dossiers examinés avaient été rejetés et 17 % refusés pour l’ensemble de l’année 2013. M. Boudreault explique que les agents socio-économiques du ministère rejettent les dossiers, avant même qu’ils soient analysés, dès qu’un document est non conforme ou manquant. Si le dossier est analysé, les agents peuvent le refuser si le candidat n’obtient pas les points requis (en matière de langue par exemple) pour être admissible au Québec.

« Le pire, c’est le rejet des demandes. On peut rejeter un dossier parce que le sceau est en français et en arabe et on demande à ce que la partie en arabe soit traduite. Mais elle l’est déjà, pourquoi devrait-on la retraduire ? », illustre Me Boudreault. Des exemples comme celui-ci, l’AQAADI en a recensé plus d’un au cours des derniers mois. Des avocats consultés par Le Devoir ont noté que des dossiers de travailleurs étrangers ont été rejetés parce que des sceaux du gouvernement étrangers comportaient seulement des symboles. Des demandes ont été rejetées parce que des documents originaux ont été fournis plutôt que des copies certifiées conformes. Des dossiers ont aussi été rejetés parce que les candidats n’ont pu soumettre les relevés de notes certifiés de leurs études secondaires, alors qu’ils ont des diplômes universitaires.


« On fait un zèle excessif qui prive le Québec d’excellents candidats à l’immigration. Parce qu’il ne faut pas se mettre la tête dans le sable, on en a besoin de cette force qualifiée »,souligne M. Boudreault qui ajoute que plus de 50 % des dossiers de gens d’affairesont aussi été refusés ou rejetés depuis le début de l’année. À vrai dire, 35 % des demandes ont été rejetées et 19 % refusées.

Cette situation inquiète l’AQAADI d’autant plus que la majorité des dossiers des gens d’affaires sont des investisseurs qui paient 10 000 $ pour leur demande depuis le 1er août 2013. « Ces immigrants amènent de l’argent, mais on les rejette sur des détails techniques et en plus, on encaisse les 10 000 , indique Me Boudreault qui trouve que cette façon de faire est quasiment de « l’enrichissement injustifié. » Il rappelle que ces gens d’affaires sont multimillionnaires et ne viennent pas au Québec « voler des emplois », comme le veut la croyance populaire, mais bien pour investir dans l’économie d’ici. « Si on ne fait pas les choses comme du monde, on risque de perdre des ressources importantes. Les cerveaux vont aller ailleurs, dans des pays où il est plus facile d’immigrer parce que la compétition est féroce », dit-il.

Règles resserrées

Au ministère de l’Immigration, le porte-parole Jonathan Lavallée reconnaît que les règles d’acceptation des dossiers d’immigration des travailleurs qualifiés et des gens d’affaires ont été resserrées ces dernières années. Dans la foulée du rapport du Vérificateur général publié en 2010-2011, le gouvernement a revu ces règles après que des lacunes ont été relevées. « Il a fallu être plus rigoureux et uniforme », mentionne M. Lavallée. « S’il manque un document ou s’il n’est pas conforme, ils ont 90 jours pour le fournir, sinon le dossier est fermé », dit-il en ajoutant que les agents évaluent tout de même les dossiers au cas par cas.

Me Boudreault précise que seuls les travailleurs qualifiés et les gens d’affaires dont les dossiers sont refusés bénéficient de 90 jours pour faire une demande de révision administrative. Ils n’ont, par contre, que 60 jours pour faire parvenir les documents manquants. « Mais quand les dossiers sont tout de suite rejetés, il n’y a aucun recours à part aller dépenser des milliers de dollars en Cour supérieure. Et les travailleurs qualifiés, ce ne sont pas nécessairement des travailleurs fortunés qui ont les moyens de s’embarquer dans une bataille juridique », note-t-il.La plupart des travailleurs qualifiés sont issus de la classe moyenne des pays en émergence tels que la Chine, l’Iran, l’Algérie ou encore des pays d’Afrique de l’Ouest.

Le porte-parole du ministère tient toutefois à dire que le gouvernement du Québec va accueillir encore cette année environ 50 000 immigrants. M. Lavallée souligne aussi que, dans le plan annuel de l’immigration pour 2015, « la part de l’immigration économique représentera 65 % de l’ensemble des immigrants, soit la même proportion que celle ciblée pour 2014 ». Dans ce plan, le nombre de travailleurs qualifiés se situerait entre 25 500 et 27 000 et il y aurait entre 5000 et 5200 immigrants acceptés parmi les gens d’affaires.

42 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 12 novembre 2014 04 h 25

    Emplois

    Je veux bien comprendre la position de l’AQAADI, sauf que des emplois... y en a pas ici. Des gens, ce n'est pas comme des rapports, tu ne peux pas mettre ça sur une tablette.

    Bonne journée.

    PL

    • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 12 novembre 2014 08 h 12

      La vie n'est pas qu'emploi ou revenu. Depuis plusieurs années, un proportion importante de jeunes garçons quitte massivement l'école sans finir son secondaire V. Beaucoup d'entre eux ne reviendront pas à l'école et délaisseront rapidement la lecture et l'écriture. Au bout de quelques années, beaucoup seront tout au plus capables de décoder les mots et les chiffres. Les problématiques économiques, environnementalles et sociales compliquées et complexes les intéresseront-ils ? La société civile a besoin de gens biens formés et culturellement ouverts et beaucoup immigrants le sont quasiment par définition. Merci. Il est malheureux que les pays les ayant vu naître et intruire les voient ainsi partir. Nous sommes chanceux que ces immigrants viennent chez nous. Le Québec et le Canada sont heureusement des pays d'immigration depuis plusieurs siècles et ils ne s'en sont que mieux tirés.

    • Yves Gingras - Inscrit 12 novembre 2014 08 h 16

      Il suffit de faire le tour des secteurs de pointe pour constater qu'il y a une pénurie de main-d'oeuvre qualifiée au Québec (jeux vidéo, informatique, infirmières, finance,assurance... Même les agriculteurs manquent d'employés. Les Québécois francophones préfèrent etudier en sciences humaines ou décrochent avant la fin du secondaire puis ils se plaignent que les immigrants volent leurs jobs.

    • Christian Fleitz - Inscrit 12 novembre 2014 10 h 06

      Pas d'emplois ici ? Ce n'est justement pas ce qu'à terme l'étude citée révèlerait. Il ne faut pas attendre d'être confronté à une pénurie de main d'œuvre, facteur de régression économique, pour réagir. Cela posé, c'est vrai qu'une communauté comportant près de 50% d'analphabètes fonctionnels n'est pas bien armée pour susciter des emplois qualifiés qui réclament des compétences théoriques. La solution à cette carence la plus simple relève évidemment d'un apport extérieur ; une partie de la solution, sans doute la meilleure pour les québécois, serait un investissement dans une lutte pour l'alphabétisation et la formation de façon à répondre le plus possible à l'interne à la demande prévisible de main d'œuvre. Pour intéressante qu'elle soit, une telle décision contredirait la volonté idéologique de la liquidation la plus rapide du déficit public du gouvernement soumis aux diktats néolibéraux qui ne considèrent que la recherche du profit pour les actionnaires. Par ailleurs, il serait absurde de profiter de compétences différentes, existant ailleurs qu’au Canada. La bonne solution serait donc un panachage entre formation des actifs québécois et immigration. Enfin, les abus ‘’courtelinesque’’ de l’administration dénoncés par l’AQAADI, sont indignes et inacceptable.

    • Michel Vallée - Inscrit 12 novembre 2014 12 h 35

      @Yves Gingras

      «il y a une pénurie de main-d'oeuvre qualifiée au Québec »

      Dans ce cas, où sont les offres d'emplois ?

    • David Chalk - Inscrit 12 novembre 2014 13 h 28

      Le MIDI et Emploi-Québec ont établi une liste de 44 professions pour lesquelles il existe une pénurie au Québec: http://www.immigration-quebec.gouv.qc.ca/fr/employ Cette liste est mise à jour sur une base annuelle. Cette liste comprend ingénieurs, enseignants, médecins et infirmières, mécaniciens et réparateurs de véhicules, développeurs web, etc.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 12 novembre 2014 16 h 55

      Monsieur Lusignan, si vous avez remarqué que nombreux sont les immigrants diplômés, c'est tout simplement à cause des critères élevés de la politique d'immigration, et que seuls ceux qui ont les moyens et qui font partie de la classe aisée de leurs pays d'origine peuvent se permettre d'immigrer. Car la réalité est que ces immigrants viennent de pays où la vaste majorité est très pauvre et illettrée, et cela n'est pas prêt de changer. Je sens beaucoup de mépris de votre part à l'égard des Québécois peu ou pas qualifiés et ne possédant pas de diplômes répondant aux exigences du marché. Tout comme nous devons démontrer de la compassion pour les pauvres dans le reste du monde, il faut se rappeler que charité bien ordonnée commence par soi-même. Or, plutôt que d'investir dans la capital humain intérieur, on ouvre les frontières. Et parlant d'être "culturellement ouverts", les immigrants ne le sont pas plus, sinon moins que les Québécois. Votre généralisation au sujet des deux groupes est déconcertante.

    • Yves Gingras - Inscrit 12 novembre 2014 19 h 18

      @michel vallée
      Un exemple précis. Www.prosdelassurance .ca. Vous y trouvez ces centaines d'offres d'emplois.
      J'enseigne dans un programme technique au Cégep et le taux de placement de mes étudiants est de 100 pour cent.

      Informez-vous.

  • François Ricard - Inscrit 12 novembre 2014 05 h 35

    Un million de travailleurs qualifiés??????

    Une proportion importante des chômeurs de la région de Montréal, presque 50%, est issue de l'immigration.
    N'y aurait-il pas lieu, sinon de cesser toute immigration, au moins de la diminuer de 50% pour les deux ou trois prochaines années. Le temps de demander à des experts ( démographe, sociologue, économiste) de répondre à quelques questions extrêmement importantes:
    ---Avons-nous besoin de l'immigration?
    ---Si oui, de quels types d'immigrants avons-nous besoin?
    ---Quelles sont les conditions essentielles pour une intégration efficiente des immigrants reçus?
    Jamais, ni les gouvernements, ni les organes d'information, ni les universitaires n'ont-ils pris le temps d'aborder ces questions.
    Aucune étude systémique de ce phénomène, tant au niveau canadien que québécois, n'existe.
    Tout le monde dit que nous avons besoin de l'immigration. Les journalistes le disent. Les politiciens le disent. Les hommes d'affaires le disent. Ça doit être vrai. Pendant des centaines d'années, les médecins, les charlatans, tout le monde disait que, quand un malade était fiévreux, il fallait le saigner afin de le débarrasser des mauvais germes qui étaient en lui. Jusqu'à ce qu'un chercheur se pose la question et découvre que c'était la pire chose que l'on pouvait faire à quelqu'un qui est fiévreux.
    Il y a des questions qu'il faut se poser....surtout quand on ne connaît pas les réponses.

    • Yves Gingras - Inscrit 12 novembre 2014 08 h 19

      Justement, il faudrait peut-être faciliter la tâche des immigrants qualifiés plutot que d'accepter des immigrants qui ont moins de chances de s'intégrer au marché du travail. De toutes façons , nous vivons dans un état de droit qui fait notre fierté. Il faudrait refuser des candidats pour les vrais raisons et non pour des peccadilles bureaucratiques.

    • François Laforest - Abonné 12 novembre 2014 08 h 31

      Excellents points soulevés ici ! L'immigration est un sujet tabou pour lequel le Québec à le dos (très) large donc un peu plus de quantification de données vérifiables serait apprécié.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 12 novembre 2014 08 h 43

      Au contraire, tout a été minutieusement planifié, mais pour bien comprendre les motifs derrière cette immigration massive, il faut connaître les politiques néolibérales et la mondialisation, et les objectifs gouvernementaux, qui ne sont pas conçus pour résoudre les problèmes sociaux-économiques intérieurs.

    • Jean-François Trottier - Inscrit 12 novembre 2014 09 h 20

      Ces questions sont intéressantes. Pour la plupart on leur a déjà répondu... il y a longtemps.
      Elles soulèvent un autre point, tout aussi intéressant : si on a besoin de tant dd travailleurs qualifiés, ont a tout autant beasoin de nouveaux ingénieurs et gestionnaires, surtout tenant compte du départ à la retraite du baby-boom.
      Donc, faciliter les études universitaires. Non, pas en simplifiant l'examen de français!! En conservant des frais bas, sinon en rendant les études au bacc absolument gratuites. Ben oui.
      Dans notre régime fiscal les corporations ne paient presque rien et sont celles qui profitent le plus de l'éducation... Autre débat.

    • Paul Gagnon - Inscrit 12 novembre 2014 10 h 04

      Avec la «gauche» et la «droite» qui convergent toutes deux vers une mondialisation sans limites, sans frontières c'est le cas de le dire, il ne faut pas rêver en couleur. Les jeux sont faits. Il faut tout niveler vers le bas, y compris l’héritage... sauf pour le 1% de la finance et le 1% de la gauche caviar.

    • Cyril Dionne - Abonné 12 novembre 2014 19 h 07

      D'accord avec vous M. Ricard. On nous parle d'un besoin grandissant de la main d'œuvre immigrante alors que nos diplômés d'ici (plus de 200 000) n'ont même pas d'emploi selon notre gourou économique de la Banque du Canada, Stephen Poloz, fier défenseur du bénévolat. Il parle même d'une génération perdue à laquelle on leur avait dit d'aller chercher les formations et les diplômes nécessaires pour bien s'intégrer au marché du travail. Avec la présente conjoncture économique où les taux d'intérêts peuvent augmenter de façon drastique à l'improviste, on parle bien plus qu'une génération bardée de diplômes qui sera perdue. Les seuls emplois sont pour les professeurs dans les universités qui produisent des formations universitaires sans que la demande soit là. On a carrément menti aux étudiants diplômés.

      Alors, on en revient toujours à notre néolibéralisme, style gouverneur de la Banque du Canada, qui fait une promotion acharnée de la mondialisation à voie unique en étant un fervent défenseur de la libre circulation de biens et services et de l'immigration de masse pour assouvir les besoins de nos multinationales intercontinentales qui veulent toujours plus de profits. L'avantage de l'immigration pour les entreprises est qu'elles peuvent recevoir une main d'œuvre peu dispendieuse, pliante et sans remous de syndicalisme pour pouvoir maximiser les profits. Ensuite, lorsqu'il y a une certaine émancipation des travailleurs, on les rejette tout simplement dans le filet social de la société et on en prend d'autres.

      Personne ne pose de questions sur une immigration qui semble superflue de peur d'être accusé de xénophobie ou bien pire, de racisme. Et nous continuons à mettre notre tête dans le sable pensant que la mondialisation rime avec notre bien être.

      Ridicule.

    • Johanne Bédard - Inscrite 12 novembre 2014 20 h 04

      Monsieur Ricard,

      Comme vous avez raison. Il est impératif que les gouvernants, quels qu'ils soient, réfléchissent avant d'émettre des lois archaïques, qui ramènent le Québec à l'ère Duplessiste.

      L'égo des dirigeants est tel, qu'ils en sont aveuglés et ne voient plus que les signes de dollars. De plus, comme le BIEN COMMUN de ceux qui les élisent est le « plus que » dernier de leurs soucis. Ceux-ci ne réfléchiront pas pour trouver des solutions durables, équitables et de type « social ».

      Il est beaucoup plus laborieux, dispendieux et astreignant de se poser la question : que pourraient-ont faire, nous, au pouvoir, pour diminuer de façon significative le super décrochage scolaire de nos enfants ? Non ! On ne se creusera pas la tête pour l'éducation. il faut tyromper la population pour ne pas qu'elle nous demande des comptes. Alors, allons vite, votons des lois l'été quand la population est en vacances ou à la rentrée scolaire ; ainsi, il y a moins de constation et nous avons le champ libre pour faire ce qu'on veut...

      ll est inadmissible dans notre province industrialisée, que le taux d'analphabètes soit si élevé ; c'est une honte. Il y a des gens au pouvoir qui ont pratiqué le laxisme et la paresse ! Ce n'est sûrement Jean Lesage, Paul-Gérin Lajoie, René Lévesque et compagnie.

      Plutôt que d'ouvrir grand les portes de l'immigration, commençont donc par nous occuper de nos jeunes qui ne s'instruisent pas. Forçons nos méninges afin d'intéresser les jeunes à l'école, à commencer par changer la façon de « faire l'école » et de l'adapter aux enfants...

      Les politiciens sont tellement assoiffés de pouvoir, qu'ils se centrent sur leur nombril afin de bien servir leurs intérêts et ceux de leurs amis bien nantis. Et pendant ce temps, tout est en train de s'en aller aux mains de grosses compagnies étrangères et l'argent se paradisfiscalise. Pas étonnant que nous soyons « apparemment ...» dans le rouge. Je ne sais pas ce qu'attendent les petits et lrs moyens pou

  • Jocelyne Lapierre - Inscrite 12 novembre 2014 08 h 03

    Entre réalité et exigences néolibérales

    La classe des travailleurs québécois fait face à une situation précaire, alternant constamment entre emplois précaires et chômage. Cette nouvelle est risible, tant elle fait fi de la réalité et du marché de l'emploi qui se porte très au Québec.

    Le souhait des grandes entreprises et des industries d'avoir accès à un plus grand nombre de main-d'oeuvre n'a pour seul but que d'affaiblir encore plus le pouvoir des syndicats et des ouvriers.

    On n'en parle peu ou jamais, d peur de se faire traiter de raciste, mais dans plusieurs types d'emplois, les conditions de travail se sont gravement détériorés, les employeurs ayant accès à une main-d'oeuvre abordable et peu exigeante, récemment établie au Canada. Par exemple, les emplois en comptabilité et en technologie. Dès que cette main-d'oeuvre devient un tant soit peu exigeante et revendique des droits et conditions de travail plus "canadiens", les employeurs les remplacent par de nouveaux arrivants plus que volontaires pour occuper les mêmes postes à moindre frais... ce processus se fait insidieusement, mais parfois très audacieusement, comme ce fut le cas à la RBC, l'année dernière, qui avait remplacé des employés canadiens en technologie par des employés fraîchement recrutés en Inde, par l'intermédiaire d'une agence de recrutement indienne. Ces employés ont non seulument remplacé des employés canadiens déjà en poste, mais on avait exigé de ces derniers de former leurs remplaçants.

    • Cyril Dionne - Abonné 12 novembre 2014 19 h 17

      Excellent commentaire Mme Lapierre.

  • Gaetan Dupont - Inscrit 12 novembre 2014 08 h 28

    Au sujet de notre système d'éducation

    Est-ce parce que nous n'arrivons pas à former nos jeunes, que nous devons nous rabattre sur l'immigration pour combler nos besoins en travailleurs qualifiés?
    Ne pourrait-on pas former nos citoyens nés ici?
    Remarquez, je n'ai rien contre quiconque venu d'ailleurs pour s'intégrer à nous. Je connais pas mal de gens qui parlent français québécois et qui ont un prénom français avec un nom de famille qui ne sonne pas Nouvelle-France.

    Mais je répète, pourquoi n'arrivons nous pas à former nos gens?

  • gilbert trudel - Inscrit 12 novembre 2014 08 h 35

    En conflit d’intérêt l'AQAADI

    Le Québec reçoit actuellement 50 000 immigrants par année. En forte hausse depuis quelques années. Si on suivait les conseils de l'AQAADI, ses membres sont payés pour leur services d'avocats, on passerait à 100 000.

    Le taux de chomage est de 7.7 % actuellement. Le Québec a perdu 30 000 emplois l'an dernier. Les principaux touchés sont les jeunes et... les immigrants.

    Le Devoir pourrait-il faire preuve d'un peu de discernment plutot que d'avaler tout cru les "talking memo" de l'AQAADI

    • Jean-François Desmarais - Abonné 12 novembre 2014 12 h 32

      Je ne vois pas de conflit d'intérêt, un intérêt assurément, mais pas de conflit. L'AQAADI fait de l'argent avec les immigrants, tant mieux pour eux.
      Ce qu'on apprend dans l'article, c'est que les immigrants ne sont pas refusés pour les bonnes raisons. Si l'objectif est de limiter l'immigration, qu'on s'assume et impose des limites annuelles d'immigrants. L'AQAADI fera moins d'argent, tant pis pour eux. Par contre, refuser de lire un dossier pour des virgules mal placées, c'est laisser le hasard s'organiser avec notre avenir.

    • gilbert trudel - Inscrit 12 novembre 2014 15 h 23

      D'accord pour les virgules. Mais c'est plus que les virgules qui sont en cause dans ce genre d'article. C'est un véritable écran de fumée pour d'autres objectifs beaucoup moins valables.

      L'AQAADI ne travaille que pour augmenter la grosseur de son assiète à beure. Si l'AQAADI pouvait faire admettre 1 millions d"immigrants par année, il le ferait.

      L'intéret des travailleurs du Québec dans une immigration controlée et choisie n'est pas au centre de ses préoccupations.