La FTQ-C se dit libre de toute influence criminelle

L'avocat Robert Laurin a qualifié l’homme fort de la centrale sur la Côte-Nord, Bernard Gauthier, de véritable « Robin des Bois » pour sa région.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L'avocat Robert Laurin a qualifié l’homme fort de la centrale sur la Côte-Nord, Bernard Gauthier, de véritable « Robin des Bois » pour sa région.

La FTQ-Construction (FTQ-C) n’est pas infiltrée par le crime organisé. La violence et l’intimidation sur les chantiers sont anecdotiques. Et Bernard Gauthier est un véritable « Robin des Bois » pour la Côte-Nord.

L’avocat de la puissante centrale, Robert Laurin, s’est vidé le coeur mardi dans ses remarques finales à la commission Charbonneau. « Le crime organisé n’a pas infiltré la FTQ-Construction et il ne [la] contrôle pas », a dit Me Laurin.

« Il n’y en a pas, de crime organisé à la FTQ-Construction. Ils ne contrôlent rien. Ce n’est pas là qu’est l’argent. Ce n’est pas là que ça se passe. On vit […] avec les démons du passé », a-t-il déploré.

Du même souffle, Me Laurin a banalisé l’ampleur de la discrimination syndicale et de l’intimidation sur les chantiers. « La FTQ-C, ce n’est pas un club de “ tricoteuses ”, mais il n’y a pas de violence physique. »

Il a qualifié l’homme fort de la centrale sur la Côte-Nord, Bernard Gauthier, de véritable « Robin des Bois » pour sa région.

Me Laurin s’est plaint à de nombreuses reprises d’un vent « antisyndical » et « anti-FTQ » qui est délétère. « La chasse aux sorcières doit cesser », a-t-il lancé.

Paix syndicale

Il a servi une mise en garde à la commission Charbonneau, en expliquant que des recommandations trop sévères risqueront de perturber la paix syndicale dans l’industrie. « Les syndicats de la construction sont une entité de valeur. Ça ne donne rien de se lancer dans la guerre et de développer des conflits. Ce n’est pas une avenue », a dit Me Laurin.

L’avocat de la centrale n’a même pas pris la peine de condamner les agissements de l’ancien directeur général de la FTQ-C, Jocelyn Dupuis. Le fraudeur ne s’est jamais caché de ses liens avec des membres du crime organisé.

« Il y a des gens dans la structure qui ont fréquenté des gens du crime organisé, on ne peut pas passer ça sous silence, a-t-il concédé. L’erreur, c’est d’avoir développé des relations personnelles avec eux. »

La désinvolture de l’avocat a surpris la juge France Charbonneau. « Il n’y a pas de problème de faire affaire avec le crime organisé pourvu qu’il respecte les conventions collectives. C’est ce que vous prétendez ? », lui a-t-elle demandé.

Me Laurin a répondu par la négative, mais il n’a rien fait pour dissiper le malentendu tout au long de son plaidoyer.

De son côté, le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International) a rappelé que la corruption et la collusion étaient le fruit des entrepreneurs, et non des syndiqués. L’avocat de l’International, André Dumais, a rejeté l’idée d’une réforme de fond en comble de l’industrie québécoise, qui est la plus productive au pays.

Lucidité à l’ACQ

À l’inverse, l’Association de la construction du Québec (ACQ) a reconnu que les travaux de la commission Charbonneau avaient mis en relief « le côté obscur d’une magnifique industrie ».

Selon l’avocat de l’association patronale, Pierre Hamel, personne ne peut ignorer les problèmes de corruption, de collusion et d’infiltration du crime organisé qui affligent l’industrie. Les entreprises sont confrontées à deux choix, selon l’ACQ : faire du problème ou de la solution.

L’ACQ en appelle à un « changement de culture » dans l’industrie. Elle préconise une surveillance accrue, un programme de certification volontaire des entreprises, une uniformisation des règles d’octroi des contrats et une meilleure planification des travaux en amont.

Le Fonds au-dessus de la mêlée

Le Fonds de solidarité FTQ rejette tout blâme pour l’infiltration du crime organisé dans l’industrie de la construction. Le Fonds n’a jamais investi dans les dossiers de Carboneutre et de L.M. Sauvé, deux sociétés contrôlées respectivement par le caïd Reynald Desjardins et le Hells Angels Normand Ouimet. L’avocat du Fonds, André Ryan, l’a fièrement rappelé dans ses remarques finales à la commission Charbonneau. Selon Me Ryan, le Fonds a réussi, avec les moyens à sa disposition, « à résister et à se défendre contre l’infiltration du crime organisé ». Le resserrement des règles de gouvernance, à partir de 2009, a permis de rendre l’institution encore plus étanche.
6 commentaires
  • Francois Parent - Inscrit 12 novembre 2014 06 h 12

    FTQ Syndicat de la honte

    Je suis pas confortable avec le syndicat de la FTQ j'ai honte.

  • François Dugal - Inscrit 12 novembre 2014 07 h 55

    Patinage de fantaisie

    Me Laurin effectue avec une habileté consommée le double Axel avec vrille inversée de la langue tordue des disciples de Thémis, ce que le monde ordinaire appelle tout simplement le mensonge.
    Cette attitude ne s'appelle-t-elle pas le "mépris de cour"?

  • Marc Drouin - Abonné 12 novembre 2014 09 h 53

    C'est mal partie...

    Dire que le dirigeant de cette organisation veux bloquer la route à Pierre Karl Péladeau s'il se présente à la course à chefferie.

    Disons simplement que c'est mal partie. Surtout lorsqu'on a un avocat comme Maître Laurin. "Avec de pareils "amis" pas besoin d'ennemis."

  • André Michaud - Inscrit 12 novembre 2014 09 h 58

    Aucune crédibilité

    La FTQ n'a plus aucune crédibilité . Tous ont vu la collusion évidente lors de la comision Charbonneau!

    Si il y avait un sondage à ce sujet les chiffres seraient très révélateurs...

    Et ils osent critiquer nos élus , eux qui ont un chef de centrale qui ne fut jamais élu par les membres , après des débats démocratiques (comme un pape !! ) .

    La FTQ qui a bousillé la syndicalisation des Mc Do car elle a des actions dans la compagnie...!!

    Que reste t'il de l'esprit qui doit animer le syndicalisme ? Rien !

    • Jean-Sébastien Rozzi - Inscrit 12 novembre 2014 12 h 43

      Petites corrections :

      « Et ils osent critiquer nos élus , eux qui ont un chef de centrale qui ne fut jamais élu par les membres , après des débats démocratiques (comme un pape !! ) . »
      La présidence de la FTQ est élue en Congrès, qui rassemble les délégué-e-s des sections locales. Évidemment, s'il n'y a qu'une candidature, elle est élue par acclamation.
      Connaissez-vous des patrons qui ont été élu par leurs employé-e-s ?

      «La FTQ qui a bousillé la syndicalisation des Mc Do car elle a des actions dans la compagnie...!! »
      Si c'est vraiment le cas, alors oui c'est une très grave faute.
      Mais vous en concluez:
      « Que reste t'il de l'esprit qui doit animer le syndicalisme ? Rien ! »
      Conclusion où vous généralisez certains agissements reprochables voire déplorables de la FTQ (mais elle peut bien agir aussi et sa présence est pertinente) à tout le mouvement syndical. Doit-on, par exemple, généraliser à l'ensemble du patronat l'attitude foncièrement méprisante de Bouchard de Couche-Tard envers ses salarié-e-s ou celle de l'avidité criminelle du patron de la MMA envers la population de Lac Mégantic ?

    • André Michaud - Inscrit 12 novembre 2014 16 h 29

      @M.Rozzi

      Les présidents des centrales syndicales sont élus en congrés par les président de sections, pas par les membres, et ces derniers ne sont pas démocratiqument consultés avant que les présidents de sections vont voter. Je l'ai véçu pendant 35 ans...

      Exactement comme le pape qui est élu par les cardinaux, qui ne consultent jamais les fidèles avant de se voter un pape. Et par le même type de paternalisme.

      Il faut vraiment donner le pouvoir aux membres et leur laisser choisir le président de la centrale , apres de véritables débats démocratiques sur quel type de syndicalisme EUX veulent.

      Je crois que le Syndicat des Professionnels du Gv du Québec est le seul syndicat qui permet à ses membres de choisir leur chef de centrale. Une loi devrait obliger tous les syndicats à laisser démocratiquement les membres chosir leur chef de centrale.

      Un syndiqué au Québec peut voter pour le premier ministre qu'il veut, mais pas pour son président de centrale.

      Et voila qu'un premier syndicat veut décider de qui peut se présenter comme chef du PQ !!!

      Qui a peur de la démocratie ? Et pourquoi ?