Appel à lutter contre les intégristes

Omar Koné
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Omar Koné

La communauté musulmane doit lutter plus activement contre les intégristes, selon l’imam montréalais Omar Koné. Mais pour ça, elle a besoin d’aide.

« On ne surveille pas le discours religieux, on ne met pas au banc des accusés des gens pour avoir dit et encouragé telle ou telle chose, déplore-t-il. Je pense que ça va maintenant changer avec [les événements tragiques] de Saint-Jean-sur-Richelieu. »

Même si la communauté musulmane de Montréal n’a rien à voir avec cette attaque ou avec celle du parlement d’Ottawa, le temps est venu pour elle d’agir, selon lui. « Nous sommes extrêmement en retard. Cela fait une dizaine d’années au moins que, chaque fois que je rencontre des politiciens, je le leur rappelle. »

Le cheikh Omar Koné dirige le centre soufi de Montréal. Très ouvert au dialogue avec la communauté non musulmane, il avait même participé à l’émission Tout le monde en parle en 2007. Ces dernières années, il a multiplié les ouvertures par des conférences et même des formations sur l’islam pour les apprentis policiers.

À son avis, 99,9 % de la communauté musulmane ne « partage absolument pas » l’idéologie de Martin Couture-Rouleau qui a tué un militaire, l’adjudant Patrice Vincent, au nom d’Allah la semaine dernière, à Saint-Jean-sur-Richelieu. Mais cette communauté doit sévir davantage contre la minorité qui prêche la violence.

Au lendemain de l’attaque d’Ottawa, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, avait tendu la main à la communauté musulmane pour lutter à la fois contre les doctrines fondamentalistes et le risque de voir la communauté stigmatisée.

L’imam rappelle qu’à l’époque où Lise Thériault était ministre de l’Immigration, elle avait constitué une sorte de comité qui se réunissait régulièrement pour discuter de ces enjeux. Or, cela avait été mis de côté après son départ du ministère.

Il existe des institutions musulmanes, comme le Conseil des imams ou le Conseil musulman de Montréal, mais on les entend peu à l’extérieur de la communauté elle-même. Cela pourrait s’expliquer en partie par le fait que le président du Conseil musulman, Salman Elmenyawi, ne s’exprime pas en français.

L’imam Omar Koné ne cache pas qu’il existe des dissensions au sein de la communauté et que lui-même ne fait pas l’unanimité, notamment parce qu’il appartient à un courant religieux minoritaire (le soufisme). Mais il ne manque pas d’idées. « On pourrait créer un comité de vigilance par rapport aux doctrines qui sont enseignées dans telle école ou telle mosquée, dit-il. Il faut essayer de “monitorer” cela de façon plus large. De rendre une certaine littérature imputable de ses actions de haine. »

Même si la promotion de l’intégrisme se fait surtout sur le Web, il ajoute qu’il y a « tellement de petites mosquées » qu’on ne sait pas ce qui s’enseigne partout. « Il faut qu’il n’y ait plus de place à l’ambiguïté, que le discours soit clair et qu’il soit public de la part de tous les leaders religieux. » Cela veut dire qu’on ne soutient pas « à demi-mot l’État islamique » ou « la thèse que les musulmans ont le droit de se défendre, que c’est une attaque contre ceci ou contre ça ».

L’exemple du Royaume-Uni

Le Québec, dit-il, devrait suivre l’exemple de la Grande-Bretagne. « Lorsqu’il y a eu le 11-Septembre et les attentats du métro de Londres par exemple, l’Angleterre a pris la problématique à bras-le-corps, souligne-t-il. Ils ont commencé à regarder le problème dogmatique, le problème doctrinal. Ce que nous n’avons pas fait ici.  Le gouvernement britannique a aidé beaucoup d’organismes à se financer, à se fédérer, à produire de la littérature, des DVD, à financer des centres culturels ». Tout cela dit-il, pour mettre en avant le discours musulman majoritaire et opposé à la violence. « L’islam traditionnel tolérant, du milieu, a soudain eu une manne importante d’aide pour pouvoir s’organiser, se fédérer. »

Cela serait d’autant plus important au Québec que la communauté musulmane (environ 250 000 personnes) manque particulièrement de ressources. « La communauté arabo-musulmane de Montréal et du reste du Québec est une communauté immigrante récente qui est surtout occupée à mettre du pain et du beurre sur la table tous les jours. »

Il ajoute que la plupart des imams (environ 150 au Québec) sont « débordés par les problèmes sociaux. Le taux de chômage dans cette communauté est alarmant et rien dans ce que nous vivons aujourd’hui n’aide à cela. Ça va complètement stigmatiser cette communauté qui n’en a pas besoin. »

Certes, l’idée de soutenir des organisations religieuses pourrait se buter aux principes de laïcité, concède-t-il. Or des pays très laïques, comme la Grande-Bretagne et la France, ont su surmonter ce problème.

Bref, dit-il, les drames peuvent servir de prétextes à des changements nécessaires. « Il est grand temps de se rendre compte que nous avons un problème qui n’a pas été traité de la bonne façon. Nous avons fait face aux problèmes sécuritaires et militaires, mais nous n’avons pas résolu le fond du problème : une idéologie, une doctrine qui est en train de faire des ravages. »

Omar Koné en cinq dates

13 mai 1971 : Naissance à Bamako, au Mali.

28 août 1990 : Arrivée au Québec.

Septembre 1993 : Rencontre de son maître soufi à New York, le cheik Nazim.

Décembre 1999 : Entrée en fonction au Centre soufi de Montréal.

Octobre 2007 : Passage remarqué à l’émission Tout le monde en parle dans la foulée de la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables.
48 commentaires
  • Jocelyne Lapierre - Inscrite 27 octobre 2014 00 h 57

    Deniers publics pour fédérer les regroupements musulmans?

    Donc, selon cet imam d'une des très nombreuses factions de l'islam, l'argent des contribuables devrait être utilisé pour aider les imams à former des associations plus larges que celles qui existent déjà aux échelles provinciale et nationales... Et cela les aiderait à uniformiser leurs discours, selon lui? Et d'un même souffle il prétend que l'Angleterre et la France soutiennent des organisations religieuses dans le cadre de leurs politiques de laïcité... alors que ces deux pays sont aux antipodes sur ce plan... la laïcité est la séparation de l'État, y compris les deniers publics, et des religions. Accepter un tel discours qui va à l'encontre de ce principe serait une grave erreur, tout comme de prétendre qu'il serait approprié d'accepter de financer des tribunaux fondés sur la Charia (loi islamique).

    • Michel Thériault - Abonné 27 octobre 2014 07 h 39

      Mme Lapierre, vous résumez très bien ma pensée. De plus, le dialogue ne sera pas facile si le président du Conseil musulman ne s'exprime pas en français. Cela démontre qu'il n'y a pas une grande volonté d'intégration de sa part...

    • Cyril Dionne - Abonné 27 octobre 2014 07 h 46

      D'accord avec vous Mme Lapierre. Ridicule de subventionner une religion afin que leur discours soit plus palpable au public occidental. Ce n'est pas à la société québécoise de s'adapter aux normes sociétales musulmanes, mais bien à eux puisque ceux-ci ont fait le choix, et en toute liberté, de venir s'établir ici.

      Omar Koné représente une très petite minorité (soufisme) à l'intérieur de cette religion au caractère plus belliqueux que la norme et qui est basée sur le wahhabisme politico-religieux.

      Et dire que les pays laïcs comme le Grande-Bretagne et la France ont su surmonter ce problème de dissonance religieuse par rapport au vivre ensemble des sociétés occidentales est d'une fausseté crasse.

    • Nicole Bernier - Inscrite 27 octobre 2014 07 h 54

      L'argent des contribuables doit servir à construire la paix sociale entre différents groupes sociaux... l'uniformisation est une ambition sectaire et dogmatique...

    • Huguette Marchand - Inscrite 27 octobre 2014 09 h 55

      Je ne crois pas à l'intégration des musulmans, modérés ou intégristes.

      Un musulman, ne peut séparer dans la vie de chaque jour, religion et culture. Donc, pas de concession à faire de leur part, l'intégration est carrément impossible car anti-démocratique
      Il y a plusieurs pays qui l'ont compris.

    • Pierre Desautels - Abonné 27 octobre 2014 10 h 02

      Madame Lapierre, nous subventionnons déjà des écoles religieuses privées qui donnent priorité à leur religion plutôt que l'ensemble du programme du Ministère. Le PQ ne voulait rien changer à ça. Plutôt, il a voulu s'en prendre au foulard, boucoup moins important, pour des motifs purement électoralistes...

    • Albert Descôteaux - Inscrit 27 octobre 2014 10 h 31

      Madame Bernier, l'argent des contribuables ne doit pas servir à encourager la diffusion des mythes et mensonges véhiculés par les religions. Les sociétés modernes méritent mieux que ça.

  • François Ricard - Inscrit 27 octobre 2014 05 h 02

    L'intégration

    Un discours simple, mais sûrement très efficace, serait de demander à ces nouveaux arrivants de s'intégrer le plus possible à la communauté d'accuei.
    Pas à la cummunauté de co-religiionnaires. À la société québécoise en son ensemble. Pourquoi les imams ne tiendraient-ils pas un semblable discours?
    Et les autorités aussi devraient poser des gestes concrets. Depuis plusieurs années, nous savons que près de la moitié des sans-travail dans la grande région de Montréal provient de l'immigration. Qu'attend-on pour agir?

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 27 octobre 2014 10 h 25

      Il y a plusieurs problèmes avec votre «discours simple, mais sûrement très efficace», M. Ricard.

      D'une part, qu'entendez-vous par «s'intégrer»? Si vous allez demander à une personne de s'intégrer, encore faut-il qu'elle comprenne quelles sont vos attentes. Qui définirait cette norme de ce que constitue une personne «bien intégrée»? Pourquoi quiconque devrait-il ou elle se plier à ce que M. Ricard s'attend qu'il ou elle fasse? La notion de ce que c'est de s'intégrer est une cible trop facile à déplacer.

      D'autre part, vous vous feriez probablement répondre une chose du genre: «Ça fait deux ans que je cherche de l'emploi, personne ne m'en donne même si je suis bardé de diplômes, j'entends à chaque jour que musulman = terroriste de sorte que par mon seul nom j'ai l'impression de déranger, quand je cherche un appartement je me les fais refuser sans trop comprendre pourquoi. Et vous avez le culot de me demander de m'intégrer? J'aimerais bien m'intégrer, si vous me laissiez!»

    • Nicole Moreau - Inscrite 27 octobre 2014 10 h 43

      une des premières choses à faire, ce n'est pas de demander à la communauté musulmane de se surveiller elle-même, c'est d'instaurer le centre de surveillance des intégrismes dont madame Houda-Pépin avait parlé.

      c'est la collectivité ou le secteur public qui doit y voir pour que tout se passe dans la plus grande transparence.

      pour la communauté musulmane, se surveiller elle-même peut soulever certaines questions de crédibilité - il est loin le temps où on a compris qu'on ne peut être juge et partie, ce serait le cas si c'était la communauté musulmane qui se surveillait elle-même.

      de toutes façons, des intégrismes, il n'y en a pas que dans la communauté musulmane.

    • Rodrigue Dube - Inscrit 27 octobre 2014 14 h 07

      Mr. Ricard a tout a fait raison. Il est evident que les conflits dans la societe seraient diminues si les minorites acceptaient de s'integrer a la majorite.

      Cependant, en tant que Quebecois, dont les ancetres ont refuse pendants des annees de s'integrer (s'assimiler?) a la majorite Anglaise, et ce pour de bonnes raisons, je vois mal comment on peut dire a quelqu'un qu'il doit absolument s'integrer a la majorite. Quelque chose dans cette requette me rend tres incomfortable.

      Les musulmans ne partagent pas necessairement les memes valeurs que leur societe d'accueil, de la meme facon que nos ancetres ne partageaient pas les valeurs commerciales et la culture affairiste et dominatrice du Canada Anglais. Oui, il n'y auraint jamais eu de RIN, de PQ ou de FLQ si le peuple quebecois avait simplement decide de s'integrer. Je suis loin d'etre convaincu que cela aurait ete pour le mieux...

    • François St-Pierre - Abonné 27 octobre 2014 14 h 11

      Pas plus tard que le 21 octobre dernier, Antoine Robitaille condamnait dans Le Devoir le refus d'une dame d'origine pakistanaise de se découvrir le visage pour prêter le serment de citoyenneté («Serment voilé»). Tout comme M. Ricard, je considère que la condamnation des actes de violence ne suffit pas: il faut sanctionner des gestes traduisant un pareil mépris de la communauté à laquelle on demande de nous accueillir.

  • Francois Parent - Inscrit 27 octobre 2014 06 h 18

    Responsabiliser la communauté musulman

    Ce n'est pas au gouvernement du Québec et aux contribuables de soutenir le mouvement islamique. C'est aux pratiquants musulmans de se responsabiliser, de controler son image et les extrêmistes et intégristes. Les imans devraient inviter la communauté musulmane à s'intégrer dans la société québécoise dans ces valeurs. Le Québec ce n'est pas juste un endroit pour se nourrir.

  • Nicole Bernier - Inscrite 27 octobre 2014 06 h 29

    L'intolérance au Québec face aux leaders religieux est tellement forte chez les intellectuels que ce souhait sera difficile à réaliser....

    Ce que demande cet imam est tout à fait juste... Malheureusement, même les leadeurs de la religion catholique, du côté francophone, ne reçoivent même pas ce genre d'appui.... Encore une fois, la diversité s'organise davantage dans le milieu anglophone et les Québécois continuent à utiliser les discours dominants et frileux de leur petite bourgeoisie (cette fois sans la collaboration des leadeurs religieux) pour justifier leur isolement...

    Au nom de la défense de sa spécificité, il n'y a pas de discours d'ouverture à la diversité parce que l'on aime définir les pures laines par un discours unique... Rien de mieux que des écoles pure laines où quelques immigrants choisissent de reproduire le discours dominant en essayant de faire disparaitre la trace de leur histoire...

    Dans le passé, cela a conduit tous les immigrants vers le système scolaire anglophone (les Italiens, les Grecs, et etc.), aujourd'hui les décideurs publiques québécois (les professions dominantes formées dans le milieu universitaire.... comme les médecins, politiciens et notaires de l'époque) croient qu'il est possible, en contrôlant où les immigrants vont mettre leurs enfants à l'école, de faire disparaitre l'histoire familiale de ces nouveaux immigrants....

    Quant on a fait de la recherche en psychologie sociale et en sociologie, on sait très bien que les communautés et les individus ont des patterns identitaires fortement enracinés et qu'il est préférable de collaborer dans la diversité (en construisant des espaces communs, non en imposant à l'autre un mode de pensée) que de développer ou valoriser un discours unique...

    La laïcité est un système de croyance qui enferme le religieux dans le privé et qui interdit justement aux leadeurs religieux d'avoir un espace d'influence sur la place publique... La laïcité va devenir un discours qui va nous isoler comme le discours des curés nous a isolé dans le passé (nous sommes nous même en train de reproduire un pattern culturel)…

    • François Ricard - Inscrit 27 octobre 2014 07 h 34

      Mme Bernier,
      Votre discours s'inspire de l'idéologie multiculturaliste qui vise l'inclusion des immigrants dans la société d'accueil plutôt que leur intégration.
      Bien des gens entretiennent, consciencemment ou non, une différence floue entre la diversité ethnique d’une population, qui est un état de fait, et le multiculturalisme qui est une idéologie et une philosophie appliquée.
      Le multiculturalisme est une idéologie qui fragmente petit à petit le tissu social qui, comme un cancer, ronge notre société un peu plus chaque jour.
      Ce n’est plus à l’immigré de prendre le pli de la société qui l’accueille, c’est à cette dernière de réaménager ses institutions et sa culture pour éviter qu’elles n’entravent l’expression de la diversité. Le multiculturalisme repose fondamentalement sur l’inversion du devoir d’intégration.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 27 octobre 2014 07 h 44

      L'imam de Saint-Jean-sur-Richelieu a enseigné au terroriste Rouleau que la démocratie et la foi musulmane sont incompatibles. Il lui a enseigné, aussi, que la danse c'est pas correct. Il n'aime pas, non plus, les vêtements des joueurs(surtout les joueuses) de soccer.

      Des affirmations de ce genre, de la part d'imams québécois, il y en a beaucoup.Notamment celui de Brossard, celui de l'Université Laval, celui sur la rue Jean-Talon dans le quartier St-Michel(lire " Montréalistan Enquête sur la mouvance islamiste" de Fabrice de Pierrebourg.).

      Il n'y a pas de hiérarchie dans cette religion. Tout à chacun peut devenir imam. D'où l'hétérogénéité!

      Le livre sacré de tous les musulmans, censé avoir été écrit par Allah lui-même, comprend autant de versets inacceptables qui incitent à la haine et à la violence, au droit de tuer les infidèles, les apostats et les mécréants non croyants, , de couper la main des voleurs et de frapper les femmes qui n’obéissent pas à leurs maris, couper la tête des homosexuels (c'est ce que l'imam dans le quartier St-Michel enseigne).

      Le rôle premier des imams: se dissocier publiquement de cela! Et s'ils le font, ils se trouveront à dénocer le radicalisme de la charia dans les pays musulmans de l'Indonésie au Maroc!

      Rapelons ici le sort réservé aux minorités religieuses dans ces pays!

    • gilbert trudel - Inscrit 27 octobre 2014 09 h 51

      Faux. Les Anglais payent lourdement le prix d'avoir laissé se développer un réseau paralèlle musulman. Googlez "Trojan Horse Birmingham" ou la communauté musulmane a littéralement tranformé une école publique en madrassas coranique.

      Ou Rotherham ( ou Rochdale, Oxford...) ou la "political correctness", que vous aimez tant, a empecher la police et le services sociaux de s'occuper du viol de 1400 jenes filles par de agresseurs à 96 % d'origine pakistanaise. Par peur d'etre accusé de racisme.

      Votre multiculiralisme se noie dans la naiveté.

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 27 octobre 2014 10 h 29

      En réponse à Mme Bernier, M. Ricard: «Votre discours s'inspire de l'idéologie multiculturaliste».

      Autrement dit, plutôt que de répliquer aux idées qu'avance une personne, il suffit de les caser et d'y apposer une étiquette. Ainsi on peut les balayer du revers de la main sans même avoir à développer son propre argumentaire.

      Voici une suggestion pour un débat plus constructif: attardez-vous donc à répliquer à ce que dit Mme Bernier elle-même, plutôt qu'en étiquetant ce qu'elle dit de multiculturaliste, puis de répondre à votre propre définition de ce qu'est le multiculturalisme. C'est la stratégie discursive de l'homme de paille, que vous appliquez.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 27 octobre 2014 11 h 42

      Très bon exposé sur le multiculturalisme, monsieur Ricard.

  • Marc Lacroix - Abonné 27 octobre 2014 06 h 51

    Le silence qui tue !

    L'imam Omar Koné a tout à fait raison. L'ennemi du musulman ordinaire, c'est le silence qui laisse croire que c'est leur communauté au complet qui est une cellule terroriste "dormante". Si les musulmans prennent la peine de condamner l'extrémisme et parlent de valeurs qui sont aussi les nôtres (justice, amour du prochain), ils pourront éliminer l'image — d'étrangers qui veulent reproduire leur pays d'origine ici. Il est facile de taxer les Québécois de xénophobie, mais le développement de bonnes relations exige de la bonne volonté de part et d'autre !

    • gilbert trudel - Inscrit 27 octobre 2014 08 h 13

      Faux. Les Anglais payent lourdement le prix d'avoir laissé se développer un réseau paralèlle musulman. Googlez "Trojan Horse Birmingham" ou la communauté musulmane a littéralement tranformé une école publique en madrassas coranique.

      Ou Rotherham ( ou Rochdale, Oxford...) ou la "political correctness", que vous aimez tant, a empecher la police et le services sociaux de s'occuper du viol de 1400 jenes filles par de agresseurs à 96 % d'origine pakistanaise. Par peur d'etre accusé de racisme.

      Votre multiculiralisme se noie dans la naiveté.

    • Louise Melançon - Abonnée 27 octobre 2014 10 h 26

      Monsieur Lacroix, je suis d'accord avec vous que les imams devraient condamner l'extrémisme, la violence, mais aussi la lecture fondamentaliste du Coran, ils devraient parler des valeurs de justice et d'amour du prochain, mais aussi renoncer à la fusion du politique et du religieux qui est encore professée dans l'Islam pour entrer, s'intégrer dans notre société sécularisée. C'est le chemin que les croyants , au Québec, ont fait depuis les années 1960. C'est à prendre ou à laisser.

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 27 octobre 2014 10 h 32

      Vous avez raison, lorsque vous dites: «...le développement de bonnes relations exige de la bonne volonté de part et d'autre...»

      Mais force est de constater en lisant les commentaires au bas d'articles sur le sujet qu'il y a très peu de bonne volonté chez nombre de Québécois moyen.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 27 octobre 2014 10 h 47

      Les imams d'ici ne peuvent pas dénoncer les articles du Coran qui prônent clairement la violence; car, ce faisant, ils dénonceraient ce qui se passe dans le monde musulman, de l'Indonésie au Maroc: dans ces pays, après avoir rêvé d'un printemps érable, on en arrive, au contraire, à une radicalisation avec la charia.Encore une lueur d'espoir en Tunisie, tout dépendant des résultats des présentes élections.

      Et les discours de plusieurs imams québécois vont dans le sens de la charia!