Synode: tensions autour du texte

Cité du Vatican — Plusieurs évêques participant au synode sur la famille ont exclu vendredi que le texte définitif puisse être rejeté samedi, ou même que les ouvertures sur les unions libres, les divorcés et les homosexuels soient supprimées, alors qu’un cardinal conservateur l’a jugé « très possible ».

« Sur l’ensemble du texte définitif, je serais étonné qu’on n’arrive pas à un consensus », a assuré lors d’une conférence de presse Mgr Georges Pontier, président de la Conférence des évêques de France, qui faisait partie d’un groupe linguistique chargé d’apporter des corrections au texte provisoire.

Ce rapport intermédiaire, publié lundi, avait choqué certains participants par son ton très ouvert, quand il évoquait des aspects « positifs » dans les unions de fait et laissait entrevoir une ouverture pour les couples homosexuels.

Changements demandés

Dans une interview publiée vendredi par le magazine français Famille chrétienne, le cardinal conservateur américain Raymond Leo Burke a prévenu que le texte définitif ne serait « pas approuvé » si les membres de la commission chargée de le rédiger ne prenaient pas en compte « l’approche rectifiée » issue des groupes de travail.

« Les pères synodaux ont jugé inacceptables les affirmations sur les rapports sexuels hors mariage et entre personnes de même sexe », a ajouté le cardinal Burke, l’un des chefs de file de l’opposition au pape François. « Le message est fort : le texte doit être radicalement changé. »

Des évêques américains, polonais ou encore africains sont très remontés contre le texte provisoire de lundi. Mais les partisans de l’ouverture sont aussi très mobilisés. L’un d’eux, Mgr Reinhard Marx, cardinal de Munich, membre du « Conseil des neuf » (C9) du pape François, a reconnu samedi qu’« il y a eu deux pas en avant, [qu’]il pourrait y avoir un pas en arrière, mais pas deux ».

À voir en vidéo