L’ingérence et les interférences étaient fréquentes à la Commission de la construction

Diane Lemieux, pdg de la Commission de la construction
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Diane Lemieux, pdg de la Commission de la construction

La pdg de la Commission de la construction, Diane Lemieux, a décrit à la Commission Charbonneau, jeudi, à quel point il y avait de l’ingérence et des interventions indues auprès des membres du conseil d’administration de la CCQ lorsqu’elle est arrivée en poste en 2011.

Mme Lemieux, une ancienne ministre péquiste du Travail, a décrit un fonctionnement pratiquement chaotique qui sévissait à la CCQ avant son arrivée.

«Il y avait une crise “réputationnelle” à la CCQ. La CCQ était en crise interne, externe, sous tous les aspects», a-t-elle résumé.

Elle a changé bien des choses dans les façons de faire et les communications avec la CCQ, suscitant ainsi bien du mécontentement.

 


Des gens de l’industrie appelaient directement des employés ou des membres du conseil d’administration de la CCQ, a-t-elle déploré. Des cas personnels étaient discutés jusqu’au conseil d’administration.

«Avant, ils pouvaient appeler n’importe où, ils pouvaient demander n’importe quoi. Avant, ils pouvaient discuter du dossier d’un de leurs membres, syndical ou patronal. Et tout à coup, en très peu de temps, très peu de temps, j’ai fermé ces portes-là», a-t-elle résumé.

Peu après son arrivée, un membre de son conseil d’administration qui provenait d’une association patronale a demandé à la rencontrer pour discuter du cas précis d’une enquête portant sur une entreprise qui était membre de son association.

Elle s’y est refusée. «Je ne discute pas d’enquêtes», a-t-elle conclu.

Elle a aussi mis fin à la pratique voulant que ce soient les membres du conseil d’administration de la CCQ qui nomment les inspecteurs et qui déterminent les critères d’embauche. Elle a expliqué l’anachronisme: «les membres du conseil d’administration de la CCQ qui sont — et c’est normal — des représentants d’associations patronales et syndicales choisissaient ceux qui vont aller inspecter leurs chantiers...»