Les enfants restent peu longtemps en famille d'accueil

Les enfants placés en famille d’accueil ou confiés à un proche par les services sociaux au Québec sont généralement réunifiés avec leur famille naturelle en moins de six mois, selon une étude de l’École de service social de l’Université de Montréal.

 

Mais la durée s’allonge pour les plus jeunes enfants, constatent les chercheurs, qui ont créé une base de données provinciale afin de mieux comprendre les parcours de ces enfants, placés en raison « d’abus sexuels, de difficultés familiales (toxicomanie, violence psychologique et émotionnelle) ou de manque de soins parentaux appropriés et adéquats ».

 

Tonino Esposito, professeur adjoint à l’École de service social de l’Université de Montréal, a notamment eu accès aux données des 16 centres jeunesse, et les a fusionnées avec les données du recensement canadien pour le Québec, afin de comprendre les trajectoires des enfants à long terme.

 

Il estime qu’au bout de six mois les enfants placés retrouvent leur famille, mais que cette durée s’allonge pour ceux âgés de 2 à 5 ans au moment du placement initial. Le milieu social de la famille a aussi un impact sur la durée et la fréquence du placement, estime M. Esposito. « Les familles qui vivent dans un environnement défavorisé au niveau socio-économique, il y a moins de probabilités que leurs enfants soient réunifiés dans leur milieu naturel », estime-t-il.

  

Peu de données

 

Le chercheur a aussi constaté qu’il y avait peu de données disponibles au sujet des enfants placés au Canada, même s’il s’agit d’une population particulièrement vulnérable. « Si on pense à un match de hockey, il y a des statistiques sur l’efficacité des joueurs, avant même la deuxième période. Mais au niveau canadien, on n’a aucune statistique qui permettrait de répondre à des questions de base sur cette population vulnérable », constate-t-il. M. Esposito espère que ses recherches pourront combler ce vide.

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