Les CPE s’estiment libres de choisir des lectures LGBT

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Les centres de la petite enfance (CPE) semblent ouverts à l’idée de recevoir des suggestions de lecture et de lire aux enfants des histoires qui traitent de la diversité sexuelle sans pour autant en faire une priorité ni une obligation.

 

Après l’article du Devoir publié mardi qui révélait que la centrale syndicale du Québec (CSQ) était en train d’élaborer une liste de littérature jeunesse pour les CPE et les écoles primaire traitant de l’homosexualité, de l’homoparentalité et de tout autre stéréotype sexuel, le regroupement des CPE de l’île de Montréal (RCPEIM) affirme que l’idée est « sympathique » et qu’il est ouvert à ce que les CPE se procurent certains titres.

 

L’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) estime, pour sa part, que les CPE sont libres d’utiliser la lecture et les méthodes qu’ils veulent pour traiter de ces questions délicates pourvu qu’ils respectent les lignes directrices du programme du ministère de la Famille.

 

« Les CPE n’ont pas une approche fermée là-dessus, mais on n’est pas non plus un porte-flambeau », affirme André Marcotte, le président du RCPEIM. « Je pense qu’il faut nous voir comme on est, soit des organismes de garde, éducatifs, et ça fait partie de l’éducation. »

 

En tant que directeur général du CPE Carcajou à Montréal, M. Marcotte raconte d’ailleurs qu’il a déjà quelques livres qui abordent les questions de diversité sexuelle dans sa garderie. « On a une petite bibliothèque qui compte environ 1500 titres, et il y en a peut-être 3, 4, 5 qui parlent de ce sujet-là. Ce n’est pas quelque chose à négliger, mais ce n’est pas quelque chose qu’on doit non plus pousser », dit-il.

 

En fait, si un enfant pose des questions sur l’homosexualité, il n’y voit aucun problème à ce qu’une éducatrice sorte un livre qui en parle pour raconter l’histoire aux enfants. « À Montréal, c’est une réalité qui est plus courante tout comme les familles reconstituées, alors je pense qu’on doit aussi relater cette réalité-là », indique-t-il.

 

S’il reçoit éventuellement la liste de lecture LGBT dressée par la CSQ, M. Marcotte affirme qu’il l’acceptera sans problème. « Éventuellement, si on constatait qu’il y a une carence, on pourrait au moins avoir [des titres], ça nous éviterait de chercher, mais je ne sais pas si ça va nécessairement influencer ma politique d’achat », confie-t-il.

 

Organismes autonomes

 

À l’AQCPE, la directrice des services juridiques Patricia Lefebvre assure que les CPE sont libres d’acheter ou pas des livres qui traitent des réalités des lesbiennes, gaies, bisexuels et transgenre (LGBT). Un peu partout au Québec, quelques CPE s’en sont déjà procurés alors qu’il n’y a aucune orientation ministérielle sur le sujet.

 

Mme Lefebvre rappelle que les CPE sont des organismes autonomes qui peuvent choisir leur propre approche avec les enfants pour démystifier les préjugés, que ce soit par des jeux, des ateliers ou encore des lectures. Étant donné que la liste de lecture LGBT de la CSQ devrait être rendue bientôt publique, elle souligne également que les CPE seront libres de la consulter, mais elle prend bien soin de noter que les responsables de la pédagogie de l’AQCPE ne l’ont pas encore regardée, mais qu’ils devraient y jeter un coup d’oeil. « Quand quelque chose peut être bien pour les enfants, on n’est pas contre du tout », souligne Mme Lefebvre en insistant tout de même pour dire qu’aucune recommandation n’a été faite et ne sera faite pour le moment à leurs membres.

10 commentaires
  • Eric Lessard - Abonné 6 août 2014 05 h 39

    La liberté

    Je crois qu'en effet c'est une bonne idée de laisser les CPE libres d'avoir ces livres ou pas.

    Ils connaissent leur clientèle et pourront s'adapter aux réalités de chaque endroit.

    La diversité est une réalité dans notre société et c'est une très bonne chose que tout ne soit pas uniformisé par un ministre qui voudrait tout controler et uniformiser, comme on l'a vu avec la charte des valeurs...

    • Gilles Théberge - Abonné 6 août 2014 11 h 52

      J'apprécie beaucoup la mesure dans la position des CPE, notamment le fait que l'ouverture étant acquise, ils prennent le soin de dire qu'ils ne se reconnaissent pas pour autant un rôle de "porte-flambeau".

      Dans ce contexte, cela annonce de bons résultats en bout de ligne.

  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 6 août 2014 11 h 25

    Chacun son métier

    Et les vaches seront bien gardées.

    Les CPE n'ont pas à se mêler de ce qui ne les regarde pas. Ce n'est pas au personnele des garderies à s'improviser enseignants. Ils n'ont pas la compétence. Ce n'est pas dans leur fonctions.

    Seuls les parents ont voix à che chapitre. Point.

    • Sylvain Auclair - Abonné 6 août 2014 15 h 08

      Donc, pas de lecture de contes, pas de comptines, pas de chansons?

    • Yvette Lapierre - Inscrite 6 août 2014 17 h 35

      Hélas dans le modèle d'enseignement québécois, les parents ont bien peu de poids, j'ignore s'ils en ont plus dans les centres de la petite enfance. Comme exemple au primaire notre enfant était en "éducation morale" (nous ne sommes pas croyants) et qui donnait les cours de morale? La prof d'éducation religieuse avec des exemples tirés des évangiles... Et qui venait faire son tour incognito auprès des élèves sans prévenir? Monsieur le curé. Alors pour respecter le choix des parents de voir eux même selon leurs valeurs propre à l'éducation des jeunes enfants sur les sujets de modèles parentals, on peut rêver!

    • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 6 août 2014 18 h 58

      M. Auclair,

      Initier et faire connaître l'ABC de l'imaginaire, du féérique, les fables, la musique, ne demande pas de diplôme spécial.

      Seulement un peu de passion.

    • Sylvain Auclair - Abonné 6 août 2014 21 h 44

      Monsieur Francœur,
      Lire des histoires pour enfants mettant en scène des familles «différentes» ne requiert pas non plus de diplôme. Et ce n'est pas plus du prosélytisme que de lire une version de Blanche-Neige.

  • Richard Lapierre - Inscrit 6 août 2014 20 h 30

    La nature aura le dernier mot

    Je pense que naturellement, un enfant sera de toute façon un jour ou l'autre exposé à la ''diversité sexuelle'' tout comme la ''diversité culturelle''. Quand un enfant d'ici apprend qu'en Asie, certains peuples mangent des insectes ou une cervelle de singe vivant sur la table, la réaction naturelle est l'incompréhension et la répulsion. De la même manière, lorsqu'un enfant voit deux hommes s'embrasser ou entend qu'une femme a un zizi, la réaction toute naturelle dans la très grande majorité des enfants normaux sera ''ouachh...kossé ca!''. Je ne pense pas que ce réflexe soit l'oeuvre de parents sexistes, racistes ou homophobes. Il s'agit d'une réaction naturelle chez un enfant élevé dans des valeurs et un environnement normal. Je ne pense pas qu'il faille dès le jeune âge commencer à les traiter d'homophobes, raciste ou sexiste direntement ou indirectement et vouloir défaire leur nature en les mettant volontairement dans des situations complexes et ambivalentes pour leur expérience personelle. Après tout, pour un enfant de 4 ou 5 ans qui vient à peine de découvir la sexualité, commencer à lui dire qu'une maman peut avoir un zizi, c'est drôlement dissonant et sans doute totalement incompréhensible. Il n'y a certainement rien de bon à les soumettre volontairement à cette problématique somme toute très marginale de la société alors qu'ils ont tant de choses plus importantes à apprendre. Aux parentx de les introduire à ca si bon leur semble. Pas dans les garderies ou les CPE. J'en ai assez de tout ce lobby LGBT qui veut toujours s'exiber d'avantage et parler de leur orientation sexuelle comme si ils étaient au centre du monde. Pour ma part, ce n'est que du narcicisme qui n'a pas sa place sur la place publique et surtout pas dans les CPE.

    • Murray Henley - Inscrit 6 août 2014 21 h 15

      Bien dit, Monsieur Lapierre.

    • Yvette Lapierre - Inscrite 6 août 2014 23 h 21

      D'accord 100/100 avec vous = pas dans les CPE! Au primaire, passe encore d'introduire cette réalité marginale à respecter et non pas À GLORIFIER..., pas plus que l'hétérosexualité d'ailleurs. Reconnaitre les faits sans plus. Peut-on laisser les "toddlers" en paix?