L’UPAC a recruté un témoin gênant pour Marc-Yvan Côté

Les policiers enquêtent sur des allégations de fraude envers le gouvernement, d’entreprise qui souscrit à une caisse électorale, de trafic d’influence, de fraude et de complot.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les policiers enquêtent sur des allégations de fraude envers le gouvernement, d’entreprise qui souscrit à une caisse électorale, de trafic d’influence, de fraude et de complot.

L’Unité permanente anticorruption (UPAC) aurait recruté un témoin embarrassant pour l’ex-ministre libéral Marc-Yvan Côté, responsable allégué du financement illégal chez Roche.

 

Selon de nouveaux documents judiciaires obtenus par Le Devoir et d’autres médias, les enquêteurs du projet Joug (une enquête sur le financement illégal du PLQ) ont obtenu des déclarations de Daniel Brazeau, un consultant de Roche qui avait pris la relève de Gilles Cloutier dans le développement des affaires.

 

M. Cloutier est un organisateur d’élections clefs en main qui a témoigné à la commission Charbonneau. Il a lui-même fait des déclarations à la police. Il a cependant éprouvé quelques problèmes de crédibilité à la commission Charbonneau, notamment en ce qui a trait au rôle de l’ex-ministre péquiste Guy Chevrette dans le prolongement de la route 125. En outre, il semblait visiblement affecté par des problèmes de santé.

 

M. Cloutier a déclaré à la commission qu’il a utilisé une fausse facturation et des prête-noms pour dégager des liquidités et faire des contributions aux partis municipaux et provinciaux pendant des années.

 

Selon la déclaration assermentée d’un policier, qui a servi de base pour obtenir un mandat de perquisition à la résidence de Marc-Yvan Côté, Daniel Brazeau aurait été un témoin immédiat de ces irrégularités.

 

« Daniel Brazeau est témoin que Marc-Yvan Côté autorisait les fausses factures à Gilles Cloutier faites dans le but de financement. Il a été témoin de financement illégal dans les pratiques de la firme Roche », affirme l’enquêteur dans sa déclaration assermentée.

 

M. Brazeau aurait reçu un boni de 30 000 $ qu’il devait « convertir en argent comptant » et remettre à France Michaud pour la cause du financement des partis.

 

Mme Michaud (accusée de fraude dans le dossier de l’usine de traitement des eaux de Boisbriand), Marc-Yvan Côté et André Côté auraient été les trois principaux artisans du financement illégal chez Roche.

 

Un autre employé de Roche, dont le nom est frappé d’une ordonnance de non-publication, aurait appris de Marc-Yvan Côté les rudiments du financement illégal.

 

Les travaux de la commission Charbonneau ont démontré que les dons des employés de Roche étaient remboursés par des allocations de dépenses et des bonis, ce qui est illégal en vertu de la loi électorale.

 

Les policiers enquêtent sur des allégations de fraude envers le gouvernement, d’entreprise qui souscrit à une caisse électorale, de trafic d’influence, de fraude et de complot. Aucune accusation n’a été portée à ce jour.