La Plaza Saint-Hubert se refait une beauté digne du XXIe siècle

Évalué à 150 000 $, le projet-pilote se prolongera jusqu’en 2015, sous la marquise, bel et bien là pour rester.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Évalué à 150 000 $, le projet-pilote se prolongera jusqu’en 2015, sous la marquise, bel et bien là pour rester.

Elle a connu de meilleurs jours, mais la Plaza Saint-Hubert ne se laisse pas décourager. Un projet-pilote de réaménagement de l’artère commerciale est en branle depuis lundi et promet de redonner vie à la rue à la célèbre verrière.

 

Il ne s’agit pour l’instant que de quelques lignes blanches sur l’asphalte amoché, mais terrasses, aires de détentes, bacs à fleurs et espaces de stationnements additionnels devraient apparaître au cours des prochains jours le long de la rue Saint-Hubert, dans le quartier Petite-Patrie.

 

Déjà, depuis lundi, le trafic est limité à une seule voie, dans l’espoir de réduire la circulation de transit, explique Clément Arnaud, commissaire de développement économique de Rosemont–La Petite-Patrie. Dans l’espace créé par la fermeture de la voie de droite, aires de repos, terrasses de restaurants et quelque 120 espaces de stationnement de courte durée seront aménagés, explique-t-il.

 

« On entend souvent dire que ça roule vite, sur la Plaza. C’est la troisième rue commerciale en importance à Montréal, après Sainte-Catherine et Saint-Laurent, et nous voulions créer un aménagement plus convivial et sécuritaire pour les clients et les résidants », dit-il.

 

« Comme on prépare de grands travaux au cours des prochaines années, il nous apparaissait important de penser à un nouveau développement digne d’une métropole du XXIe siècle », ajoute M. Arnaud.

 

D’importants travaux de réfection des réseaux d’aqueduc et d’égout doivent en effet avoir lieu, sous la surface, en 2015 et 2016. Une occasion en or pour la rue surtout connue pour ses boutiques de mariées et son assemblage hétéroclite de restaurants et magasins en tout genre, selon le directeur général de la Société de développement commercial (SDC) de la Plaza Saint-Hubert, Mike Parente.

 

« Les gens veulent qu’on verdisse, qu’on rende ça plus convivial, qu’on l’éclaire davantage. Ce sont des choses avec lesquelles on est d’accord. On souhaite améliorer l’expérience qu’ont les gens en venant ici. »

 

Évalué à 150 000 $, ce projet-pilote devait à l’origine se conclure dès la fin de l’été. Mais la SDC et l’arrondissement ont préféré prolonger l’expérience au moins pendant une bonne partie de 2014 et de 2015, de façon à tester la nouvelle configuration pendant les quatre saisons et déterminer si d’autres changements devraient être effectués avant la réalisation des travaux.

 

Pendant ce temps, M. Parente et son équipe travaillent, eux aussi, à redynamiser Saint-Hubert. De nombreuses nouvelles enseignes ont déjà commencé à s’y établir, le taux de location est à la hausse, mais beaucoup de travail reste à faire.

 

L’artère compte quelque 400entreprises et espaces commerciaux, et des centaines de propriétaires distincts, ce qui complique l’élaboration d’une vision cohérente de la Plaza Saint-Hubert.

 

Chose certaine, la fameuse marquise, elle, est bel et bien là pour rester. Une étude menée en 2012 pour le compte de l’arrondissement et de la Société de développement commercial (SDC) concluait au désir des commerçants de conserver cet élément distinctif, à condition de le rénover, ce que compte faire l’arrondissement et la SDC au cours de la prochaine année.

 

Alors que des villes comme Ottawa, Sherbrooke et Québec ont depuis longtemps dit adieu à leur artère recouverte, Rosemont–La Petite-Patrie compte plutôt la repeindre et refaire complètement l’éclairage. « La marquise a été une expérience audacieuse de la part de la Ville de Montréal et des commerçants, affirme M. Parente, pince-sans-rire. Aujourd’hui, elle est là. C’est un outil, il faut seulement s’assurer qu’on la travaille, qu’on l’utilise à notre profit. »

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