Uber se met au lobbying pour changer les règles

Uber est une application mobile qui met en relation chauffeurs de taxi et clients potentiels. Montréal accuse l’entreprise de ne pas respecter les règles et d’œuvrer sans permis de répartiteur.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Uber est une application mobile qui met en relation chauffeurs de taxi et clients potentiels. Montréal accuse l’entreprise de ne pas respecter les règles et d’œuvrer sans permis de répartiteur.

La tension entre les représentants de l’application Uber et ceux de la Ville de Montréal qui les soupçonnent de ne pas respecter la réglementation entourant l’exploitation des taxis est tombée d’un cran : ils ont tenu une première réunion « constructive » mercredi dernier, a appris Le Devoir. La réunion a eu lieu dans le cadre des activités de lobbyisme d’Uber, en présence des conseillers municipaux Aref Salem et Harout Chitilian.

Uber a créé une application destinée à mettre en contact les chauffeurs de taxi et les clients. L’application est présente dans une centaine de villes, notamment à Montréal depuis 2013. Beaucoup reprochent à Uber d’opérer une compagnie d’intermédiaire en service de taxis, sans respecter les règles de l’industrie. Uber se défend en expliquant qu’elle n’est pas une compagnie de « transport », mais une entreprise offrant une technologie, et n’a donc pas besoin d’avoir un permis d’intermédiaire en services de transport par taxi, comme les entreprises de répartition traditionnelles.

M. Salem, responsable du transport à la Ville, et M. Chitilian, chargé du dossier de la ville intelligente, ont rencontré pour la première fois des représentants d’Uber, mercredi dernier.

La rencontre a duré une heure, et M. Chitilian dit s’être assuré que l’entreprise est inscrite au registre des lobbyistes du Québec. M. Aref estime que la réunion s’est avérée « très, très constructive ».

Le ton semble avoir changé entre Uber et la Ville. En janvier, M. Salem assurait que la Ville étudiait toutes les options possibles, y compris judiciaires, pour faire en sorte que Uber se plie à la réglementation en vigueur. Désormais, M. Salem espère qu’une solution « de gré à gré » avec Uber sera trouvée. La Ville et Uber ont chacun exposé leur point de vue, sans arriver pour le moment à trouver de compromis.

Jean-Nicolas Guillemette, le directeur général d’Uber à Montréal, constate aussi que les relations sont meilleures avec la Ville « Ça s’améliore […] c’était long avant qu’on soit en mesure de s’asseoir avec la Ville », explique-t-il en entrevue téléphonique. La rencontre a surpris Dory Saliba, le directeur du Comité provincial de concertation et de développement de l’industrie du taxi. « Je déplore des rencontres comme ça avec des compagnies qui ne sont pas légales », dit-il, qui représente l’industrie du taxi traditionnel.

 

Changer les règles

Uber Canada s’est inscrit au registre des lobbyistes du Québec pour la période allant du 11 avril 2014 au 31 mars 2015. La compagnie veut « démontrer que la réglementation actuellement en vigueur permet à Uber d’opérer légalement sur le territoire de Montréal contrairement à la perception négative des élus ».

Mais Uber n’a encore réussi à changer cette perception. Pour M. Salem, le rôle de l’application est plutôt similaire à celui d’un intermédiaire en service de taxis qui reçoit les appels des clients et qui répartit les véhicules. Ceci nécessite l’obtention d’un permis d’intermédiaire, ce qu’Uber n’a pas. Harout Chitilian est du même avis.

Mais pour Jean-Nicolas Guillemette, Uber n’a pas à se plier aux règlements en vigueur. « On ne se considère pas comme une compagnie de taxis […] Cette loi date de 2001 […] En 2001, il n’y avait pas d’iPhone, il n’y avait pas de BlackBerry », dit M. Guillemette. Uber dit agir dans la légalité, car les chauffeurs avec qui la compagnie s’est associée ont tous un permis de la Ville les autorisant à conduire un taxi.

Dans le cadre de ses activités de lobbyisme, Uber souhaite notamment faire valoir ce point de vue auprès de divers députés, du ministre responsable de la région de Montréal, des élus montréalais, du bureau du taxi de Montréal et du Ministère des Transports (MTQ). « On n’a pas encore rencontré les gens au MTQ, ça viendra fort probablement également », dit M. Guillemette. Il précise qu’Uber a déjà pris contact avec des responsables de Montréal International, de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, de Tourisme Montréal et du Bureau du taxi. M. Guillemette pense qu’il arrivera à trouver un compromis avec la Ville. « Je n’ai aucun doute sur le fait qu’on va réussir à s’entendre », conclut-il. Une seconde rencontre est prévue dans deux semaines avec le Bureau du taxi montréalais.

Uber a connu un récent succès à Londres la semaine dernière. Un juge britannique a estimé qu’Uber pouvait être utilisé légalement, mais fait encore face à d’autres poursuites. Uber a aussi connu un succès financier au moins de juin : plusieurs fonds d’investissement privés ont accepté d’injecter 1,2 milliard de dollars dans cette compagnie, qui en vaut 18 milliards.

 Je déplore des rencontres comme ça avec des compagnies qui ne sont pas légales 

1 commentaire
  • Denis Paquette - Abonné 7 juillet 2014 12 h 47

    peut etre devrais- je parler d'une jungle

    Peut etre faut il que parfois certains poussent dans le dos des oligarchies bien assis et confortables, en generale les fonctionnaire ne sont pas les personnes les plus d'avant gardes, il faut voire les differents services de la villes tres authoritaites mais cinquante ans en arriere dans leur perceptions, on se demande bien comment ils selectionne leur monde , a moins qu'ils laissent ca a l'influence de certains. Si le maire Coderre décide de faire montreal une ville moderne il n'est pas sorti du bois