Séance d'allaitement collectif en guise de soutien

Une vingtaine de mères ont allaité dans la bonne humeur vendredi à la pataugeoire du parc Lafond, dans Rosemont, en soutien à Mélodie Nelson.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Une vingtaine de mères ont allaité dans la bonne humeur vendredi à la pataugeoire du parc Lafond, dans Rosemont, en soutien à Mélodie Nelson.

Une vingtaine de mères ont allaité vendredi à la pataugeoire du parc Lafond, dans Rosemont, en soutien à Mélodie Nelson. Cette dernière, qui s’est fait avertir à deux occasions cette semaine alors qu’elle allaitait son enfant à cet endroit, promet qu’elle talonnera l’arrondissement tant et aussi longtemps que ce dernier ne reconnaîtra pas le droit des femmes d’allaiter partout, même dans la pataugeoire.

L’événement s’est déroulé dans la bonne humeur, sous l’oeil des sauveteurs et d’employés de la Ville. Quelques pères et amis étaient aussi venus soutenir les femmes pour cette séance d’allaitement collectif.

Jeudi, Mme Nelson s’est fait demander pour une deuxième fois en deux jours de cesser d’allaiter à la pataugeoire. Selon l’arrondissement, elle se trouvait alors dans l’eau, ce qui serait inapproprié.

En raison de l’absence de système de filtration de l’eau à la pataugeoire, un facteur de salubrité entrerait en ligne de compte. « Un enfant allaité risque de régurgiter, explique Serge Fortin, responsable des communications pour l’arrondissement. On doit prendre des précautions pour ne pas devoir fermer la pataugeoire. » L’arrondissement dit soutenir l’allaitement en public, et que le bord du bassin serait l’endroit approprié.

Interprétation d’un réglement municipal

Le règlement provincial sur la qualité de l’eau des piscines et autres bassins artificiels stipule que « le responsable d’un bassin de type “ empli-vide ”, sans système de circulation d’eau, doit le vider et le désinfecter quotidiennement avant de le remplir et de l’utiliser de nouveau. Il doit faire de même à la suite de tout accident vomitif ou fécal. »

Le règlement sur la qualité de l’eau des piscines publiques relève du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, qui n’a pas rappelé Le Devoir. La Direction de la santé publique de Montréal (DSP) ne peut confirmer si l’interprétation de l’arrondissement du règlement est correcte.

La porte-parole pour le dossier allaitement à la DSP, Chantal Bayard, livre toutefois ce message. « Les femmes ont le droit d’allaiter partout, n’importe quand, quand le besoin de l’enfant survient, et ce, peu importe l’âge de l’enfant », soutient-elle. De plus, elle estime qu’un enfant allaité ne risque pas plus qu’un autre de vomir dans la piscine. « Tout enfant qui a bu ou mangé, allaité ou non, pourrait potentiellement vomir dans la piscine », dit-elle.

Marie-Ève, une mère d’Hochelaga venue manifester avec son poupon, explique que « peu importe comment on nourrit notre enfant, il faut respecter ce choix », et déplore les jugements qui peuvent encore être portés.

Une deuxième femme, qui, le jour même de l’incident de Mélodie a allaité sans problème dans la pataugeoire d’un autre parc de Rosemont, ajoute qu’« allaiter est un droit, et j’aimerais que les femmes se sentent à l’aise de l’exercer ».

 

11 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 5 juillet 2014 04 h 02

    Tempête dans une pataugeoire...

    Si je comprends bien, de trois inconvénients, de trois frustrations, parce qu'on ne peut pas tout avoir, il faut choisir ?
    Soit on accepte collectivement un risque plus élevé de régurgitation et donc, celui de priver de baignade plusieurs dizaines de personnes, dont une majorité d'enfants en bas âge, parce que l'eau de ces bassins n'est pas filtrée ?
    Soit on se paie des travaux importants, donc assez coûteux pour la collectivité, pour remplacer toutes les pataugeoires par des bassins avec système de filtration collectif, afin que quelques enfants puissent être allaités tout en se baignant (parce que bien entendu, je considère ici que du côté des mères, elles sont toutes prêtes à sacrifier un peu de leur confort personnelle en été, à condition que leurs petits soient allaités partout instantannément et aussitôt leur demande exprimée) ?
    Soit on exige collectivement des mères allaitantes, d'avoir toutes le civisme élémentaire de sortir quelques minutes de l'eau, de façon à nourrir d'urgence leurs petits affamés ?
    Ce que je choisi, vous le devinez, je crois.
    Pour terminer, anecdotique, je pense que la dame qui déclare "Tout enfant qui a bu ou mangé, allaité ou non, pourrait potentiellement vomir dans la piscine" n'a jamais dû avoir d'ennui imprévue de régurgitation, et c'est tant mieux, chez ses enfants.
    Ce qui n'est certainement pas la chance de tous...
    Nous avons la chance de vivre dans un pays riche, donc de pouvoir choisir nos priorités collectives par l'entremise de nos représentants élus. En acceptant les inconvénients inhérents à nos choix, dont celui-là d'avoir à faire l'effort de voter pour d'autres la prochaine fois, lorsque mauvais choix est fait.
    Et surtout, évitons les tempêtes dans les pataugeoires. Nous en prendre aux gens qui, à coup d'emplois à temps partiel, se trouvent directement à notre service est, à mon avis, simplement infantile...
    D'ailleurs, ne serait-ce pas un exemple minimal et préventif de démocratie à généreusement offrir à nos enf

  • Michèle Norton - Inscrite 5 juillet 2014 09 h 25

    Les seins

    Plus on verra de seins en train de remplir leur fonction première, soit l'allaitement des enfants, moins cette partie du corps sera érotisée. La vue d'une femme qui allaite fièrement, sans se cacher évidemment, est réjouissante. Que le Québec devienne une terre d'allaitement, été comme hiver et que les mères et leurs enfants et les pères aussi, ne les oublions pas, soient fiers de leurs enfants et des soins qu'ils leur donnent.

    Je reçois des amis de Toronto ces jours-ci. Ils sont découragés par le coût des services de garde chez eux et, la jeune femme attendant un deuxième enfant, pensent déménager chez nous à cause de toute l'aide que les familles reçoivent ici, dont les fameux services de garde à sept dollars par jour. Nous sommes la seule province au Canada à tenter d'accommoder les parents qui travaillent et nous devons être fiers de ça!

    • Paul Gagnon - Inscrit 5 juillet 2014 14 h 41

      "qui allaite fièrement" : "qui allaite simplement" serait plus adéquat, à moins qu'il s'agisse d'en faire tout un plat...

  • Yvette Lapierre - Inscrite 5 juillet 2014 09 h 31

    Jusqu'à 20 ans?

    Tout à fait d'accord pour l'application de la loi qui permet l'allaitement en public, c'est naturel et c'est très bien mais, ces gamins sur la photos, en âge de parler, de marcher... Presque en âge d'aller se commander une glace tout seuls ...c'est pas un peu beaucoup d'être encore au sein? Enfin chacun ses choix, tout comme de s'installer dans un endroit calme et discret avec son bébé ou au centre de l'attention, il est n'est-il pas?

  • Réjean Guay - Inscrit 5 juillet 2014 10 h 01

    À quoi sert-elle cette montée de lait collective ? Est-ce que parce que cela est naturel que cela doive se faire publiquement ? C'est quoi ce besoin quasi irrépressible de donner la tétée en public ? La nouvelle-mère a-t-elle besoin de cela pour s'affirmer davantage ? Je pense que la blogueuse Mélodie , au-delà de sa frustration d'avoir eu de l'opposion à son geste , a réussi un bon coup de pub . Encore un coup de la planète médiatique montréalaise ?

    • Roxane Bertrand - Abonnée 5 juillet 2014 13 h 32

      Il y a une différence entre "devoir" et "pouvoir"! Je pense que cette "démonstration" visait à dédramatiser l'allaitement en société. Les bébés et les mères qui allaitent n'ont pas a être caché, exclus des lieux publics pour remplir se besoin primaire.

      Une personne handicapée peut se promener aux vue de tous aujourd'hui, ce ne fut pas toujours le cas. N'obligez pas des mères et des bébés à aller se cacher dans des toilettes chimiques trop chaudes. Ne dites pas regrettez le temps où les mères restaient à la maison.

      Devant un besoin aussi essentiel et physiologiquement sain que l'allaitement, je pense que la bonne attitude sociétaire est la tolérance.

    • Paul Gagnon - Inscrit 5 juillet 2014 14 h 24

      @Roxane Bertrand

      Toute ma vie, j'ai vu des personnes handicapées se promener à la vue de tous, et elle commence à être longue et pesante cette vie. Assez longue pour en avoir lu et entendu de toutes les couleurs, même si le mélange des "idées" semble inépuisable.

      Alors, pourriez-vous me dire quand a eu lieu cette période d'exclusion dont vous parlez? À moins que ce soit une autre affirmation de type "Internet"...

    • Paul Gagnon - Inscrit 5 juillet 2014 14 h 43

      Elle est bonne celle-là : "dédramatiser l'allaitement" en en faisant tout un… drame.

  • François Beaulé - Inscrit 5 juillet 2014 10 h 32

    Quand il fait chaud, il vaut mieux être à l'ombre

    Autant pour la mère que pour l'enfant, l'été par temps chaud, il faut rester à l'ombre d'un parasol ou d'un arbre. Et les bébés de moins de six mois ont la peau trop fragile pour supporter la lotion solaire.

    Donc les femmes qui allaitent leur enfant dans l'eau ou immédiatement sur le bord de la piscine cherchent la provocation et rien d'autre.

    Une autre solution simple pour allaiter son enfant en public est d'utiliser un biberon rempli avec le lait maternel recueilli avec une pompe à la maison. Une minorité de femmes préfère exhiber leur poitrine. Les femmes qui le font devraient se placer un peu à l'écart et non pas dans le bassin d'eau.

    • Michèle Norton - Inscrite 5 juillet 2014 20 h 16

      Une femme qui allaite devrait remplir un biberon avec son lait au lieu d'offrir le sein? Et elle ferait tout ce tralala pour qui, pour vous qui êtes dérangé par la vue d'un sein qui allaite? C'est vous "le public" qui devrait détourner le regard si un tel spectacle parfaitement naturel vous dégoûte. C'est vous qui avez un problème,pas la mère et l'enfant.