Québec imploré de maintenir la construction de logements abordables

Alors qu’il se situait à 0,8 % en 2003, le taux d’inoccupation des logements dans la région de Montréal atteint 2,7 % 11 ans plus tard.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Alors qu’il se situait à 0,8 % en 2003, le taux d’inoccupation des logements dans la région de Montréal atteint 2,7 % 11 ans plus tard.

Au lendemain d’un 1er juillet pratiquement sans anicroche, Québec et sa toute nouvelle Commission de révision permanente des programmes doivent résister à la tentation de couper dans la création de logements sociaux, plaident les organismes de défenses des droits des locataires.

 

Au début des années 2000, des milliers de familles se retrouvaient chaque année à la rue le 1er juillet venu, incapables de se trouver un logement abordable dans un marché en pénurie chronique d’habitations bon marché.

 

Alors qu’il se situait à 0,8 % en 2003, le taux d’inoccupation des logements dans la région de Montréal atteint 2,7 % 11 ans plus tard, seréjouit le coordonnateur du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), François Saillant.

 

« Ce qui a aidé énormément, c’est le logement social, estime-t-il. En 2002, on évaluait qu’il fallait 22 500 nouveaux logements sociaux pour l’ensemble du Québec pour mettre fin à la crise. » C’est finalement 23 468 logements coopératifs, publics ou sans but lucratif qui ont été construits au cours des dix dernières années à l’échelle de la province.

 

À Montréal comme ailleurs, l’offre de logements abordables « repose essentiellement sur le logement social », affirme M. Saillant. « Un nombre beaucoup plus important de ménages vulnérables se serait retrouvé à la rue si le logement social n’avait pas joué ce rôle. »

 

Cette année, près de 360 ménages québécois ont néanmoins contacté les services d’urgence des municipalités. Du lot, c’est à Gatineau — où la proximité avec Ottawa gonfle substantiellement le prix des loyers — et à Québec que la situation demeure la plus grave, note M. Saillant. Mercredi, 19 ménages se trouvaient toujours sans domicile à Gatineau, dont cinq familles avec enfants. Six ménages se trouvaient dans la même situation dans la région métropolitaine.

 

Tout en reconnaissant que le premier budget Leitao prévoit la construction de 3000 nouveaux logements sociaux, M. Saillant craint que le nombre de familles à la rue bondisse à nouveau ces prochaines années si le gouvernement Couillard cesse d’investir dans ces programmes. « Tous les programmes seront examinés et, soyons francs, le logement social coûte cher. On a peur que ce qui va se faire à la Commission de révision des programmes soit essentiellement un travail comptable, qu’on regarde ce qui coûte cher et qu’on coupe là. Il ne faudrait pas que le gouvernement sacrifie [la construction de logements] au nom de la lutte contre le déficit », expose-t-il, rappelant que les taux d’inoccupation demeurent relativement faibles.

 

Le marché menacé

 

Les propriétaires-locateurs observent eux aussi cette tendance. De l’avis de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ), c’est le cadre réglementaire actuel qui décourage la construction de nouveaux appartements locatifs. « Les investisseurs sont désormais moins intéressés à construire ou à rénover des logements locatifs », estime Hans Brouillette, porte-parole de la CORPIQ.

3 commentaires
  • André Michaud - Inscrit 3 juillet 2014 10 h 05

    Coop ou subventions ?

    Si, grace aux chinois, notre pouvoir d'achat n'a pas baissé et même a augmenté sur plusieurs choses, le prix des loyers lui a grimpé de beaucoup dans les 15 dernières années. Ce qui devient un problème pour les gens sans emplois ou les petits revenus avec famille. Et on ne peut compter sur les chinois pour cela.

    Il faut éviter de construire des HLM qui sont des ghettos pour pauvres. Un mauvais endroit pour élever des enfants et souvent plus de vandalisme, criminalité.. Un endroit souvent mal entretenu..parfois même carrément dégeulasse..sentant l'urine dans les couloirs..

    Il faut privilégier les coop où les locataires participent à l'entretien et ont une conscience collective.

    Ou alors aider les plus démunis à payer un loyer qui se trouve dans un endroit avec une mixité de citoyens , pas seulement des pauvres . C'est très important pour les enfants qui ne doivent pas s'identifier à la pauvreté et se voir stigmatisé à le rester.

    • Véronique Lévis - Inscrite 3 juillet 2014 12 h 44

      Merci de votre commentaire André Michaud, j'aurais voulu dire exactement la même chose mot pour mot!

      Les coopératives sont une excellente alternative et en plus un milieu où on se responsabilise!

      Il faut pouvoir aider les gens à être autonomes et fiers d'eux-même.

  • Leclerc Éric - Inscrit 3 juillet 2014 11 h 52

    Coiteux a-t-il un esprit de compassion?

    S'il est attentif aux idées de son collègue François Blais sur l'instauration d'un revenu minimum garanti, peut-être a-t-il aussi l'intention de poursuivre la construction de logements pour gens à faible revenu. Après tout, les transferts de péréquation d'Ottawa ne sont-ils pas là pour aider le Québec à équilibrer son budget, y compris celui destiné aux mesures sociales?