Une relance touristique pour Lac-Mégantic

Le Groupe Action Mégantic, composé de gens d’affaires, a proposé pour Lac-Mégantic vendredi un plan de relance axé sur la culture et le tourisme, dont un cinéma 3D qui proposerait des présentations de la tragédie du 6 juillet.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le Groupe Action Mégantic, composé de gens d’affaires, a proposé pour Lac-Mégantic vendredi un plan de relance axé sur la culture et le tourisme, dont un cinéma 3D qui proposerait des présentations de la tragédie du 6 juillet.

Près d’un an après la tragédie de Lac-Mégantic, citoyens et commerçants attendent toujours une vision pour réanimer le cratère qui creuse le coeur de la ville. Une vision : voilà ce que le Groupe Action Mégantic (GAM) a proposé vendredi en suggérant une relance axée sur la culture et le tourisme.

 

Un centre des congrès, un complexe hôtelier, un centre d’interprétation de l’histoire ferroviaire, une maison de la culture et un cinéma 3D qui « inclurait, entre autres, des présentations de la tragédie du 6 juillet » : la trentaine de gens d’affaires associés au GAM espèrent que cette proposition siéra tant aux citoyens qu’aux commerçants, dont plusieurs demeurent sans logis commercial depuis 11mois. La suggestion vise d’abord la décontamination totale des lieux, le rachat des terrains et des immeubles laissés vacants dans la zone « rouge » et la construction d’une voie de contournement qui exclurait tout transit de matières dangereuses dans le centre-ville.

 

« Nous voulons nous prendre en main, nous retrousser les manches et dire : et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? », a expliqué Jacques Cloutier, enseignant et porte-parole du GAM. La vision, partagée une première fois le 26 mai auprès de la population, a suscité la controverse, notamment en raison de cette idée d’un cinéma IMAX recréant la tragédie. « Des nouvelles idées, ça soulève les critiques, c’est normal », a dit M. Cloutier.

 

Dans la salle, Denis Bolduc et Denise Poulin, propriétaires de Bolduc Chaussures et vêtements, embrassent la vision proposée par le GAM. « Il faut que ça bouge, que quelque chose se passe ici », dit M. Bolduc, dont le commerce, situé en zone dévastée, est désormais relocalisé dans les condos commerciaux bâtis aux abords du centre-ville pour ceux qui voulaient repartir en affaires. « On a décidé d’y aller, nous autres », explique M. Bolduc, qui, avec sa conjointe, a investi toutes ses économies pour y arriver. « Ça va faire un an et on n’a toujours rien reçu du gouvernement », explique André Valiquette, propriétaire de l’ancien Métro — une nouvelle et gigantesque épicerie Métro est en pleine construction. L’ancienne bâtisse avait une valeur marchande de 6,5 millions au moment du drame, mais il n’a pas touché un sou encore. Son voisin du Jean-Coutu, Claude Charron, attend lui aussi une réponse qui ne vient pas.

 

Cette attente pourrait coûter à Alexandre Lapointe, propriétaire du Renato, un été de fructueuses recettes. Car, sans les 550 000 $ nécessaires pour reconstruire et rouvrir son restaurant, le jeune homme n’y arrivera tout simplement pas. « Je n’ai pas encore fait une croix là-dessus, dit-il, mais je commence à être épuisé par l’attente. »

 

Le GAM a déposé son mémoire vendredi à la Ville de Lac-Mégantic, mémoire qui fera l’objet d’une discussion publique à la séance du 16 juin. Cette semaine sera cruciale pour l’avenir du centre-ville méganticois, car c’est le 17 juin que, dans le cadre de sa démarche de « participation citoyenne » Réinventer la ville, le conseil de Lac-Mégantic présentera une première version du plan d’aménagement préférentiel de la zone sinistrée.

2 commentaires
  • Claude Saint-Jarre - Inscrit 7 juin 2014 07 h 41

    Centre de recherche appliquées

    Bonjour. Il me semble qu'il serait intéressant que Lac Mégantic se pourvoie d'un centre de recherches et de pratique concrète des énergies alernatives. Le coût élevé pourrait diminuer en grand avec l'aspect virtuel que l'informatique permet. Et s'il -vous-plaît, l'éloigner de la voie ferrée ou bien le mettre SUR cette voie qui serait dès lors inutilisée par les trains puisqu'ils emprenteraient une voie hors ville.

    • Guy Vanier - Inscrit 8 juin 2014 08 h 14

      Il ne faudrait pas en faire un cirque...