Du pétrole sur les rails de Lac-Mégantic ?

Du pétrole pourrait à nouveau rouler sur les rails de Lac-Mégantic, envisage déjà le président de l’entreprise née des cendres de la Montreal, Maine Atlantic Railway. Une éventualité que se garde bien de commenter la municipalité.

 

À deux mois du premier anniversaire de la tragédie ayant coûté la vie à 47 personnes, le président des Chemins de fer du centre du Maine et du Québec (CMQ), John Giles, a ouvert la porte vendredi à la reprise du transport de pétrole brute en sol québécois, 24 heures après l’officialisation de la vente des actifs américains de la MMA au fonds d’investissement Fortress.

 

La société canado-américaine — l’acquisition de la portion canadienne de la MMA devrait être finalisée ces prochaines semaines — pourra reprendre le transport de pétrole dans 18 mois, après la réalisation de travaux de modernisation des infrastructures situées au nord de la frontière.

 

Ces travaux sont évalués à 10 millions de dollars, a affirmé M. Giles lors d’une rencontre avec les travailleurs du chemin de fer. Un montant qui représente une fraction des fonds nécessaires à la construction d’une voie de contournement du centre-ville de Mégantic, à laquelle tient mordicus la Ville.

 

Malentendu

 

Mégantic et CMQ étaient à un cheveu d’en arriver à une entente pour la reprise du transport de biens non dangereux, en début de semaine. Mais un « malentendu de dernière minute » a empêché l’adoption de l’entente par le conseil municipal. M. Giles espère régler la chose une fois pour toutes dans les prochains jours.

 

« Pour des raisons de sécurité et aussi de sensibilité et de respect du contrat social que nous avons avec Lac-Mégantic, nous avons choisi de ne pas transporter de biens dangereux à travers la ville jusqu’à ce que l’infrastructure soit améliorée et rendue plus fiable », a-t-il affirmé à l’Associated Press.

 

Joint dans le Maine, le dirigeant de CMQ s’est montré encore plus prudent quant au retour de matières dangereuses à Mégantic, affirmant que le transport de mazout sur cette partie du réseau ferroviaire demeurait plutôt hypothétique à l’heure actuelle.

 

« Écoutez, je ne sais même pas s’il y a un désir pour que l’on transporte du pétrole, a-t-il confié au Devoir. Personne n’est assis les bras croisés à attendre que je dise “ oui !, nous allons transporter votre pétrole !  »

 

 

 

 

Négociations avec la Ville

 

 

La mairesse Colette Roy-Laroche n’a pas accordé d’entrevue, vendredi. Le transport de matières dangereuses est néanmoins « sur la table », a confirmé le porte-parole de la Ville de Lac-Mégantic, Louis Longchamps. « On négocie en ce moment avec eux. Depuis le début, on demande une voie de contournement. C’est encore là, ça n’a pas changé. Pour y parvenir, nous devons poursuivre les discussions », a-t-il ajouté.

 

Un porte-parole du bureau du premier ministre Harper, Carl Vallée, a pour sa part souligné que « tout plan de la compagnie doit prendre en compte la tragédie vécue par les gens de Mégantic ».