Comparutions à Lac-Mégantic: la ministre Vallée évoque des raisons de sécurité

Les trois accusés sont arrivés menottés mardi et ont été contraints de défiler devant la population locale massée en face de l’édifice, une façon de procéder qui a suscité des critiques.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les trois accusés sont arrivés menottés mardi et ont été contraints de défiler devant la population locale massée en face de l’édifice, une façon de procéder qui a suscité des critiques.
Québec — La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a évoqué mercredi des raisons de sécurité pour expliquer la comparution d’accusés menottés dans le cadre des procédures judiciaires relatives à la tragédie de Lac-Mégantic.

Mme Vallée a affirmé que cette décision avait été prise par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

La ministre a souligné l’importance d’assurer l’accessibilité à la justice pour la population éprouvée par la tragédie ferroviaire qui a fait 47 morts l’été dernier dans cette municipalité des Cantons-de-l’Est.

Trois accusés ont comparu mardi dans une salle de tribunal aménagée dans un centre sportif de Lac-Mégantic, où le palais de justice a été détruit par l’incendie qui a suivi le déraillement d’un convoi de wagons citernes remplis de pétrole.

Les trois hommes sont arrivés menottés et ont été contraints de défiler devant la population locale massée en face de l’édifice, une façon de procéder qui a suscité des critiques.

Possibles aménagements

Avant une réunion du conseil des ministres, lors d’un bref échange avec la presse parlementaire, Mme Vallée a évoqué mercredi la possibilité d’examiner des aménagements plus appropriés pour le procès des accusés.

«Il y a une volonté d’avoir les dossiers qui se passent sur les lieux, a-t-elle dit. Si, par exemple, le processus s’était effectué à Sherbrooke, on aurait certainement eu des commentaires à l’effet qu’on était loin des gens.»

Mme Vallée a affirmé que le DPCP a la latitude d’appliquer les mesures de sécurité requises dans la procédure de comparution des accusés.

«Le DPCP a des choix qui lui sont propres, a-t-elle dit. Il y a la sécurité aussi des gens qui sont accusés et il y a des décisions qui ont été prises.»

Mme Vallée a reconnu que les lieux physiques choisis pour les procédures judiciaires pourraient nécessiter des aménagements.

«Il y a toujours l’accessibilité pour les gens du coin, c’est un enjeu, a-t-elle dit. On a une problématique où on a un palais de justice qui malheureusement a été détruit. Alors c’est certain qu’il faut s’assurer, comme dans tous les cas d’accessibilité à la justice, qu’on puisse avoir des procès sur les lieux physiques. Maintenant, est-ce qu’il faudra aménager de façon un petit peu plus appropriée? On se penche sur la question.»

Par Alexandre Robillard