Le Jamais Lu révèle Chloé Fleurant

Émilie Corriveau Collaboration spéciale
Chloé Fleurant, lauréate du prix Bénévole d’affaires
Photo: McCarthy Tétrault Chloé Fleurant, lauréate du prix Bénévole d’affaires

Ce texte fait partie du cahier spécial Prix Arts-Affaires 2014

Tous les ans, dans le cadre des Prix Arts- Affaires, le Conseil des arts de Montréal et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain s’unissent pour désigner un bénévole de l’année. Ce printemps, Chloé Fleurant, avocate chez McCarthy Tétrault, remporte les honneurs pour son implication auprès du Festival du Jamais Lu.

C’est en 2011, à l’occasion de la première édition de Go.-C.A., un programme de jumelage du Conseil des arts de Montréal visant à doter les conseils d’administration d’organismes artistiques de nouveaux membres, que Mme Fleurant fait la connaissance de Mme Marcelle Dubois, directrice artistique du Jamais Lu. Mordue de théâtre, elle craque immédiatement pour l’organisation, qui, au moyen de son festival, propose aux auteurs de la relève une tribune pour la lecture de leurs textes inédits.

 

« J’ai vraiment eu le coup de foudre pour le Jamais Lu, confirme-t-elle. J’ai vite compris qu’il s’agissait de gens hyper-altruistes qui voulaient aider leurs pairs artistes à faire connaître leurs textes. Je me souviens que lors de notre première rencontre, Marcelle avait qualifié le Jamais Lu d’incubateur de talents et de rampe de lancement pour les jeunes auteurs. Ça m’avait touchée et donné envie de me joindre à eux. »

 

De son côté, Mme Dubois confie qu’elle a bien failli tomber en bas de sa chaise lorsqu’elle a appris que Mme Fleurant souhaitait siéger au conseil d’administration de son organisation. « Quand Chloé a accepté de se joindre à notre conseil d’administration, elle n’avait que 26 ans, évoque-t-elle. Quand on sait le temps que ça prend, bâtir une carrière d’avocat, moi, ça m’impressionnait beaucoup qu’à son âge, elle décide tout de suite d’intégrer sa contribution à un organisme comme le nôtre dans son parcours. Je me disais qu’elle aurait très bien pu choisi une organisation de plus grande envergure, mais non, elle a préféré travailler avec nous ! »

 

Un travail pas comme les autres

 

Si, au départ, c’est surtout en tant qu’avocate et au moyen de conseils juridiques et administratifs que Mme Fleurant a pu venir en aide au Jamais Lu, au fil des ans, son apport n’a cessé de croître et de se manifester de toutes sortes de manières.

 

« D’année en année, on a vu toute l’envergure qu’elle pouvait prendre, commente Mme Dubois. Elle maîtrise tous les codes du conseil d’administration, autant sur le plan de la gouvernance, où elle a eu à nous donner beaucoup de coups de main, que sur le plan du financement. C’est une vraie perle ! »

 

Il est vrai qu’en tant que membre du comité de financement du Jamais Lu, Mme Fleurant fait beaucoup pour garnir les caisses de l’organisation. Cette année, par exemple, elle a réussi à dénicher le président d’honneur de la campagne, M. Michel Deschamps, associé au sein du groupe du droit des affaires du cabinet McCarthy Tétrault et sommité du monde du droit bancaire.

 

Dans le même esprit, elle a réussi à convier énormément de gens d’affaires à une soirée-bénéfice tenue en avant-première du festival. Persuasive, elle a convaincu plusieurs d’entre eux de débourser 1000 dollars de leur poche pour avoir le plaisir de jouer sur scène, en duo avec un comédien professionnel, un texte écrit par un des jeunes auteurs soutenus par le Jamais Lu. Poussant l’engagement au maximum, elle a elle-même effectué un don d’un millier de dollars pour monter sur les planches.

 

« Depuis qu’elle est sur le C. A., on a bâti un super réseau, note Mme Dubois. Cette année, en bonne partie grâce à elle, on tient la plus importante campagne de financement de l’histoire du festival. On va recueillir un peu plus de 45 000 dollars, ce qui représente tout près de 20 % de notre budget de fonctionnement. C’est énorme ! »

 

Une belle récompense

 

Aux dires de Mme Dubois, même si le Jamais Lu n’avait jamais proposé de candidature dans le cadre des Prix Arts-Affaires, présenter celle de Mme Fleurant en tant que bénévole de l’année relevait de l’évidence.

 

« Chloé est devenue pour nous un trait d’union avec le milieu des affaires, dit Mme Dubois. Elle le fait d’une façon tellement naturelle et dévouée, c’est incroyable. J’avais vraiment envie de lui redonner un peu de ce qu’elle nous offre depuis qu’elle s’est jointe à nous. Il y avait aussi un peu le désir de motiver le reste du C. A., parce que forcément, ce genre de reconnaissance, ça a un impact sur le travail de tout le monde. »

 

Lorsqu’elle a appris qu’elle avait été mise en nomination par ses comparses du Jamais Lu, Mme Fleurant, elle, s’est montrée vraiment surprise. Convaincue que ce genre de prix était surtout l’apanage des mécènes impliqués dans le domaine des arts depuis de nombreuses années, elle ne croyait pas que son action était suffisamment grande pour être soulignée de la sorte.

 

Aussi, la surprise n’a été qu’encore plus grande lorsqu’elle a appris qu’elle était la récipiendaire du prix Bénévole d’affaires. « Ça m’a tellement fait chaud au coeur, lance la jeune avocate. Ça démontre qu’on est une belle équipe au Jamais Lu, que tout va bien, que les efforts que je mets sont reconnus. C’est sûr que ça fait vraiment tout un velours ! »

 

Mais pour Mme Fleurant, c’est surtout l’impact que ce prix aura sur le rayonnement du Jamais Lu et sur les liens entre les gens d’affaires et le milieu de la culture qui importe. « Je suis contente que ce prix-là mette en lumière le festival, confie-t-elle. J’espère que ça aura pour effet d’encourager les autres entrepreneurs ou professionnels à faire comme moi. S’impliquer, se porter volontaire dans le milieu de la culture, ça peut réellement faire une différence, c’est valorisant, et ça permet de rencontrer plein de gens d’affaires intéressants. Ne pas l’essayer au moins une fois, c’est se priver de pas mal de belles choses ! »

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