Le bénévole Luis Angarita a su émouvoir

Claude Lafleur Collaboration spéciale
Luis Angarita est le premier lauréat du coup de coeur des Prix Arts-Affaires.
Photo: Michael Abril Luis Angarita est le premier lauréat du coup de coeur des Prix Arts-Affaires.

Ce texte fait partie du cahier spécial Prix Arts-Affaires 2014

Le jury chargé de déterminer la personnalité d’affaires bénévole a été si impressionné par la candidature de Luis Angarita qu’il lui a décerné le premier « Coup de coeur » jamais octroyé par les Prix Arts-Affaires.

Reconnaissance il y a eu de l’implication de Luis Angarita et elle s’explique par le fait qu’il s’agit d’un designer de renom qui fait à la fois preuve de courage, d’entrepreneuriat et de générosité, comme en témoigne Angela Sierra, fondatrice et directrice générale de LatinArte, qui fait la promotion des artistes latino-américains d’ici. Cet OSBL ayant bénéficié du dévouement de M. Angarita, c’est avec enthousiasme qu’il a soumis sa candidature au prix Bénévole d’affaires des Prix Arts-Affaires.

 

« Nous l’avions rencontré lors d’une journée portes ouvertes de Design Montréal, raconte Mme Sierra, et lorsque nous sommes allés sur Internet pour voir qui il était, on s’est vite rendu compte qu’il est très connu en Colombie et qu’il a gagné plusieurs prix internationaux. Dont un prestigieux prix en design en Italie. Mais ça, voyez-vous, iI en parle peu ! »

 

Des idées folles, mais rentables

 

Dès son adolescence, Luis Angarita a montré ses talents de créateur ainsi que son audace. Déjà, à 14 ans, il produisait des caricatures pour le plus important quotidien de Colombie, El Espectador, journal très critique par rapport aux narcotrafiquants. D’ailleurs, Pablo Escobar, l’un des plus terribles d’entre eux, a fait placer une bombe au journal un jour de septembre 1989 ! « Heureusement, je n’étais pas au journal ce jour-là », de dire M. Angarita.

 

Puis, en 1995, il fonde CD I Associates, une compagnie de design et d’innovation (c. d. i.) basée à Bogotá. « Nous faisons de la consultation pour le design de produits ou la conception de stratégies de marketing ou encore d’espaces commerciaux, etc., dit-il. Nous sommes d’origine latino-américaine, mais nous travaillons avec des Européens et des Québécois, mélangeant les différentes approches culturelles et commerciales afin d’innover. Ce que nous cherchons à faire pour nos clients, c’est d’imaginer de folles idées mais qui sont réalisables et qui permettent d’obtenir de bons résultats pour gagner de l’argent, de la reconnaissance ou de la connaissance. »

 

Montréal, la place parfaite !

 

Basée à Bogotá, CD I Associates a, dans un premier temps, ouvert un bureau à Barcelone avant de venir s’établir à Montréal en 2010. « Nous sommes d’abord allés visiter New York, Los Angeles, Munich et même Buenos Aires, raconte Luis Angarita. Mais nous avons conclu que Montréal, c’était la place ! C’est une ville multiculturelle, très ouverte et très différente de toutes les autres. Et c’était pour nous la place parfaite pour nous installer ! »

 

On doit en fait à un jeune designer montréalais la venue de CD I, rapporte-t-il encore. « [Au milieu des années 2000], Alexandre Joyce a pris contact avec nous, dit-il. Il est même venu nous voir à Bogotá, une ville très dangereuse à l’époque, et il a fait pour nous un travail remarquable. Pas étonnant qu’il soit devenu l’un des plus grands designers québécois, souligne au passage M. Angarita. Il nous a aussi dit que Montréal avait un potentiel extraordinaire pour ouvrir un nouveau bureau. »

 

Quatre ans plus tard, Luis Angarita s’est donc installé ici avec sa famille. « Nous sommes tombés en amour avec Montréal, affirme-t-il, car c’est vraiment la place pour développer des innovations. »

 

« Je suis directeur d’innovation, explique le designer. Mon travail consiste à m’occuper d’un peu de tout, en appuyant parfois par mon expérience une architecte, une publiciste — parfois une magicienne, et quelques fois même à me casser la tête ! — pour créer des recettes uniques qui permettront à nos clients de réussir dans leur marché. » Pour lui, chaque nouveau contrat est un défi. « Et le défi le plus intéressant, c’est toujours le prochain ! », lance-t-il avec enthousiasme.

 

L’art de s’intégrer à la culture locale

 

Le designer de talent a néanmoins pris le temps de s’initier à la culture montréalaise et nord-américaine. Les premiers trois ans, dit-il, il a cherché à comprendre « de quelle façon ça marche ici. C’est comme recommencer à zéro, rapporte-t-il. Nos affaires ont donc démarré très lentement… »

 

Astucieux, il a d’abord ciblé la clientèle latino-américaine, travaillant de concert avec la Chambre de commerce latino-américaine du Québec. « Et maintenant, nous travaillons avec des clients locaux, dit-il. Voilà qui nous demande du temps puisqu’il faut bien comprendre à qui on a affaire. » Par contre, indique Angela Sierra, « M. Angarita a le génie d’apporter la touche latino. C’est magique, ce qu’il fait ! »

 

LatinArte (se prononce latine arté) a d’ailleurs été l’un de ses premiers clients. « Comme il venait d’arriver ici, je me suis dit qu’il nous fallait profiter du fait qu’il ne soit pas encore très connu puisque, après, il sera impossible à approcher ! », déclare en riant Mme Sierra.

 

C’est ainsi que depuis 2010, M. Angarita oeuvre bénévolement au développement de l’image de LatinArte, notamment en faisant la promotion du festival latino présenté chaque automne.

 

« M. Angarita est notre conseiller en innovation et en stratégie de marque, précise-t-elle. C’est lui qui nous dit quoi faire pour devenir plus visible auprès du public. Il a conçu pour nous plusieurs campagnes de marketing et de mise en marché, et il est actuellement en train de faire le design de notre nouveau site Web. Il a des idées de génie, lance-t-elle, et tout ce qu’il a fait depuis le début, c’est à titre bénévole ! »

 

C’est d’ailleurs LatinArte qui a proposé la candidature de Luis Angarita aux Prix Arts-Affaires. « Oh, que je suis heureuse [que sa candidature ait été retenue], s’exclame Angela Sierra. Vient un moment où il faut retourner l’ascenseur, et nous voulions lui témoigner notre reconnaissance plus que par un simple merci », dit-elle avec satisfaction.

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