Pour dompter la voiture

Une piste cyclable le long d’un boulevard à Copenhague, au Danemark. Des chercheurs québécois se penchent sur la capitale du vélo pour inspirer des réformes du code de la route au Québec.
Photo: Jean-François Bruneau Une piste cyclable le long d’un boulevard à Copenhague, au Danemark. Des chercheurs québécois se penchent sur la capitale du vélo pour inspirer des réformes du code de la route au Québec.

La mort d’une cycliste heurtée par un camion, cette semaine à Montréal, remet à l’ordre du jour le difficile partage de la route sur des infrastructures conçues au siècle dernier. Des universitaires mandatés par le ministère des Transports du Québec cherchent des solutions à Amsterdam, à Copenhague et dans une vingtaine d’autres villes européennes reconnues comme des pionnières de la cohabitation entre autos, vélos et piétons. Zoom sur des idées étonnantes.

On ne verra jamais un « tunnel de la mort » à Delft, aux Pays-Bas : cette charmante ville de 100 000 habitants a fait le choix d’aménager une voie sûre pour tous les usagers de la route. Et donne même la priorité aux piétons, aux petits vieux en fauteuil motorisé, aux vélos et aux mamans qui sortent avec une poussette. Les camions et les voitures n’ont qu’à attendre !

 

Près de la gare de Delft se trouve un tunnel semblable à celui qui a été le théâtre du terrible accident qui a emporté une cycliste, rue Saint-Denis, cette semaine à Montréal. Sauf qu’à Delft, le tunnel comporte une piste cyclable surélevée et séparée de la chaussée, en plus d’un large trottoir. Aucune commune mesure avec le viaduc sombre et étroit où la cycliste Mathilde Blais, 33 ans, a été heurtée par un gigantesque camion-grue lundi dernier.

 

« Les Pays-Bas ont décidé de protéger les usagers de la route les plus vulnérables et ont pris les moyens pour y parvenir », dit Jean-François Bruneau, professeur associé et doctorant en génie civil à l’Université de Sherbrooke. Il fait partie de la Chaire de recherche en mobilité de l’École polytechnique de Montréal, qui a eu un mandat hors de l’ordinaire du ministère des Transports du Québec (MTQ) : élaborer un « code de la rue » inspiré d’une demi-douzaine de pays européens réputés pour leur partage de la route harmonieux.

 

Le but : faciliter les déplacements en ville. Réduire la congestion. Créer des espaces publics où les gens se parlent, se rencontrent, prennent un café. Rendre la vie plus agréable. Ce n’est pas une politique contre les voitures, pro-vélo ou pro-piéton. C’est une politique « pour le bien commun », explique Catherine Morency, ingénieure et responsable de la Chaire mobilité à l’École polytechnique.

 

Le MTQ s’active

 

Avant même le tragique accident de vélo de cette semaine, le MTQ a ainsi commencé à chercher « des solutions vers un aménagement du réseau plus sécuritaire pour les déplacements des usagers vulnérables (piétons, cyclistes, personnes à mobilité réduite, etc.) qui tiennent compte de leur faisabilité en fonction du contexte québécois de circulation et des rigueurs hivernales », a appris Le Devoir.

 

Pour remplir cette mission, le chercheur Jean-François Bruneau a mené au cours des dernières semaines 13 assemblées de consultation dans 11 villes québécoises. Il a rencontré 223 citoyens, qui se sont montrés largement favorables à une série de mesures audacieuses en vigueur en Europe : donner la priorité absolue aux usagers de la rue les plus vulnérables, dans toutes les rues ; aménager des zones sans trottoirs où cohabitent piétons, vélos et voitures ; créer des zones sans signalisation, y compris sans feux de circulation et sans panneaux d’arrêt. Il mène aussi une consultation en ligne intitulée Évaluation du potentiel d’application d’une démarche «Code de la rue» pour le Québec et identification des enjeux et stratégies liés à sa mise en oeuvre.

 

Le chercheur a séjourné dans 25 villes de cinq pays (France, Suisse, Allemagne, Pays-Bas, Danemark) pour rapporter les idées les plus innovatrices. La beauté de l’affaire, c’est que ces solutions ne coûtent pas une fortune, s’implantent facilement et sauvent des vies. On ne parle pas ici d’un tramway à 1 milliard de dollars ou d’un projet pharaonique qui prend des années à implanter. Il suffit d’aménager des rues conviviales et bien pensées. Et de changer la « culture du char » qui domine en Amérique du Nord depuis le siècle dernier.

 

Le pouvoir aux citoyens

 

« Le Québec peut s’inspirer de ces concepts européens, mais il faut que la population les réclame. Ça prend une forte mobilisation citoyenne pour implanter un code de la rue », dit Jean-François Bruneau.

 

À Amsterdam, par exemple, il a fallu une série d’accidents mortels pour que la population réclame la fin du règne de l’auto, au début des années 1980. Cette ville des Pays-Bas est devenue un modèle pour l’efficacité de ses transports parce que les gens l’ont réclamé haut et fort, rappelle le professeur.

 

La mort de la cycliste Mathilde Blais aurait-elle déclenché ce vent de changement pour de nouvelles règles du jeu en matière de déplacements à Montréal ? Des groupes de cyclistes, de piétons et de simples citoyens ont dénoncé très fort les périls de la circulation à Montréal cette semaine. Le lobby du vélo, notamment, prend une place importante depuis l’an dernier.

 

Ce n’est pas un hasard si le nouveau ministre des Transports, Robert Poëti — qui s’est fait traiter de dinosaure pour ses propos sur le vélo d’hiver —, a annoncé cette semaine son intention de réviser le Code de la sécurité routière pour l’adapter à la pratique du cyclisme. Les vélos pourront notamment rouler sur les trottoirs aux endroits jugés dangereux.

 

Les arrondissements du Plateau-Mont-Royal et de Rosemont-La Petite Patrie, dirigés par les maires Luc Ferrandez et François Croteau, n’ont pas attendu le feu vert de Québec ou de la ville centre : au lendemain de l’accident mortel de cette semaine, ils ont permis la cohabitation des vélos et des piétons sur les trottoirs aux abords des « tunnels de la mort ».

 

Le parti des maires Ferrandez et Croteau, Projet Montréal, propose déjà un code de la rue inspiré de Copenhague, d’Amsterdam et compagnie. La transformation de l’avenue Laurier Est, sur le Plateau, s’inspire en bonne partie de l’urbanisme à l’européenne : le maire Ferrandez a réduit l’espace fait aux voitures et a élargi les pistes cyclables et les trottoirs.

 

Protéger les 8 à 88 ans

 

Le code de la rue étudié sous toutes ses coutures par les chercheurs de l’École polytechnique — et que le MTQ envisage d’implanter — irait encore plus loin : il nécessiterait un « changement de culture », du moins en ville, pour considérer les usagers de la rue comme responsables de la sécurité des autres usagers plus vulnérables. Comme aux Pays-Bas, au Danemark et ailleurs.

 

« Si tu fais le choix de conduire un véhicule qui met les autres en danger, c’est à toi de faire attention aux autres, résume Jean-François Bruneau. Si un cycliste heurte un piéton, il a un sérieux problème. Même chose si une voiture heurte un vélo. »

 

Tout un changement de culture, en effet. Les rues de Montréal ont parfois l’allure d’un derby de démolition entre camions, voitures, vélos et piétons. Sans oublier les voiturettes électriques pour personnes âgées, qui n’ont nulle part où rouler et doivent se faufiler entre piétons, voitures et camions. Un fauteuil motorisé a même été surpris à rouler en pleine autoroute 15 cette semaine.

 

La population vieillit. Les responsables du transport et de l’urbanisme doivent se préparer : ces voiturettes électriques pour les gens qui ont de la difficulté à marcher vont envahir l’espace public dans les prochaines années, explique Marie Demers, associée de recherche à la Chaire Mobilité et auteure du livre Pour une ville qui marche.

 

Le « code de la rue » venu d’Europe vise justement à protéger les gens les plus vulnérables. Les « 8 à 88 ans », comme disent les chercheurs de Polytechnique. Dans certaines zones de villes allemandes comme Speyer ou Brühl, par exemple, il n’y a ni trottoir ni chaussée pour les voitures. Qu’une vaste étendue où les voitures circulent à basse vitesse parmi les piétons, les vélos et les trottinettes pour enfants.

 

Ça fonctionne parce que les règles sont claires : « Priorité aux plus petits », rappelle Jean-François Bruneau.

 

Ces solutions hors du commun valent pour le coeur des villes. Plus on s’éloigne du centre-ville, plus les usagers sont séparés physiquement. Autre particularité qui pourrait inspirer le Québec : les rues sont conçues pour que les véhicules circulent constamment, sans s’arrêter, mais à basse vitesse. Autour de 30 km/h. Piétons et vélos ont la priorité aux ronds-points, où l’arrêt n’est pas obligatoire.

 

« La circulation est constante et fluide, dit le chercheur. Ça augmente le débit de circulation de 10 % par rapport aux rues telles qu’on les connaît. Et c’est moins stressant qu’à Montréal, où on trouve un feu rouge à chaque coin de rue et où il faut sans cesse arrêter et accélérer. »

 

Le maire Denis Coderre tient à faire de Montréal une « ville intelligente ». Les chercheurs de Polytechnique lui donneront sans doute matière à bien des projets. Sans que ça ruine les contribuables.

42 commentaires
  • Pierre LeBel - Inscrit 3 mai 2014 06 h 39

    Vélos sur les trottoirs

    J'apprécie le geste des maires Ferrandez et Croteau de laisser les vélos prendre le trottoir pour passer sous les viaducs. Il faut, toutefois, ne pas régler un danger en créant un nouveau. Nous pourrons rapidement voir un cycliste happé un piéton ! Je propose que des panneaux soient installés dans des endroits opportuns qui invitent les cyclistes à marcher à côté de leurs vélos sur les trottoirs passant sous les viaducs. Les cyclistes sont parfois très rapide et on ne les voies pas toujours arriver.

    • Ronald Houde - Inscrit 3 mai 2014 11 h 16

      Il faut mentionner que les maires d'arrondissement Ferrandez et Croteau ont bel et bien dit que cette mesure n'est que temporaire et ne règle pas le problème de fond. De tasser le problème de partage du réseau routier sur le trottoir ne sera jamais désirable à long terme, mais force est d'admettre que le risque inhérent aux interactions vélo/piéton est pas mal moindre que celui automobile/cycliste, surtout que les cyclistes plus rapides, dit véhiculaires, eux, vont rester sur la chaussée.

    • Céline Delorme - Abonnée 3 mai 2014 15 h 34

      A tous ceux qui disent que le vélo doit rouler sur le trottoir, SVP veuillez m'expliquer quel endroit, alors, reste-t-il pour les piétons?

      Bien sûr il s'agit d'une minorité de cyclistes qui sont en action de "rage au guidon" et qui roulent à toute vitesse sur le trottoir en frôlant les piétons, mais, selon le médecin chef de l'urgence de L'Hôpital Général, entendu à la radio, il y a en moyenne 9-10 piétons par an à Montréal, qui ont des blessures très graves car frappés par des vélos sur le trottoir: mort, coma, ou fracture du crâne.
      Personnellement, j'ai très peur de marcher seule la nuit dans mon quartier, à cause de ces vélos qui me foncent dans le dos, sur le trottoir, sans avertissement. Y-a-t-il une association de protection des piétons, qui peut aider à avoir d'autres avis que Vélo québec qui prône d'enlever aux piétons le seul endroit sécuritaire pour marcher?

    • Ronald Houde - Inscrit 4 mai 2014 10 h 22

      Madame Delorme,
      Réalisez-vous que 9-10 accidents par année impliquant des piétons et des vélos sur le nombre de milliers de piétons, de cyclistes et de kilomètres marchés ou roulés représentent un risque infime? Vous avez probablement plus de chances de vous électrocuter le matin avec votre grille-pain en faisant vos rôties. Alors, vous ne devriez pas trop perdre de sommeil sur la dangerosité de marcher sur les trottoirs de Montréal, jour ou nuit.
      Cela, dit, par contre, je suis totalement en accord avec vous que sur les trottoirs, la priorité absolue doit être donnée aux piétons. Les comportement dangereux de la part de cyclistes doivent être condamnés avec véhémence. Je déplore aussi le nombre beaucoup trop grand de cyclistes qui se baladent la nuit sans phares ou feux rouges arrières et ce, malgré que ce soit une exigence du Code de la Sécurité Routière du Québec.

    • Céline Delorme - Abonnée 4 mai 2014 11 h 55

      A M Houde,
      vous avez mal lu et interprété mon commentaire en faveur des vélos imprudents.
      Il y a plusieurs accidents par jour, tous les jours de l'été, causé par un vélo qui frappe un piéton sur le trottoir avec diverses blessures plus ou moins graves au piéton. De tous ces accidents: 9-10 piétons par année se retrouvent mort, ou dans le coma.
      Le problème c'est qu'il n'y a aucun organisme qui défend la cause des piétons.

  • Yves Perron - Inscrit 3 mai 2014 07 h 48

    Conscientiser

    Ce simple mot ne semble plsu faire partie de nos moeurs. On ne conscientise plus les gens depuis 40 ans , on protège ou on surprotège les petits sans leur enseigner que la prudence est de mise et que la priorité doit être partagée en tenant compte de la réalité.

    Les voitures comme les camions ne sont pas prêts de disparaître car ils sont nécessaires alors il faut bien sûr aménager l'espace public en tenant compte de ces réalités. Mais en tant que cycliste piéton et conducteur de camion, je doit vous dire que ma première réflexion cette semaine sur la mort de cette dame était: Quest-ce qu'elle faisait là? Jamais je n'aurait osé marcher ou passer à vélo sous ce viaduc en pleine circulation, c'est SUICIDAIRE. Pour rester en vie il faut s'occuper de sa propre sécurité et réfléchir par soi même en tout temps, penser aux autres et prévenir .J'ai appris à pédaler et à conduire avec ce simple concept et j'ai pu éviter bien des accidents. Penser aux autres c'est aussi penser aux plus gros...

    • Jean Richard - Abonné 3 mai 2014 15 h 01

      « Jamais je n'aurait osé marcher ou passer à vélo sous ce viaduc en pleine circulation, c'est SUICIDAIRE. »

      Voyons les choses autrement.

      Le suicide, c'est un geste où la personne s'enlève volontairement la vie. Êtes-vous en train s'insinuer que la personne qui a perdu la vie sur la rue Saint-Denis l'a fait volontairement, de plein gré ?

      Oui, on a étendu la définition de ce mot comme adjectif pour définir des situation où le risque de perdre la vie est élevé et que celui ou celle qui prend le risque les accepte – parce que l'instinct de survie n'est plus au sommet des priorités face à certaines situations.

      Le mot homicide de son côté comporte une définition simple et claire : un geste commis par quelqu'un qui fait perdre la vie à une autre personne (sans égard à l'intention, ce qui n'exclut pas l'éventualité que le respect de la vie d'autrui ait été en partie absent au sommet des préoccupations de celui ou celle qui a commis le geste).

      Le nœud du problème n'est-il pas là : il n'y a plus d'homicides, il n'y a que des suicides. Trois jours après l'accident de la cycliste sur Saint-Denis, deux piétons perdaient la vie dans Hochelaga-Maisonneuve, fauchés par une voiture. Se pourrait-il que ce soit devenu suicidaire de s'aventurer sur les trottoirs d'une ville à pieds ?

      Vous parlez de conscientisation : il faudrait y inclure la conscience de la vie d'autrui. Cette conscience, elle a été faussée au fil des ans. La dérive de cette conscience, c'est que nous en sommes venus à croire que la victime s'est suicidée et que pour le tueur, il n'y a plus de crime, plus d'homicide, et trop souvent, même plus de négligence criminelle (sauf si la personne a consommé de l'alcool – comme quoi le puritanisme n'est pas mort). Pour celui qui tue, il n'y a qu'un accident. Pour celui qui meurt, il y a un geste suicidaire. Sommes-nous réellement sur la voie d'une solution avec cette mentalité ?

    • Serge Tanguay - Inscrit 4 mai 2014 12 h 44

      M. Perron,

      Vous l’ignorez peut-être, mais il est tout à fait impossible de traverser l’axe nord-sud dans ce coin de la ville sans passer sous un viaduc. Si vous n’osez pas marcher ou passer à vélo sous ce viaduc (ou celui des rues Christophe-Colomb, Papineau ou d’Iberville) la seule solution est de pratiquer une ouverture dans la clôture qui longe la voie ferrée et de marcher sur les rails. Il y a aussi la possibilité de faire un détour par la rue Préfontaine, dans l’est de la ville, là où la voie ferrée plonge vers le sud. Que croyez-vous donc qu’elle faisait là ?

  • Mario Grenier - Inscrit 3 mai 2014 08 h 00

    Les babines et les bottines

    Voilà un projet vraiment stimulant qui va faire rêver toutees celles et ceux qui croient à des villes plus humaines, où les piétons, les cyclistes, les utilisateurs de transports collectifs occuperont une place de choix.
    J'ai toutefois de la difficulté à croire qu'un ministère aussi coulé dans le béton que le MTQ, tout comme les municipalités, soit prêt pour cette révolution et sacrifier la fluidité de la circulation au profit de la qualité de la vie.

  • Serge Grenier - Inscrit 3 mai 2014 08 h 24

    Tout un changement de culture, en effet.

    Comment espérer que des automobilistes qui n'éprouvent aucune responsabilité vis-à-vis la destruction de la planète par les compagnies pétrolières se soucient soudainement de vulgaires cyclistes et piétons ?

  • Yves Corbeil - Inscrit 3 mai 2014 08 h 30

    Pressé et stressé

    Le noeud du problème est là. La grande majorité des gens courent sans arrêt.

    Les automobilistes qui zigzaguent d'une voie à l'autre pour arriver plus vite à la prochaine lumière ou le prochain arrêt et ce à 10, 15 km de plus que la vitesse permise quand ce n'est pas 20, 30. Aucun respect pour les autres.

    Les cyclistes qui brulent les feux rouges, frôlent les voitures stationnées et en mouvements dangereusement puis très souvent ne font fi des piétons aux intersections.

    Et il y a les piétons qui ne respectent pas les feux rouges, traversent les rues un peu partout en sortant souvent d'entre deux voitures.

    Et tout ce beau monde s'engueule à qui mieux mieux.

    Le centre ville doit etre épuré, Ste-Catherine piétonière de Atwater au pont Jacques Cartier, pour les autos et les cyclistes il y a René Lévesque et De Maisonneuve.

    Ca prends des axes cyclables protégés nord, sud et est, ouest sur certaines des rues principales car les secteurs résidentielles ne sont pas une solution pour qui se rends à son travail ou quitte la ville.

    Mais ce qu'il faut le plus c'est ralentir son ryhtme car nous sommes tous trop stressé et pressé puis on perds les élémentaires notions de civisme.