Bureau du coroner : les familles forcées d’attendre plus d’un an

Montré du doigt par une enquête de la protectrice du citoyen, le Bureau du coroner assure qu’il travaille déjà à un plan de réduction des délais de production de ses rapports.

 

La protectrice, Raymonde Saint-Germain, a rendu publiques jeudi les conclusions d’une enquête qui révèle que les familles attendent en moyenne 12,2 mois avant de recevoir les conclusions d’une investigation du coroner. Les investigations plus complexes, avec autopsie et expertise, sont produites, elles, en 15,1 mois en moyenne.

 

En 2012, plus de 2000 familles ont attendu plus de neuf mois, le délai annoncé sur le site Web du Bureau du coroner, alors que 799 familles ont attendu plus d’un an et demi.

 

Ces délais sont non seulement éprouvants pour les proches qui peinent à faire leur deuil, mais ils plongent aussi certains survivants dans des situations financières pénibles, souligne la protectrice. En effet, les compagnies d’assurance privées et les régimes d’assurance publics exigent le plus souvent le rapport du coroner pour le versement des indemnités dues.

 

Selon la protectrice, les coroners voient leur travail retardé, entre autres, par l’attente de rapports d’autopsies produits par les pathologistes dans les hôpitaux ou au Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale. La production de ces rapports prend en moyenne neuf mois. Une pénurie de pathologistes expliquerait ces délais, souligne la protectrice. Elle constate aussi que ces derniers, qui très souvent sont aussi responsables de l’analyse de tissus pour détecter des anomalies chez des patients bien vivants, privilégient ce travail, considéré comme plus urgent.

 

Mais cela n’explique pas tout. D’autres rapports tardent à parvenir au Bureau du coroner, notamment des rapports de police ou des rapports d’expertise. De plus, des délais moyens de 5,6 mois sont attribuables aux coroners eux-mêmes. Selon la protectrice, le Bureau du coroner n’assure aucune surveillance ni réédition de comptes sur l’état d’avancement des investigations.

 

La protectrice demande au Bureau du coroner de se doter d’un plan d’action. Le coroner en chef, Me Denis Marsolais, a promis de donner suite aux recommandations « prestement » et indique qu’il a déjà commencé à s’attaquer à la réduction des délais.