​François cite Vatican II pour dire que «l’avortement est un crime abominable»

Le pape François s’est référé vendredi à Vatican II pour souligner que ce Concile (1962-1965) avait qualifié «l’avortement et l’infanticide de crimes abominables», et jugé que «tout droit civil doit s’appuyer» sur la reconnaissance du droit à la vie.

«Il convient de rappeler la plus ferme opposition à toute atteinte directe à la vie, spécialement innocente et sans défense: le bébé dans le ventre maternel est l’innocent par excellence»,  a affirmé le pape François devant une délégation du Mouvement catholique italien pour la vie.

«Rappelons les paroles du Concile: la vie, une fois conçue, doit être être protégée avec le plus grand soi: l’avortement et l’infanticide sont des crimes abominables», a encore déclaré Jorge Mario Bergoglio, citant la constitution adoptée par les pères du Concile, «Gaudium and spes» («Joie et espérance»).

La prétendue tolérance du pape François sur les sujets comme l’avortement ou le mariage gai apparaît de plus en plus comme une mauvaise interprétation de certains milieux catholiques. L’ambiguïté qui en a résulté a créé des crispations et des demandes de clarifications dans l’Église, amenant sans doute François à prononcer des mots clairs, même s’il parle moins de ce sujet que ses prédécesseurs.

Le pape argentin distingue sans cesse les actes condamnés par l’Église — comme l’euthanasie et l’avortement — et les personnes qui y ont recours, souvent dans des situations de crise, qui, selon lui, peuvent toujours «demander pardon» et revenir dans la communion de l’Église. À plusieurs reprises, il a cité des cas concrets de femmes en difficulté qu’il avait rencontrées après des avortements.
14 commentaires
  • michel lebel - Inscrit 11 avril 2014 10 h 04

    Le vocabulaire choisi

    Sur un sujet aussi délicat et pénible, je souhaiterais que l'Église, mon Église, utilise un terme qui ne relève pas du code criminel. Inutile d'en rajouter aux drames vécus!

    Michel Lebel

    • Sylvain Auclair - Abonné 11 avril 2014 10 h 59

      Si c'est votre Église, vous devriez vous soumettre, non?

  • Beth Brown - Inscrite 11 avril 2014 11 h 52

    Drame?

    On a longtemps parlé du droit des femmes à décider de leurs propres corps.
    On a longtemps brandi le cas des femmes qui refusent de se faire charcuter.

    En 1978, les journaux parlaient de "l'avortement thérapeutique". J'ai lu des articles à l'époque où les évèques canadiens s'opposaient fermement en expliquant leurs peurs de voir cette porte ouverte sans restriction aucune. Aujourd'hui on parle de ne plus en parler: une affaire close. Bien des études, enquêtes, statistiques et contreverses plus tard on en est arrivé à banaliser ce que l'Église appelle un crime abominable.

    Le droit du bébé à naître, connais pas. Aujourd'hui, l'avortement est devenu un moyen de contraception, trop souvent lié à un comportement irresponsable, à une attitude insouciante.

    Mais il y a une enquête que je n'ai jamais vue réalisée sur le terrain: "Que pensent celles qui, comme moi, n'ont jamais physiquement pu avoir d'enfant et qui auraient souhaité en adopter un, deux ou trois en toute simplicité, et qui ont dû limiter leurs familles à cause des obstacles presqu'insurmontables (et du prix exorbitant des démarches)." Ces femmes-là se taisent, comme j'aimerais les entendre!

    Au moins, l'Église a eu et a encore le crédit d'offrir de l'aide à celles qui acceptent de rendre le foetus à terme et de le donner en adoption, ce qui selon moi n'est pas plus dramatique que de subir un avortement, ou de ne pas pouvoir avoir d'enfant. Bien meilleur pour le moral et la conscience! Et oui, pourquoi pas, on peut toujours demander pardon à Dieu. Si on n'a pas la foi, on peut toujours continuer à faire fi d'une Église qui, elle, insistera toujours sur les causes du drame que l'avortement engendre, inmanquablement .

    Veuillez m'excuser ne n'être pas politiquement correcte.

    • Sylvain Auclair - Abonné 11 avril 2014 14 h 17

      Pourquoi votre désir d'adopter un enfant devrait-il l'emporter sur le droit d'une autre femme de ne pas porter un enfant à terme (puis de se faire ensuite accuser par son entourage de l'avoir abandonné)?

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 11 avril 2014 14 h 52

      Il y a tant de façons de craindre, de vivre ou d'espérer engendrer, ou de refuser une ou des grossesse-s...

      Comme vous physiquement je n'ai pu avoir d'enfant. Chaque cas est différent. Je croyais que la recette que m'avait donné un de mes chums était efficace, jusqu'à ce que j'apprenne assez longtemps après qu'il s'était trompé (ou j'avais mal compris). J'ai alors supposé être infertile à cause d'une péritonite négligée à 18 mois, et j'ai continué à faire comme avant. Un jour j'ai cru être enceinte et mon chum de l'époque ne cessait de me harceler au téléphe, en personne, alors que moi je me disait que je déciderais si je l'étais. Son attitude pouvait se comprendre: il m'avait déjà dit que sa soeur ne se protégeait pas et s'avortait seule régulièrement: quel mépris de son corps que je me disais. En fait je ne l'étais pas, je ne l'ai jamais été, mais je n'en ai pas vraiment souffert, pas certaine de pouvoir être une bonne mère, entre autres.

      Marié à un homme instable financièrement j'ai fini par renoncer, l'adoption étant impossible. Une de mes amies qui avait un garçon d'une douxaine d'années et l'élevait seule m'a dit un jour que c'était grâce à la possibilité d'avorter qu'elle ne l'avait pas fait! Suite à une aventure d'un soir elle avait décidé d'avorter, et là je ne sais pas si ça se passe encore ainsi, elle avait dû rencontrer une travailleuse sociale pour en discuter avant. En discutant... elle a changé d'idée, et m'a dit que si elle n'avait pas eu le choix elle se serait faite avorter ailleurs.

      Un crime abominable. Abominable en quoi, pour qui? Beaucoup moins que ce qu''on vécu ces "enfants du péché" , nés d'abus ou d'inceste pour être eux-même forcés par des religieux. Une Québécois a poursuivi un curé qui a abusé d'elle pendant des années pour la forcer à avorter ensuite. Et que dire de Chiniquy? Mais lui s'est converti au protestantisme et fut un mari, un père exemplaire.

    • Beth Brown - Inscrite 11 avril 2014 17 h 07

      Mais enfin, Monsieur Auclair, on n'avorte pas par droit. On n'avorte pas comme on mouche son nez: c'est d'un coeur humain qui bat dont il est question ici! Un humain que plusieurs femmes seraient heureuse de prendre dans leurs bras et lui apprendre à marcher, en quête de son bonheur.

      Et puis lorsqu'on donne un enfant en adoption, ce n'est pas un abandon, au contraire. Quand on donne la vie et qu'on veut la soutenir dans un environnement sain qu'on est pas en mesure de procurer (financièrement et émotivement), ce n'est pas de l'abandon. C'est un sacrifice qui, j'en convient, n'est pas donné à tous de comprendre. Mais le jugement des autres n'est pas une raison moralement valable.

  • Yvette Lapierre - Inscrite 11 avril 2014 12 h 56

    Le chat sort du sac!

    Dans un monde idéal, une femme ne devient pas enceinte sans le vouloir.

    Dans un monde idéal, la contraception est disponible et n'a pas de failles.

    Dans mon monde idéal, personne ne décide à la place de la femme enceinte...

    • Beth Brown - Inscrite 11 avril 2014 14 h 11

      Un monde "ideal" pour qui?

  • Céline A. Massicotte - Inscrite 11 avril 2014 13 h 37

    Se somettre à quoi?

    Des convictions ne constituent pas une dictature. Lorsque je suis devenu membre d'Option nationale pour la première fois, j'ai bien réalisé qu'Aussant, dont le discours m'avait requinquer alors que je commençais à douter de l'option justement, n'était pas parfait, qu'il émettait des opinions parfois bizarres, et avec le temps qu'il n'appréciait pas vraiment d'être contredit, surtout par une personne seule. Mais bon... nul n'est parfait.

    Je ne vois pas pourquoi M. Lebel ne pourrait s'exprimer parce qu'il est croyant, et je l'admire plutôt de tenir compte de la douleur que l'interdiction de l'avortement inflige aussi.

    N'est-il pas écrit en haut de chaque page libre de penser, et donc de s'exprimer?

  • Baudouin Petit - Inscrit 12 avril 2014 10 h 56

    La diabolisation de l'avortement repose sur une idée fausse

    Si on pense que l'embryon humain est doté d'une âme immortelle dès la conception, on en arrive facilement à conclure à son caractère sacré. Mais cette idée n'est pas évidente, ni sans doute raisonnable, ni même impliquée par une croyance. L'humanité est le fruit d'une évolution et l’embryologie a forgé une formule éclairante selon laquelle "l'ontogénèse récapitule la phylogénèse". Autrement dit, la formation de l'être humain retrace, imite, résume la succession des espèces dont nous descendons. Cette analyse s'écarte d'une conception mythique et/ou mystique mais mal informée, qui ne voit pas qu'aux premiers stades de la gestation, l'embryon humain est un animal primitif. Ce qui fera son humanité, s'il survit (moins d'une fois sur deux), c'est - très peu - son potentiel génétique qui ne diffère que de quelques pourcents de celui des grands singes, mais surtout, et c'est ce qui fait sa spécificité humaine, le projet de ses parents, ou plus généralement d'un entourage aimant, accueillant, capable de l'élever.

    L’idée selon laquelle l’individu est tout entier dans son « software », fixé à la conception me semble indéfendable, comme l’exemple des jumeaux monozygotes le démontre. Ils ont le même patrimoine génétique, mais ce sont deux personnes, avec leur histoire propre, dès avant la naissance. Au reste, cette information génétique est conservée dans toutes les cellules de l’organisme, dont certaines au moins sont manipulables pour devenir des cellules souches, y compris capables de donner un clone - qui n’est pas le même individu - comme on l’a déjà fait chez des mammifères. C’est aussi paradoxalement réduire l’humain à un point de départ, matériel, physique et informatique, oubliant que si l’humanité appartient au règne animal, elle en émerge, le dépasse, complète la nature et l’instinct par la culture, l’éducation, le langage, une conscience de soi plus développée, la conviction que nous sommes libres, et responsables. C’est ce dont le vieux catéchisme