En campagne au nord du 49e parallèle

L’Ungava est la plus grande circonscription du Québec, avec une superficie de 855110,7 km2.
Photo: Heiko Wittenborn/Tourisme Québec L’Ungava est la plus grande circonscription du Québec, avec une superficie de 855110,7 km2.

Le député péquiste d’Ungava, Luc Ferland, donne une entrevue au Devoir de son bureau de Chibougamau, tout au sud de la vaste circonscription d’Ungava, qu’il représente depuis sept ans. Nous avons rencontré Jean Boucher, son adversaire libéral, alors qu’il faisait campagne à Kuujjuaq, où il promet d’établir son bureau de circonscription s’il est élu. Tandis que Michael Cameron, le candidat caquiste, et le premier Inuit du Québec à se présenter sous la bannière d’un parti aux élections provinciales, répond à nos questions de son village de Salluit, tout au nord du Québec. Ferland et Cameron travaillent ainsi à plus de mille kilomètres de distance l’un de l’autre.

 

Il faut dire que l’Ungava est à la fois la plus grande circonscription du Québec, avec une superficie de 855 110,7 km2, et la deuxième moins peuplée, derrière les Îles-de-la-Madeleine. « Il y a en tout 23 000 électeurs, dit Luc Ferland. Il y a un peu plus de 11 300 électeurs dans les villes jamésiennes, et quelque 12 000 Cris et Inuits. »

 

Depuis la création de la circonscription, en 1981, le siège a toujours été occupé par le PQ. Il faut dire que les Cris et les Inuits votent peu aux élections fédérales et provinciales.

 

Luc Ferland situe leur taux de participation de 15 à 18 %, ajoutant que la participation des non-Inuits dans les 14 villages inuits du Nunavik modifie la donne. Michael Cameron avance pour sa part que 30 % d’Inuits participent au processus électoral.

 

Partition du Nunavik?

 

Lorsque nous avons parlé avec M. Ferland, il arrivait d’une tournée électorale qui l’avait mené entre autres à Nemaska, Radisson, Chisasibi, Matagami, et Chapais. Il n’avait cependant pas visité les 14 communautés inuites, qui ne sont accessibles que par avion, pour des raisons de transport et de coût. « On ne voit pas assez les représentants du Parti québécois, déplore pour sa part Michael Cameron. Je crois que j’ai vu le député une fois à Salluit en sept ans. »

 

Par ailleurs, si le PQ tient un référendum sur l’indépendance du Québec, les habitants du Nunavik comptent tenir immédiatement leur propre référendum pour décider s’ils restent ou non au Québec, relève-t-il.

 

En réponse au Plan Nord, lancé par Jean Charest en 2011, les Inuits ont conçu un Plan Nunavik, pour répondre plus spécifiquement à leurs attentes en ce qui a trait au développement nordique. « Nous voulons qu’il y ait une meilleure circulation de l’information », soutient Michael Cameron.

 

Entre-temps, la population du Nunavik est aux prises avec des problèmes criants de surpopulation des logements et de décrochage scolaire, pour ne nommer que ceux-là. L’accès à des études postsecondaires au Nord est également en jeu.

 

Le député Ferland met en avant le fait que le gouvernement du Québec, contrairement au gouvernement fédéral, a accepté de construire 300 logements supplémentaires pour faire face à la crise de l’habitation du Nunavik. Selon lui, une nouvelle échelle de loyer, basée sur la capacité de payer, est également sur le point d’être négociée pour les habitants du Nunavik, qui font présentement face à une hausse de loyer de 8 % annuellement, imposée par Québec.

 

Entrepreneuriat

 

Jean Boucher, le candidat libéral, est sûrement bien au fait du dossier du logement au Nunavik, puisqu’il était directeur des services à la clientèle de l’Office municipal d’habitation Kativik. Cet avocat de formation entend développer l’entrepreneuriat dans la région. Mais il dit aussi vouloir « représenter les trois nations » présentes au Nunavik, et « être le député de tous les résidants du comté ».

 

Les partis Québec solidaire, Option nationale, et le Parti nul présentent également des candidats dans la circonscription de l’Ungava pour les élections du 7 avril, soit, respectivement, André Richer, Zoé Allen-Mercier, et Matthew Guillemette.

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1 commentaire
  • Sylvain Auclair - Abonné 1 avril 2014 09 h 29

    Manque de préparation

    Le Parti québécois devrait davantage soigner ses liens avec les autochtones, sous peine de se retrouver avec un GROS problème si jamais l'indépendance arrivait.