De nouveaux détails émergent sur les fraudes de l’ex-mairesse de Boisbriand

En février dernier, Sylvie Berniquez Saint-Jean a reconnu sa culpabilité à des accusations de complot en vue de commettre une fraude, fraude, complot en vue de commettre un abus de confiance et abus de confiance.
Photo: La Presse canadienne (photo) Ryan Remiorz En février dernier, Sylvie Berniquez Saint-Jean a reconnu sa culpabilité à des accusations de complot en vue de commettre une fraude, fraude, complot en vue de commettre un abus de confiance et abus de confiance.

L’ex-mairesse de Boisbriand, Sylvie Berniquez Saint-Jean, a pris part à un « système frauduleux » dans l’octroi des contrats publics, au bénéfice des firmes de génie-conseil Roche, BPR-Triax et du Groupe Séguin.

 

La collusion était bien enracinée à Boisbriand. Dès les années 2000, le maire Robert Poirier a mis en place un système de partage de la tarte.

 

Le maire et son organisateur politique, Jean-Guy Gagnon (décédé), avaient promis à Gilles Cloutier, responsable du développement des affaires chez Roche, l’octroi du contrat pour la réalisation des plans et devis de l’usine de traitement des eaux.

 

Le maire Poirier avait aussi promis les contrats d’infrastructures à BPR-Triax, et les contrats de bâtiments à Séguin.

 

Pour sécuriser leur relation privilégiée avec l’administration Poirier, Gilles Cloutier et France Michaud (vice-présidente chez Roche) ont contribué à la campagne pour sa réélection, en 2002. Le Groupe Séguin etBPR-Triax en faisaient autant.

 

Des documents retrouvés dans le bureau de France Michaud attestent les pratiques de Roche en matière de développement des affaires. Les dons aux partis politiques, l’influence sur le processus d’appels d’offres et l’influence sur les membres des comités de sélection sont largement documentés.

 

Des aveux

 

Mme Berniquez Saint-Jean avait été élue conseillère au sein de l’équipe du maire Poirier, en 1998. Elle lui a succédé à la mairie en juillet 2005. La nouvelle mairesse a perpétué le système en place jusqu’à sa débâcle, en 2009.

 

En février dernier, Mme Berniquez Saint-Jean a reconnu sa culpabilité à des accusations de complot en vue de commettre une fraude, fraude, complot en vue de commettre un abus de confiance et abus de confiance.

 

L’exposé conjoint des faits était frappé d’une ordonnance de non-publication pour préserver l’équité des procès de ses coaccusés (France Michaud, Gaétan Morin, Rosaire Fontaine et Robert Poirier).

 

L’ordonnance a été levée en partie lundi. Les faits admis par Mme Berniquez Saint-Jean ne constituent pas de la preuve contre les coaccusés, qui bénéficient de la présomption d’innocence.

 

Mme Berniquez Saint-Jean a reconnu qu’elle avait participé de plein gré à un système de répartition des contrats, avec Robert Poirier, Jean-Guy Gagnon, France Michaud, Gilles Cloutier, Rosaire Fontaine, Éric Bélanger et Michel Lalonde.

 

Roche, BPR-Triax et le groupe Séguin étaient tous d’importantes compagnies contributrices à la caisse électorale du parti Solidarité Boisbriand.

 

La tenue du procès des coaccusés est incertaine. Le juge Normand Bonin doit statuer sur une requête de Robert Poirier pour changer d’avocat, ce qui pourrait retarder les procédures de six semaines. La Couronne a également soulevé un problème de conflit d’intérêts pour les avocats de France Michaud et de Gaétan Morin.

 

Trois autres coaccusés (les entrepreneurs Lino et Giuseppe Zambito et l’ex-conseiller municipal Claude Brière) doivent subir un procès séparé à l’automne 2015 dans cette affaire.

1 commentaire
  • François Ricard - Inscrit 25 mars 2014 05 h 44

    La filière libérale

    Selon les témoignages de nombreux témoins de la commission Charbonneau, nous savons que l’octroi de contrats au MTQ était entaché de magouilles, collusion et, possiblement, de corruption.
    En pleine campagne électorale, c’est difficile de croire que la commission l’ait
    convoqué dans l’unique but de lui souhaiter bonne chance.Sam Hamad était, avant son élection comme député, vice-président principal chez Roche.
    Roche, c'est Marc-Yvan Côté, ex-ministre PLQ, grand argentier du PLQ.
    Roche, c'est Gilles "clé-en-main" Cloutier qui se rapportait à Marc-Yvan Côté.
    Sam Hamad était un grand ami (possiblement l'est-il encore) de Franco Fava et de Charles Rondeau, les collecteurs de fonds pour le PLQ et les messieurs qui aimaient bien l'utilisation de post-it
    Et ce que l'article ne dit pas, c'est que c'est la firme de Lino Zambito qui avait empoché plus de 430 000$ en faux extras. Zambito qui envoyait des roses à Nathalie Normandeau