La tuberculose, un spectre ressurgi du passé

Kangiqsualujjuaq. Dans ce village de quelque 900 habitants, quatre cas de tuberculose confirmés sont présentement traités. La maladie est en hausse dans la région du Nunavik depuis 2007.
Photo: Caroline Montpetit Le Devoir Kangiqsualujjuaq. Dans ce village de quelque 900 habitants, quatre cas de tuberculose confirmés sont présentement traités. La maladie est en hausse dans la région du Nunavik depuis 2007.

La petite communauté de Kangiqsualujjuaq, le long de la baie d’Ungava, à quelque 160 kilomètres de Kuujjuaq, n’a pas été ménagée par les épreuves. En 1999, neuf personnes y sont mortes dans une avalanche qui a défiguré le village. Et en 2012, un mal que l’on croyait en voie d’extinction au Québec est revenu en force. La communauté a été l’hôte de la plus importante épidémie de tuberculose du Québec depuis très longtemps.

 

En fait, la tuberculose est en hausse constante au Nunavik depuis 2007. « À Kangiqsualujjuaq, on s’est retrouvé avec 75 cas confirmés », raconte la Dre Françoise Bouchard, chef de l’Agence de santé du Nunavik. Une petite épidémie était survenue à Inukjuak en 2011. Puis, c’est la communauté de Salluit qui a été lourdement affectée, en 2013. « Ce sont les jeunes de 20 à 34 ans qui sont les plus touchés », dit la Dre Bouchard.

 

À Kangiqsualujjuaq, un village de quelque 900 habitants, quatre cas de tuberculose confirmés sont présentement traités.

 

Or, cette maladie, très contagieuse, est entre autres liée au surpeuplement des maisons, et à des problèmes de malnutrition. Elle peut aussi être transmise lorsque beaucoup de gens se retrouvent pour s’adonner au jeu ou pour fumer du haschich ou de la marijuana.

 

Puis, le bacille peut être transmis aux enfants, qui y sont particulièrement vulnérables, et les contaminations se multiplient.« Je me souviens d’avoir été très déçue lorsque j’ai appris que j’avais une tuberculose latente. Je me demandais comment je l’avais contractée », raconte l’Inuite Kerri Tattuinee, dans le magazine de la jeunesse inuite du Canada.

 

D’ailleurs, beaucoup de jeunes ont tardé avant de consulter un médecin pour leurs symptômes, ce qui a permis à l’épidémie de se propager.

 

La salubrité des maisons a un impact majeur sur la transmission de la tuberculose, ajoute la Dre Bouchard. « On parle de la tuberculose, mais il y a beaucoup d’autres maladies [qui sont liées au surpeuplement des logements], la multiplication des virus, l’influenza, ou des infections des voies respiratoires. »

 

En bref, les conditions de logement ont un impact majeur sur la santé, conclut la Dre Bouchard dans un rapport sur la situation des maisons au Nunavik publié en juin 2013. Les éléments d’un environnement résidentiel sain devraient inclure non seulement une maison distincte pour chaque famille, mais aussi un nombre suffisant de chambres et un volume intérieur qui permet d’éviter le surpeuplement.